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Interview de Chat
Chat
   
"Je n'aime pas quand tout va dans un sens. Quand tout devient tragique par exemple, ça me gonfle assez, j'aime plutôt l'absurde pour exprimer des choses qui me touchent"
   
Première question très originale : pourquoi avoir choisi ce pseudo, Chat ?
En fait à la base c’est le diminutif de mon prénom, parce que je m’appelle Charlène, et du coup « Cha » c’est un peu mon surnom depuis que je suis toute petite, sauf que quand j’ai commencé à penser un peu à mon nom de scène, je n’avais pas envie d’utiliser mon nom, mon prénom. J’avais envie de trouver un peu comme le début d’un personnage parce que j’aime bien que ce soit différent -moi sur scène c’est différent de moi au quotidien- et j’avais pensé à « Cha » en rajoutant tout simplement un « t », parce que d’un coup c’était mon nom, les gens m’appellent comme ça, et en même temps ça évoquait forcément l’animal, le chat, et aussi plein de choses autour qui me parlaient vachement dans ma manière de ressentir la musique, que ce soit le côté animal, sauvage, solitaire, le monde de la nuit aussi. C’est un peu plein de choses comme ça qui m’ont amenée à ce mot et à ce nom. C’était assez naturel.
Tu avais choisi « Mademoiselle » comme pseudo avant, pourquoi l’avoir abandonné ?
Au tout début quand j’ai créée ma page MySpace –j’avais juste fait quelques chansons, des petits trucs comme ça-, je ne m’étais jamais posée la question du nom et là il fallait que j’en mette un. J’ai mis celui-là sans trop réfléchir. A cette époque j’étais à Londres, et « Mademoiselle » c’était un mot français que les anglais connaissaient et c’était assez rigolo la manière dont ils le prononçaient. Après c’est vrai que quand j’ai commencé à penser à un album j’ai changé de nom parce que je trouvais que celui-là n’était plus trop en cohérence avec ce que j’avais envie d’exprimer.
Du coup ce sont deux noms communs, « chat » et « mademoiselle », et ça créée une sorte de « dépersonnalisation », alors que nous sommes à une époque où justement tout le monde est à la recherche de la starification et cherche à avoir son nom en grosses lettres, comme Jenifer, Loana…Bon ce ne sont pas non plus les références ultimes, mais est-ce que quelque part tu cherchais à mettre davantage ta musique en avant de cette façon ?
En tout cas c’est sûr que les personnes que tu cites ne sont pas forcément des personnes dont j’écoute ou apprécie la musique. Après c’est vrai qu’on a l’habitude de comparer, entre des filles qui chantent en français, mais moi je ne suis pas partie d’une pensée très réfléchie pour tout ce qui est commercial. C’est peut-être aussi que la plupart des artistes dont j’écoute la musique sont plutôt des groupes ou des gens qui utilisent un pseudo, parce qu’après c’est plus facile d’apposer un univers, un monde, à un nom que tu choisis et qui t’évoque quelque chose qu’à ton prénom.
A l’écoute de ton album et à la vue de la pochette, le premier mot qui vient est « organique ». Est-ce que la nature a une influence particulière sur toi, aussi bien dans ta musique que dans ta vie de tous les jours ?
Je pense que ce n’est pas tant la nature. Bien sûr j’aime la nature, mais ce n’est pas la nature dans le sens les petits oiseaux, la campagne et tout. Ca serait plutôt dans le sens de l’aspect brut des choses, le côté instinctif sans trop de fioritures, et en même temps la nature pour ce qu’elle ramène au sauvage et au mystérieux. C’est un mélange de tout ça. Mais disons que moi au niveau de ma musique, il y a un côté un peu « racine », dans le rapport que j’ai avec mon instrument, le piano, ou même avec mes musiciens qui m’entourent, comment ils jouent de leur instrument, le côté un peu animal. Mais il y aussi le côté urbain, parce que j’ai toujours vécu dans des grandes villes et donc c’est un peu un mélange de tout ça que j’ai fait à ma sauce.
Tu as un parcours assez atypique. Est-ce que tu peux nous en faire un petit résumé, de ton enfance à la sortie de l’album en passant par les conservatoires ?
