| Il y a des groupes qui restent dans l'imaginaire collectif, « Cock Robin » en fait partie. En 2006 le chimérique fait place à la réalité car avec « I don't want to save the world » c'est 15 ans de silence collectif qui prennent fin. Rencontre avec Peter Kingsbery. |
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| Pourquoi avez vous décidé de vous reformer ? |
| Peter Kingsbery : «Je crois que l'expérience de chanter à deux nous a manqué tout simplement. Musicalement c'était quelque chose de très apetissant en qualité de compositeur. S'il y a autant de chansons où nous mêlons notre voix sur ce nouveau disque c'est que je ne voulais pas rater l'occasion de faire autant de duo ensemble. |
| De 1989 à 2006 qu'est ce qui a foncièrement changé dans l'univers musical ? |
| Peter Kingsbery : «D'abord la musique n'a plus de règle. On a cassé toutes les barrières. Les Red Hot Chilli Peppers peuvent maintenant jouer sur la même chaîne, s'entendre sur la même radio que Norah Jones. Les radios se sont fragmentées et ont ouvert leur play-list à différents styles. La musique électronique, la programmation ont beaucoup changé. Le bizness s'est aussi effondré du fait de l'arrivée du web. Maintenant l'ingénieur du son n'est plus que l'ingénieur du son, il peut aussi bien s'occuper du bus, il peut avoir une expérience dans l'éclairage. On porte plus de casquettes maintenant. Ce n'est plus le troubadour avec sa guitare qui joue dans la rue.» |
| Votre album s'intitule « I don't want to save the World », avez vous pensé un moment que la musique pourrait justement servir à sauver le monde ? |
| Peter Kingsbery : «On ne fait pas un album pour sauver quoi que ce soit... sauf peut être pour supprimer quelques soucis de la vie quotidienne. La musique est trop personnelle et n'est pas là pour endiguer la crise actuelle. Disons que nous avons peut être sauvé quelques personnes mais le monde pas encore (rire).» |
| Mais pourquoi alors ce titre désabusé ? |
| Peter Kingsbery : «C'est plutôt une réponse aux américains qui veulent sauver le monde, ou tout du moins à ceux qui pensent en être capable. En tant qu'américain je ne veux pas de ce boulot (rire) ou de cette étiquette. La plupart des américains pensent comme moi, nous avons envie de dénoncer notre président et sa politique.» |
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| Propos recueillis par Pierre Derensy
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