| "Dans nos têtes on vit un peu ailleurs qu'en France, on vit en Angleterre ou aux Etats-Unis." |
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| C'est qui la fille sur la pochette de notre nouvel album, Nico Teen Love ? |
Felix (montrant Adrien) ; C'est sa meuf.
Adrien : Bah ouais, t'as vu ? |
| On entend toujours dire que le cap du second album est difficile à passer. Ca a été le cas pour vous, ou vous avez juste abordé ça comme un nouvel album, sans pression particulière ? |
| Felix : Plutôt la seconde option. C'est vrai que c'est un second album, on essaie de ne pas trop se prendre la tête, de ne pas penser à ça, histoire de ne pas tout foirer. C'est un peu le second album, la suite logique du premier. |
| Un premier album qui a bien marché, avec 300 000 exemplaires vendus. Est-ce que dans un coin de votre tête vous vous dites « il faut qu'on fasse au moins aussi bien » ? |
| Adrien : Bah nous on espère juste déjà en vendre le plus possible, mais après si on en vend déjà pas mal c'est cool quoi, on ne va pas se plaindre. Après avec la crise du disque et tout il est probable qu'on en vende moins, aussi. |
| Vous avez enregistré cet été. Ca vous a pris combien de temps en tout ? |
Adrien : C'était en juillet je crois.
Felix :Les deux ans où on est partis en tournée, en parallèle il y a des morceaux qui ont été composés, et on a fait des maquettes. Quand on est rentrés en studio on savait déjà ce qu'on voulait, on avait déjà choisi les morceaux. On avait en gros une semaine pour poser la partie musique de 18 titres, et après une autre semaine pour poser les voix et les choeurs. |
| La période de composition s'est étalée sur combien de temps ? |
| Adrien : En fait dès qu'on revenait sur Paris, moi je composais dans ma chambre. Au fur et à mesure, je faisais : « Tiens les gars j'ai une putain de chanson, venez on va la travailler en balances, ou alors ce week-end on prend deux heures de studio ». Voilà quoi, on faisait ça petit à petit. On a commencé à enregistré 11 morceaux dans un studio à Paris, avec un mec cool qui s'appelle Arnaud et qui a réalisé le premier Deportivo. En plus on fait d'autres maquettes chez moi. On s'est retrouvés avec 40 morceaux, il n'y avait plus qu'à faire un choix. Tout ça a pris 2 ans quoi. |
| Et les morceaux qui ne sont pas sur Nico Teen Love, vous allez les utiliser très vite derrière pour un autre album ? |
| Adrien : Ouais, et il y a des chansons en anglais qu'on va essayer de sortir très rapidement, vers janvier. On a plein de trucs à côté aussi quoi, on doit préparer la tournée. |
| Les arrangements ont été très soignés, avec des chansons comme « Britty Boy » montrant une nouvelle facette musicale, tout en conservant le dynamisme des chansons qu'on retrouve en live. C'était votre objectif quand vous avez commencé à enregistrer ? |
| Adrien : Ouais c'est ça. C'est explorer un peu plus de trucs, proposer de nouvelles choses. Et je pense que c'est comme ça qu'on s'amuse aussi, en essayant de nouvelles choses. Après « Britty Boy », l'idée du violon elle est arrivée à la fin du studio, c'était pas écrit. On a tout fait sur le coup. |
| Et ça par exemple, le violon, c'est vous qui en avez eu l'idée, ou le producteur ? |
| Adrien : Je crois que c'est le producteur qui a eu l'idée de mettre du violon. Après les notes c'est nous qui les avons trouvées. |
| Le timbre de voix a forcément évolué depuis le premier album, faisant penser à Jean-Louis Aubert. C'est une influence ? |
| Adrien : Je pense qu'on a tous les deux une voix aigüe et on chante en français, donc forcément... Et comme il n'y a pas 10 000 groupes de rock qui chantent en français et qui sont connus, les gens comparent. Mais moi ça me dérange pas hein ! |
| Sur « Gare Au Loup » le chant est également proche de celui de Raphaël, j'imagine que c'est moins une influence ? |
| Adrien : Oh si moi j'aime bien Raphaël. |
| Puisqu'on parlait du chant en français, c'est encore le cas sur cet album, mais il y a plein de titres en anglais, parce que ça facilite les jeux de mots. Vous n'avez pas pensé à le faire tout en anglais ? |
Felix : Bah si en fait justement, dans tous les titres qu'on a, qu'on a composé ces deux dernières années en tournée, il y a pas mal de titres en anglais qu'on a pas forcément envie de mettre en français. Ils sonnent comme ça en anglais, et on a envie d'en faire quelque chose, donc pourquoi pas sortir un EP dans les mois qui viennent.