C’est assez simple en fait. J’ai commencé le piano petite et c’est un peu mon premier truc, d’être pianiste. Disons que j’en ai fait pas mal, de plus en plus et je voulais être plutôt concertiste. Du coup au collège et tout ça, je suis rentrée dans des conservatoires un peu professionnels, j’ai remporté des prix, tout ça, et après mon bac je suis partie au Conservatoire de Genève et là-bas j’ai eu des cours d’improvisation au piano, et c’était un truc complètement nouveau, parce que c’est vrai que dans les écoles de musique classique on ne t’apprend pas vraiment à composer, à improviser, c’est pas dans le schéma, et du coup ça m’a ouvert une porte vers un domaine dans lequel je ne me sentais pas trop capable mais qui m’a énormément plu et qui m’a inspiré de la liberté. Et parallèlement à ça c’était une période où je ne me plaisais pas particulièrement à Genève, où je me sentais un peu seule aussi. A l’issue de cette année-là j’ai décidé d’arrêter mes études classiques et je suis partie à Londres. Là j’ai fait pas mal de rencontres, j’ai commencé à composer aussi pas mal de chansons, de la musique pour un court-métrage, pour un petit spectacle. Donc voilà c’est le début de mes chansons.
Tu parlais de rencontres spéciales à Londres. Est-ce qu’il y en a une en particulier qui t’a marquée ?
Après ce ne sont pas des gens connus. C’est des inconnus, mais je ne sais pas si c’est le fait d’être dans un pays étranger, d’être plus sociable, ou si c’est un peu l’extravagance de Londres, mais c’est vrai que par exemple j’ai rencontré un garçon une journée. Il était un peu fou, un peu bizarre, en plus je venais d’arriver, je ne comprenais pas tout ce qu’il me disait en anglais, mais en gros je me suis retrouvée le soir à jouer du piano dans un petit cabaret pour lui alors qu’il chantait du Fitzgerald avec un mégaphone, travesti, c’était complètement absurde. On a fait ça le soir même et c’était rigolo.
Est-ce que ce changement de lieu, de passer de la rigueur de Genève à l’extravagance de Londres, a eu une influence sur toi ?
Oui. C’est clair que d’un coup…En plus j’habitais dans un quartier où il y avait beaucoup de concerts, où il se passait pas mal de choses mais pas seulement dans la musique, il y avait des galeries, j’ai rencontré des artistes qui peignaient, tout ça. C’est vrai que ça ouvrait à tout un monde et aussi peut-être à toute une génération qui a envie de s’exprimer, quel que soit le biais. Moi c’est la musique mais ça aurait pu être autre chose dans une autre vie.
Tu viens de sortir ton premier album. Pourquoi l’avoir appelé « Folie Douce » ?
C’est aussi le nom d’un morceau qui est sur le disque. C’est le dernier morceau que j’ai composé avant d’enregistrer l’album, et c’est peut-être la chanson la plus souriante. C’est une histoire d’amour mais c’est aussi la chanson la plus apaisée du disque. Donc j’aimais bien lui donner un titre comme ça, un peu souriant. Et puis je me suis rendue compte que cette expression résumait bien l’ensemble des morceaux, parce que dans l’expression « Folie Douce », il y a déjà une petite contradiction entre la folie et la douceur, et c’est quelque chose dans laquelle je me retrouve, ces contradictions. Que ce soit parfois utiliser de la musique assez douce mais avec des mots bien plus crus, ou bien moins lisses que ce qu’il n’y paraît. Plein d’ambiguïtés, comme le côté enfantin, qui n’est pas volontaire mais dont je me suis rendue compte, et qui mélange des choses peut-être moins roses et moins naïves. Ce sont toutes ces contradictions et ces ambiguïtés qui se résument dans cette expression.
