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Interview de Béatrice Ardisson
Béatrice Ardisson
   
Pour les mégalomaniaques de musique dans mon genre, Béatrice Ardisson est donc une femme que l'on souhaiterait épouser comme l'on se pousse parfois à croire aux chimères, ou faute de mieux, l'avoir comme meilleure amie, notamment lors d'une convention de disques pour faire bisquer ses meilleurs copains, eux aussi addicts aux perles mélodiques, rareté et bizarrerie sous format 3 minute 30. Tous les albums signés de sa griffe frisent l'excellence. Dans tout les cas de figure : imposé ou libre, de l'ordre du fantasme ou de la pure réalité, c'est le genre de fée à qui l'on voue une haute-fidélité.
   
Il y a les musiques de Paris Dernière et les thématiques « mania », le dernier en date c'est David Bowie, là c'était plus pour faire plaisir à votre mari ?
Béatrice Ardisson : «Là c'est parce que l'éditeur de Bowie en France est venu me voir, il y a un an et demi pour me demander si j'étais intéressée de travail sur ce projet. Evidement je n'allais pas dire non ! ce n'est pas le genre de projet que l'on refuse. Cela m'a énormément fait plaisir que ce soit lui qui vienne me voir, parce que cela n'aurait pas tout à fait eu le même cachet si c'était venu simplement de moi. J'aurais été un peu prétentieuse je crois, c'est un sacré morceau. Du coup cela m'a rassurée et je me suis passionnée pour le sujet.»
Avez vous déjà rajouté sur votre CV : ambiance sonore d'un film ou est ce un projet qui vous titille ?
Béatrice Ardisson : «J'ai Etienne Chatiliez qui m'avait demandé un titre pour une séquence dans l'un de ses films. Là j'ai été contactée pour l'ensemble d'un film. C'est compliqué le cinéma, ce qui m'intéresserait vraiment, c'est de travailler avec un musicien sur une musique originale. Parce que reprendre des titres qui existent déjà au vu des questions de droit et d'image, c'est assez casse-pied. On les a pas, ça coûte une fortune.»
Et pour les disques, ce côté contractuel est pesant ?
Béatrice Ardisson : «Oui c'est dur. Pour le Bowie par exemple, je n'ai pas eu le titre de Marilyn Manson parce qu'il n'est pas publiable, j'ai des tas de refus et après, à chaque fois je dois refaire ma liste pour que ce soit cohérent. C'est un peu galère. Heureusement j'ai une maison de disque patiente... Mais les disques sont des vrais plaisirs ! ils ne font pas bouillir la marmite d'Ardi-Song, on fait aussi des tas de musiques pour des lieux et c'est ça qui nous fait vivre. Le disque c'est le plus !»
Les petites histoires d'Yves Bigot dans chaque album, c'est indispensable ou simplement un plus, la musique se suffisant à elle même ?
Béatrice Ardisson : «Il a carte blanche Yves, quand je fais un disque je travaille en collaboration avec Florence Deygas qui fait les graphismes, c'est quand même la fille qui a gagné un concours sur Internet pour faire le générique de «Catch Me If You Can » ce qui est pas mal ! ça fait 8 ans qu'on travaille ensemble et j'adore ce qu'elle fait. Et Yves qui écrit pour Paris Dernière et qui signe les textes. Ils ont tous les 2 leurs domaines, moi j'interviens jamais là dessus. C'est un projet créatif, artistique. J'aime l'idée qu'ils s'éclatent à faire ça. Je voulais vraiment qu'il y ait une signature. Les écrits, la pochette c'est ce qu'on ne peut pas télécharger. Il faut avoir l'objet dans son ensemble !»
   
Propos recueillis par Pierre Derensy
     
     
     
     
 Artiste
 Béatrice Ardisson


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