Adrien : Mais ouais je crois que maintenant l'évolution du groupe, ça ne va pas être que du français, ça va être de l'anglais et du français. On va se diriger vers les deux trucs quoi.
Felix : Ouais, exactement. |
| Et grâce à ses sonorités, la langue anglaise doit mieux convenir à votre style ? |
| Adrien : Carrément ouais. En anglais ça coule de source. En plus nous on écoute que des groupes anglais. Cette langue est vraiment faite pour la musique. Alors que le français, c'est plus pour la poésie, c'est pas très musical, c'est plus lourd. |
| Sur cet album comme sur le précédent, la distorsion est très faible, alors que quand on est jeunes et qu'on commence à faire un groupe de rock, on a tendance à mettre les potards à fond. Quand et comment est-ce que vous avez compris que ce n'était pas forcément la distorsion qui donnait du dynamisme aux guitares ? |
| Felix : C'est un son crunch, on a toujours fait ça. En fait tu perds en puissance quand tu satures. Il y a moins d'impact, de dynamique. On est adeptes de ce son-là, c'est celui qui nous caractérise et nous correspond. Tu as plus de patate avec un soin moitié saturé. |
| Pour parler de la fameuse vague « baby rockers », vous avez l'impression que c'est quelque chose de très français, de vouloir mettre les gens dans une case spécifique ? Les Artic Monkeys par exemple ont explosé à 20 ans, et ont été qualifiés de génies alors qu'ils avaient le même âge... mais étaient anglais. |
Adrien : En fait ouais on n'a pas trop compris cette appellation. Pour nous c'était logique. Dans nos têtes on vit un peu ailleurs qu'en France, on vit en Angleterre ou aux Etats-Unis. Pour nous ça allait être normal pour les français qu'on soit jeunes et qu'on fasse du rock. Ca nous saoule un peu, mais bon on n'en meurt pas et ça ne nous empêche pas de faire notre musique et des tournées. Ca ne nous nuit pas non plus. Je ne connais pas trop les autres pays...
Felix : C'est vrai que comparé à l'Angleterre, c'est vachement comme ça en France. Quand il y a eu cette nouvelle vague, tous ces groupes qui sont arrivés, tout de suite ils ont voulu mettre tout dans le même paquet, pour pas que les gens qui veulent se renseigner sur ces groupes s'embrouillent quoi. « Ah ça c'est les baby rockers, ok ». C'est un peu comme ça.
Adrien : Ouais, ça caractérise vite ta musique quoi. |
| Du coup on peut se demander si la mode ne risque pas de passer. C'est quelque chose qui vous inquiète ? |
| Adrien : Non, parce qu'on est là pour prouver le contraire, et on va carrément le démontrer. Je suis très sûr de moi ! |
| Et pour parler de mode, le look des groupes de rock est super important. Vous semblez en avoir absorbé tous les clichés, avec les fringues et les poses qui vont bien. C'est quelque chose dont vous jouez ? |
| Adrien : Ouais on s'amuse avec ça en fait, on joue avec les clichés parce que de toute façon le rock'n'roll c'est juste un assemblage de clichés. Donc on s'amuse ouais, on s'amuse bien. |
| Enfin aujourd'hui tu as un t-shirt Ronaldo, c'est pas trop rock'n'roll... |
Adrien : Ah ouais là j'ai pas géré là, merde...