Au début tu écrivais des chansons pour les autres, et finalement tu as trouvé que tes textes étaient trop personnels…
C’est vrai qu’au début je me posais la question de chanter, mais pour moi j’étais plus musicienne que chanteuse. Quand on écrit des chansons ou qu’on les compose, pour voir comment ça rend, on les chante soi-même. J’ai commencé à y prendre goût et j’ai eu très très vite envie de les chanter. Ce sont des textes qui sont personnels, mais qui ne sont pas autobiographiques. Même si j’utilise la première personne, j’aime bien mélanger des choses réelles avec des choses complètement inventées. J’aime bien créer une ambiguïté. En tout cas ce ne sont pas des chansons autobiographiques même si il y a beaucoup de moi, et du coup ça me semblait plus logique de les chanter. Après peut-être que plus tard, je ne sais pas quand, ça ne m’empêchera pas d’écrire des chansons pour les autres, mais en sachant que ça sera pour d’autres. J’ai besoin de faire mes trucs pour moi en premier.
Est-ce que le fait d’écrire tes textes est pour toi non pas une thérapie parce que tu n’as pas l’air d’aller mal, mais une sorte d’exutoire tout du moins ?
C’est clair. Mais de toute façon je pense que quand on fait de la musique, qu’on fait de la peinture, qu’on écrit des livres et tout, il y a toujours dans un premier temps la notion d’ego. Surtout que moi j’avais 23 ans quand j’ai écrit mes premières chansons, donc j’avais aussi besoin d’exprimer des choses qu’il y avait en moi depuis un moment et de les exprimer comme ça. Après peut-être que ça changera pour d’autres disques, parce que les sujets évoluent et que l’on a pas envie de parler que de soi, mais c’est sûr qu’en créant des chansons, ou qu’on commence à faire des concerts et qu’on fait partager sa musique aux autres, il y a le fait de s’adresser aux autres aussi. On ne se parle plus à soi-même. Par contre c’est sûr que c’est un défouloir assez magique.
Tu disais que tu as commencé à écrire des chansons à 23 ans. Combien de temps t’a-t-il fallu pour composer toutes les chansons qu’il y a sur l’album ?
En fait j’ai 25 ans, donc ça doit plutôt faire 3 ans. Les chansons j’ai dû les composer en 2 ans. Quand j’ai commencé je ne pensais pas du tout à un album, c’est-à-dire que c’était un peu des émotions comme ça. En même temps je donnais des cours de piano, enfin je ne savais pas du tout ce que ça allait donner. C’est au bout d’un moment, quand j’ai commencé à les faire écouter, que j’ai commencé à faire des concerts, que j’ai pensé à un album et que j’ai continué à écrire, et tout s’est assemblé comme ça mais au début il n’y avait aucune volonté de composer un album.
Ta méthode de composition, c’est toi, ton piano, et ta voix…ou des fois c’est en jammant avec tes musiciens qu’il y a des choses qui viennent ?
Oui c’est vrai qu’au début c’était juste mon piano et moi. Les musiciens que je connaissais avaient tous une formation classique, mais là les gens avec qui je joue –ce sont ceux avec qui j’ai enregistré l’album aussi- , je les ai rencontrés un peu plus tard, quand j’avais déjà commencé à composer mes morceaux. D’ailleurs c’était super de rencontrer des gens qui n’avaient pas du tout la même éducation que moi. Ce sont des musiciens très très doués mais beaucoup plus autodidactes. Et après j’ai rencontré Joseph Chédid, qui est le réalisateur (et le petit frère de Matthieu Chédid, alias –M-, ndr), qui joue aussi avec moi en concert. Là j’avais déjà quelques morceaux et parfois je jouais, donc naturellement il y a quelques musiques que l’on a fait ensemble. Il doit y avoir 2-3 morceaux sur l’album sur lesquels on fait la musique tous les deux.
Pourquoi avoir choisi de mettre un titre en anglais dans l’album ?
Ce n’est pas tant une volonté de mettre une chanson en anglais. A un moment j’ai écrit peut-être 2-3 morceaux en anglais quand j’habitais à Londres. Je pense que l’environnement m’a un peu influencée là-dessus, et au moment de parler de l’album j’ai regardé un peu les morceaux que j’avais. Il y en avait quelques-uns que je n’avais pas forcément envie de garder parce qu’ils ne résonnaient plus tellement en moi aujourd’hui. Par contre celui-là il signifiait toujours quelque chose pour moi et j’avais envie d’en faire quelque chose, donc sans trop me poser la question de savoir si un morceau en anglais pouvait paraître un peu bizarre, il me plaisait alors j’ai décidé de l’enregistrer.
