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Interview de Ben Harper
Ben Harper
   
«Lifeline», son dernier album a été enregistré à Paris et se révèle toujours aussi passionnant. Rencontre avec Ben Harper.
   
Pouvez-vous nous expliquer ce que vous aviez à l’esprit en écrivant ce nouvel album ?
Ben Harper : Tous les albums que j’ai faits proviennent d’un véritable besoin instinctif de créer à l’aide du son. Ça a été la même chose pour cet album que je souhaitais enregistrer ici, à Paris, car le son y est à la fois classique et chaleureux. C’est un album essentiellement acoustique.
Vous disiez vouloir absolument faire l’album à Paris. Quels sont vos rapports musicaux et personnels avec cette ville, et la France ?
Ben Harper : Pour moi ce rapport est très fort, cette ville possède une importante intensité créatrice. J’étais curieux de connaître les effets de cette énergie sur mon travail musical.
Y a t il dans ce lieu des musiciens qui vous inspirent, particulièrement des musiciens français ?
Ben Harper : Ce n’est pas de cet ordre-là. Je suis vraiment resté sur les impressions de mes tous premiers pas dans cette ville. Ce lieu me parlait et il s’est écoulé beaucoup de temps avant que le rêve d’une vie se réalise. Quand l’opportunité d’enregistrer à paris s’est présentée, je n’ai pas hésité
Vous nous avez dit que cet album est né sur les routes, pendant votre tournée, comment l’expliquez vous ?
Ben Harper : Nous avons enchaîné sur deux mois de tournée en Europe, après avoir fait huit mois aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Lors de ces deux mois en Europe, je me suis aperçu que je pouvais produire des choses intéressantes lors des balances, j’ai utilisé cette opportunité deux heures chaque jour : plutôt que répéter avec des titres connus, j’en composais de nouveau et la nuit, j’écrivais les textes. C’est ainsi qu’au bout de deux semaines nous avions plusieurs titres. Nous avons terminé la tournée à paris en ayant onze à douze titres prêts et là on a décidé d’enregistrer.
Est ce une part de votre inspiration d’être sur les routes et de visiter de nouveaux lieus ?
Ben Harper : Beaucoup ! Cette expérience a été l’université pour moi, j’ai beaucoup appris sur l’humain, la culture, l’architecture et la littérature. Ça vous ouvre une fenêtre sur le monde avec une lumière nouvelle. Au début cela a été dur, on jouait sept jours par semaine, plus tard les choses se sont améliorées et nous disposions de temps pour nous imprégnés des cultures que nous découvrions.
À l’écoute de votre musique et de vos textes, il semble que vous soyez citoyen du monde et marqué par de multiples influences, est-ce le cas ?
Ben Harper : Je me sens vraiment comme ça. En fait tout dépend du regard que l’on porte sur les choses, si je regarde avec de verres roses tout me semblera spécial et plus lumineux mais, la réalité est plus profonde. C’est un peu comme avec Paris, je n’en ai pas une vision exagérément romantique, c’est une ville différente selon l’endroit où vous êtes, d’où vous venez et la langue que vous parlez. C’est pareil pour d’autre ville, mais cette c’est aussi cette interaction qui fait de Paris…Paris. J’essaie toujours d’avoir du recul afin de porter un regard plus profond que celui d’un simple touriste.
L’enregistrement de votre album s’est fait ici, que vous a apporté Paris en plus de cela ?
Ben Harper : On a non seulement enregistré, mais aussi mixé l’album à Paris. Paris fait désormais partie intégrante de mon histoire musicale. Après tout ce que Paris et la France m’ont offert d’inspiration musicale et autre, cet album est une contribution en retour, une façon de remercier la ville ainsi que mon groupe, ma famille et toute l’équipe.
Avez-vous vécu à paris auparavant ?
Ben harper : Tout réuni, j’y ai passé des mois et des mois, mais je n’y ai pas vécu à proprement parler. Si ça avait été le cas, je parlerais couramment français.
Tous vos albums sont conçus selon un certain concept, quel est celui de « Lifeline » ?
Ben Harper : La première chose est que je voulais un album du groupe, où chaque membre est représenté. Je souhaitais montrer ce que peut être le résultat d’un travail collectif où chaque musicien met une part de soi sur la page. Le résultat étant une « Soul » acoustique, ni moderne, ni nostalgique, une approche juste de la musique » soul.
Dans quelle mesure est-il important pour vous de travailler en équipe ?