Karim : Si au Brésil il y a une grosse scène rock. Il y a plein de baby rockers au Brésil ! |
| Vos influences musicales sont très anglo-saxonnes. En ce moment il y a un revival new wave, avec les claviers qui reviennent, comme sur le dernier Editors. Est-ce que c'est quelque chose qui pourrait être incorporé dans l'avenir des BB Brunes ? |
Felix : Là déjà sur l'album on a mis pas mal de claviers. Je pense que par la suite on verra. On verra sur le moment. On ne s'est pas donné de règles genre « ça va rester comme ça ». C'est ça qui est intéressant.
Adrien : Après ouais, garder une base pêchue basse-batterie-guitare... Après... qu'est-ce que je voulais dire ?
Felix : C'était Adrien, pour Waxx Music !
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| Dans votre public il y a pas mal d'adolescentes hystériques. Est-ce que du coup ça vous aide avec les filles, ou est-ce que vous considérez qu'il vaut mieux ne pas tremper son stylo dans l'encre de son entreprise ? |
| Berald : Bah ouais mais comme tu dis elles sont adolescentes, et nous on est de jeunes adultes, donc... On ne veut pas trop tenter le diable. On vise celles qui sont un peu plus âgées. Après c'est sûr que quand tu as 500 filles, c'est plus facile d'en choper une ! |
| Il y en a donc qui adorent BB Brunes, et d'autres qui détestent. Ca vous plaît, de ne pas laisser indifférent dans tous les cas ? |
| Adrien : Ouais c'est ça. Tant qu'on ne laisse pas indifférents, ça va. |
| Là vous êtes sur la BO du nouveau Twilight, sur l'édition française, alors que la chanson n'est pas du tout dans le film. Comment vous vous êtes retrouvés dessus ? |
Felix : Je ne sais pas en fait, c'était une proposition de la maison de disques. Warner aux Etats-Unis a appelé, et en gros dans la version européenne ils voulaient mettre une chanson d'un groupe de chaque pays correspondant. Donc on nous a proposé, et c'est vrai qu'on n'est pas des supers fans du film, mais on a demandé la liste des artistes qu'il y avait sur l'album, et quand on l'a vu on s'est dit que ouais, ça pourrait le faire. C'est plus pour ça que pour le film.
Bérald : Black Rebel Morotcycle Club tout particulièrement. |
| Et, bon, celui-là n'est pas terrible, mais si vous pouviez choisir un film dont vous feriez vous seuls la bande-son, ça serait lequel ? |
Karim : Hier j'ai vu Labyrinthe, avec David Bowie. Ca serait marrant. C'est assez enfantin, mais c'est assez drôle.
Felix : Ca ne me vient pas comme ça...
Adrien : Moi je dirais Down By Law.
Felix : Ou Help, le film des Beatles. |
| A 11 ans vous aviez votre premier groupe, qui s'appelait Hangover (« gueule de bois » en anglais, ndr). Donc à 11 ans vous saviez ce que c'était ? Vous vous rappelez de votre première cuite ? |
Adrien : Oui très bien. Par contre la première cuite je ne me rappelle plus...
Karim : Si moi je me souviens qu'on devait avoir 13 ans, on était dans la cage d'escalier de notre ami Raphaël qui est parti du groupe, on a bu nos premières Despe et pour la première on était ré-bous quoi. |
| La question optimiste : l'arrivée de Felix a apporté un côté plus punk au groupe. Est-ce que maintenant le son BB Brunes c'est vous 4, et si un de vous devait partir ça serait la fin du groupe ? |
Felix : C'est vrai qu'on ne pense pas trop à ça. C'est vrai que tous les 4 ça marche bien, il y a une cohésion, une alchimie... on dit bien alchimie ?
Adrien : Par exemple Bérald et Karim ils jouent super bien ensemble, et c'est rare de voir un batteur et un bassiste jouer aussi bien ensemble, et ça c'était vraiment dès le début, dès que Bérald est arrivé. Si ça avait été un autre bassiste ça aurait été possible qu'ils ne jouent pas ensemble. Après Felix et moi on a la même idée de comment doit sonner une guitare, plein de trucs comme ça.
Felix : Il y a le feeling ! |
| Pour finir, c'est quoi le mieux : écouter les Cramps ou tirer sa crampe ? |
Adrien : Ecouter les Cramps !
Felix : C'est quoi déjà, tirer sa crampe ? |
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| Propos recueillis par Sébastien Delecroix
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