Il se dégage une atmosphère joyeuse, optimiste, pas enfantine mais qui peut des fois se rapprocher de la comptine, alors qu’en général lorsqu’il y a un piano comme pièce maîtresse dans la musique on s’oriente vers quelque chose de plus « sombre ». Est-ce que ce contraste est quelque chose que tu voulais parvenir à réaliser ?
En tout cas c’est peut-être aussi le fait d’avoir une formation classique, parce que dans le classique il y a de la musique un peu sombre c’est vrai, mais il y a aussi un côté super gai, et même si parfois je n’exprime pas des choses si heureuses que ça, je n’aime pas quand tout va dans un sens. Quand tout devient tragique par exemple, ça me gonfle assez et j’aime plutôt l’absurde pour exprimer des choses qui me touchent ou qui sont moins gaies. Dans l’absurde il y a des petites contradictions et tout ne va pas dans le même sens et c’est plus comme ça que j’aime m’exprimer.
Tu places Radiohead sur un piédestal. Quels sont les autres artistes qui t’influencent ?
Il y en a beaucoup beaucoup. Mes influences sont plutôt anglo-saxonnes, après il y a des artistes français, en remontant plus loin, comme Gainsbourg, Jane Birkin, c’est des gens, voilà, c’est des génies ! Actuellement il y a beaucoup de choses que j’aime, comme Camille, j’aime beaucoup Matthieu Boggaerts…
Dont tu vas faire la première partie prochainement. Ca te rend plutôt impatiente ou tu appréhendes ?
Je suis plutôt impatiente. J’en suis très heureuse parce que c’est un artiste français que j’aime vraiment beaucoup beaucoup, c’est plutôt de l’excitation ! Sinon il y a aussi Karen Ann, Gonzales, que j’avais découvert il y a pas mal de temps quand il passait à l’Elysée Montmartre, qu’il était un peu moins connu et qu’il faisait un peu plus du hip-hop, il y a près de 6 ans. Il faisait déjà du piano et tout ça à ses concerts et ça m’avait impressionné, mais surtout montré comment utiliser le piano de manière différente. Ce sont des concerts qui m’ont marqués. Après il y a aussi tout le côté plus rock années 70 comme les Doors, Jimi Hendrix… Des groupes comme Portishead aussi.
Tu es présente sur MySpace et aussi sur Facebook. Comment considères-tu l’impact de ces nouvelles plateformes pour le monde de la musique ?
Ce sont des questions de choix personnels. Maintenant je suis dans une grosse maison de disques, mais je gère toujours moi-même mon MySpace, mon Facebook et tout ça. J’aurais pu faire un blog aussi. Mais c’est clair qu’avec internet aujourd’hui il y a ce moyen de donner ce que l’on veut aux gens. Si demain j’ai envie d’offrir un morceau ou une vidéo que j’ai fait la veille pendant un jam avec des potes ou quoi, le lendemain je peux la diffuser sur mon site, mon MySpace, mon Facebook, donc c’est sûr que c’est aussi un moyen d’accéder à plein plein d’informations. Moi-même en tant que consommatrice, j’adore aller voir des lives, découvrir des artistes dont on entend pas forcément parler, qu’on ne voit pas dans les magazines et encore moins à la télévision. C’est une source d’information dans les deux sens.
L’album sort chez EMI. Comment se sont passés les premiers contacts avec eux ?