Ben Harper : J’ai toujours trouvé important, sur scène, de me sentir en famille avec une équipe, mais c’est la première fois que je parviens à faire participer d’autres individus, de façon significative, au processus d’écriture, et ce, pour pratiquement tous les morceaux de l’album. C’est toujours embarrassant d’avouer que l’on a grandi, c’est pourtant ce qui nous est arrivé. Depuis cette expérience, nous sommes plus proches, les morceaux que nous jouons sont plus intenses. Cet album est devenu, pour nous, une référence de la créativité de plusieurs personnalités réunies sur un même projet. En l’absence d’un seul de ses participants, cet album n’aurait pas vu le jour. Cela donne une force énorme, et il s’agit désormais du groupe « Ben Harper and The Innocent Criminals ».
Quel est le sujet dont traite cet album, vous semblez souvent évoquer la difficulté de la survie, est-ce important selon vous ?
Ben Harper : Je ne dis pas si c’est important ou pas, je souhaite simplement que l’album devienne une conversation, entre vous et moi, par exemple, un genre de conversation musicale. L’essentiel est de communiquer avec sincérité, au même titre que le bassiste le fait avec le guitariste, qui répond au clavier, qui lui-même me répond, je souhaite que notre musique s’adresse a son auditeur, en communicant. Je ne cherche pas spécialement à véhiculer un message de lutte mais plutôt une conversation.
Pour vous cet album est-il plus acoustique que les précédents ?
Ben Harper : Je crois, oui. Il y a des morceaux plus ou moins rapides sur une base acoustique, mais il représente surtout ce que chacun des musiciens sait faire de mieux.
L’album s’appelle « Lifeline », ce nom fait-il référence à un aspect personnel de votre vie ?
Ben Harper : C’est plus un album sur la vie que sur moi. Je n’écris pas vraiment sur ma vie, si c’était le cas, vous vous ennuieriez à mourir. J’emmène les enfants à l’école, je nourris le chien, je nettoie ma salle de bain. Je vous assure, c’est très ennuyeux.
Vous évoquer beaucoup l’espoir dans vos titres, est-ce important pour vous, en tant qu’artiste, d’avoir un message positif ?
Ben Harper : Les messages ce n’est pas mon truc. Je ne tiens pas du tout à être perçu comme un type à message. Je veux pouvoir communiquer avec sincérité, autant qu’il m’est possible de le faire.
Il y a beaucoup d’amour aussi dans cet album, destiné a quelqu’un ou pas, avez-vous besoin d’offrir cela ?
Ben Harper : C’est bien si vous entendez cela mais je ne cherche pas à donner quoi que ce soit de spécifique. Je suis content lorsque chacun peut donner sa propre signification à ce que je fais. Ça n’implique pas forcément des émotions, mais je suis heureux de celles que ça me renvoi, comme dans le cas présent où vous parliez d’amour. C’est ce que vous avez découvert dans mes titres et cela me motive. Je me dis que je dois être sur la bonne voie.
Vous parliez un peu plus tôt de « Soul », votre album est aussi Folk, y a t il un genre musical qui vous a plus particulièrement inspiré?
Ben Harper : Rien en particulier. J’écoute toujours beaucoup de musique. En tournée, on se couche à cinq heures, on se lève à treize, quatorze heures pour commencer les balances à dix-sept et finir dans la nuit. Ça laisse peu de temps pour écouter, d’autant plus en préparant un nouvel album. En fait, par moments, j’aurais aimé pouvoir me cacher la tête sous un oreiller pour ne plus rien entendre. De mémoire, rien ne m’a vraiment marqué. J’ai un ipod plein, et je ne sais jamais si ça va être du Van Morrison, Al Green ou Most Death.
Vous faites référence à l’Histoire de France, à Marie-Antoinette ou Louis XVI. Êtes-vous intéressé par ce sujet ?
Ben Harper : La Révolution Française est absolument fascinante, l’histoire de Marie-Antoinette aussi. J’ai aussi visité Carcassonne et j’aimerais connaître mieux l’Histoire de
France.
N’est-ce pas une façon de dire « Moi aussi, je suis un peu Français ! » ?
Ben Harper : C’est une manière de dire « On est là ! », mais ces noms étaient surtout ceux qui s’accordaient le mieux à nos textes.
La nature et l’environnement ont aussi une place importante pour vous, n’est-ce pas ?
Ben Harper : Je suis toujours aussi impliqué, je fais ce qu’il y a à faire, partout où je peux.
Comptez vous jouer cet album en live bientôt, est ce pour vous la meilleur part de l’artiste ?
Ben Harper : Le nouvel album en live, très bientôt, je l’espère ! Le live c’est la célébration de l’album. Nous avons joué quelques morceaux en aux Etats-Unis et le feeling m’a vraiment plu, je suis impatient de le jouer sur scène.
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
 Artiste
 Ben Harper


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Ben Harper" 19/11/2007


 Chronique(s) Date publication
 Ben Harper : Lifeline 27/08/2007


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