Quand j’ai fait ma page MySpace, j’ai commencé à être contactée non pas par des labels mais plutôt par des artistes qui me proposaient de faire leur première partie. Il y avait la chanteuse Rose par exemple qui venait de sortir son premier album à l’époque, qui aimait beaucoup ce que je faisais et qui avait donné mon lien à son directeur artistique. C’est vrai que c’était un petit peu le début de MySpace quand même, et d’avoir comme ça une adresse internet où tu pouvais directement écouter les morceaux ça a pas mal accéléré les choses. Du coup j’ai commencé à rencontrer des directeurs artistiques, j’avais déjà rencontré Joseph et Henri Blanc-Francard, qui est l’ingénieur du son du disque, et je savais que j’avais envie de travailler avec eux. Maintenant il fallait aussi faire la bonne rencontre pour le label ou la maison de disques, et j’ai rencontré le directeur artistique de Capitol, Georges Fernandez, ainsi que le directeur Romain Vivien. Et c’est vachement humain quoi. C’est-à-dire qu’il y a eu une rencontre, une sorte de compréhension mutuelle, des envies de projets communes. C’est vraiment se sentir en phase avec les gens qu’on rencontre, et ça je pense qu’indépendamment des structures ça dépend vraiment des personnes avec qui tu vas travailler et que tu rencontres, c’est vraiment une histoire de feeling.
Comme tu le disais, pour l’enregistrement tu as travaillé avec Joseph Chédid et Henri Blanc-Francard. Qu’est-ce qu’ils t’ont apporté ?
Je les ai rencontrés quand ils habitaient en colocation. On avait des amis communs avec Henri, mais on ne se connaissait pas. Il avait mon adresse MySpace et un jour ils m’ont appelée, ils avaient écouté tous les deux ma musique et ils aimaient bien. Quand je les ai rencontrés je n’avais jamais mis les pieds dans un studio ni rien, et on a eu une espèce d’entente, comme nous avions le même âge à peu près, on commençait un peu tous notre vie dans la musique. Il y avait aussi cette espèce de rencontre, on est devenus très vite amis quoi. Ils m’ont proposé de prendre deux de mes morceaux, à l’époque je n’avais pas de maison de disques, et de voir un peu comment les arranger. De mon côté même si j’avais toujours écrits les morceaux en piano-voix j’avais toujours voulu m’entourer de musiciens, je n’aurais jamais voulu faire un disque piano-voix. Ce n’était pas du tout mon envie du moment, mais simplement il fallait attendre de rencontrer les bonnes personnes. On a pris quelques jours au studio dans lequel Henri travaillait. Henri nous enregistrait, je faisais le piano, la voix et un peu de claviers, et Joseph un peu de tous les instruments. Et on était super contents, moi la première. J’avais vécu ma première expérience d’enregistrement, 3 jours vraiment très intenses, on s’est tous vachement donnés et on était fiers du résultat. Alors du coup après quand j’avais ma maison de disques j’avais très envie de travailler avec Joseph et Henri comme on se connaissait et que je sentais qu’il y avait une espèce d’enthousiasme commun pour les morceaux et une vision commune de la musique aussi. Après ce n’était pas toujours simple de bosser avec des gens assez jeunes et qui n’ont pas d’expériences. Mais EMI nous a fait confiance et c’est comme ça qu’on a fait mon disque.
Du coup ils t’accompagnent aussi en concert de temps en temps. Quelles sont les différences entre les concerts où ils jouent avec toi et ceux où tu es seule au piano ?
Pour l’enregistrement c’était Joseph à la batterie, moi au piano et Pierre Cohen à la basse. C’était la base, même si après il y avait plein de choses qui s’ajoutaient. J’ai deux sortes de concerts en ce moment. Je fais des concerts en appartement, où c’est complètement acoustique. Le principe c’est simple : j’amène mon petit piano, j’annonce les dates sur mon MySpace et c’est ouvert à tout le monde. Les gens n’ont qu’à checker mon MySpace, choisir une date et s’inscrire, et on leur envoie un petit texto avec l’adresse le jour même. Donc ça c’est purement acoustique, c’est la version très épurée des morceaux. Pour les concerts dans les salles c’est beaucoup plus électrique. Il y a Pierre Juarez, mon frère, à la basse et Joseph à la batterie et moi au piano ou au clavier. Et là il y a un côté beaucoup plus rock en fait. C’est vachement agréable aussi pour nous de montrer une autre facette des morceaux. Il y a quelque chose d’assez instinctif aussi, du coup on ne joue pas les morceaux de la même façon selon les endroits où on joue. C’est différent du disque, ce sont des morceaux qui sont là mais qu’on exprime différemment, parce que le disque ça fait quelques moins qu’on l’a enregistré, ils ont évolués et on les joue comme ils sont aujourd’hui aussi.
Tu parlais de ce concept d’aller jouer chez les gens. Comment t’es-tu dit, un jour : « Tiens et si j’allais jouer chez les gens ? »
En fait ça c’est quand j’avais fini d’enregistrer le disque. Moi j’aime vraiment beaucoup faire des concerts, c’est un peu ce qui me plaît le plus. J’avais déjà fait pas mal de concerts, mais c’était plutôt des premières parties, ou sinon dans des bars, des trucs comme ça, parce que ce n’est pas si évident de faire des concerts quand on est pas connu. Donc j’avais ce petit piano chez moi, qui est un peu comme un petit piano droit, un peu d’enfant parce qu’il y a moins d’octaves et il est un peu plus petit et du fait facilement transportable. Du coup j’ai eu l’idée de pouvoir l’amener, le déplacer, et d’aller d’apparte en apparte. L’idée n’était pas de faire des soirées privées mais des choses ouvertes à tout le monde, et ça a donné des soirées assez rigolotes. Ca change déjà parce que les appartes ne sont pas les mêmes, les gens non plus. Au début c’était un peu bizarre pour nous, mais je me suis rendue compte que c’était aussi bizarre pour les gens qui venaient. Et le fait que ça soit bizarre pour tout le monde ça a créé une espèce de connivence entre tout le monde, parce que les gens ne se connaissent pas, donc ça discute…On demande de ramener un truc à boire donc il y a un petit apéro à chaque fois avant. C’est très convivial, à la bonne franquette. Il y a un côté assez roots, on boit de la bière…C’est assez rigolo.
Mais quand les gens s’inscrivent en te disant « Viens jouer chez moi », tu envoies quelqu’un voir l’appartement avant ?
Non je vais voir l’apparte, que ce soit moi ou mon tourneur qui m’aide dans l’organisation de ces concerts, juste pour savoir combien de personnes on peut mettre. Des fois il y a des appartes qui sont assez petits, on peut y mettre 20 personnes. Des fois ils sont plus grands et c’est 50…Juste que l’on sache quand arrêter la liste pour que ça ne devienne pas non plus trop le bazar quoi.
Il n’y a jamais eu de problèmes avec les voisins ?
Bah écoute non. Les seules fois où il y a eu des voisins qui se sont un peu plaint du bruit, on les a invités et ils sont venus assister au concert donc c’était cool.
Si tu n’avais pas la musique, qu’est-ce que tu ferais dans la vie ?
C’est une bonne question. Je n’en sais rien. J’aime beaucoup écrire alors peut-être que j’écrirais des livres. Mais ce n’est pas facile. Si je dois imaginer quelque chose autant imaginer ça…
Dernière question : dans la chanson « Harmony », tu chantes « j’ai embrassé une fille ». Quelques mois avant Katy Perry chantait la même chose en anglais. Est-ce que ça veut dire que vous vous êtes déjà rencontrées ? Il y a quelque chose que tu veux nous raconter ?
Je ne sais pas peut-être qu’il y a quelque chose d’inconscient…J’avais déjà enregistré mon disque quand la chanson est sortie et du coup c’était marrant de voir ce titre. Forcément ça me faisait penser à ma chanson. Je n’ai pas non plus décortiqué les paroles de sa chanson donc je ne sais pas ce qu’elle veut dire, mais moi ça part d’un truc assez réel et c’est plus une métaphore. Ca parle plus de la fête et des excès divers et variés plutôt que d’une relation amoureuse entre deux filles.
   
Propos recueillis par Sébastien Delecroix
     
     
     
     
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Le 2012-07-09 20:00:00
CHATELET - THEATRE MUSICAL DE PARIS - PARIS 01 De 15,00€ à 80,00€
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 Artiste
 Chat


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Chat" 16/02/2009


 Video(s) Titre
  Chat : Making off de l'album Folie douce, 2009
  Chat : Interview 2009 - 4/5
  Chat : Interview 2009 - 5/5
  Chat : Interview 2009 - 1/5
  Chat : Interview 2009 - 2/5
  Chat : Interview 2009 - 3/5



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