| Succès story de l'année 2004 Corneille revient proposer ses chansons en forme de témoignages dans un nouvel album « Les Marchands de Rêves », titre évocateur qui parle de tous ces exilés en recherche d'une vie meilleure. Ce garçon qui plait au grand public a quant à lui réussi bon nombre de ses rêves et n'hésite pas à s'impliquer dans une multitude de causes afin d'offrir un peu de son bonheur. |
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| En studio vous aviez décidé de prendre comme base la guitare d'Andy Dacoulis et votre voix pour finalement vous retrouver à composer un album ou le jazz, la soul, le zouk viennent apporter une pierre à l'édifice, qu'est ce qui a fait pencher la balance entre le début et la fin de l'enregistrement ? |
| La musique tout simplement. Une fois que j'avais enregistré la moitié de l'album je me suis rendu compte que j'avais besoin de plus de diversité musicale. Faire de ce disque quelque chose de plus riche musicalement sans le surcharger mais subtilement le rendre plus intéressant. |
| Vous aviez toujours cette envie de retourner là d'où vous venez, grâce à Youssou N'Dour vous êtes parti chanter à Dakar, c'est un premier pas pour retrouver le Rwanda ? |
| Ce fut un grand moment pour moi. C'était la première fois que je chantais en Afrique Noir depuis 10 ans, c'était d'ailleurs la première fois que j'y retournais. J'y ai été très bien accueilli. |
| Ce besoin de toucher à nouveaux vos racines, doit il être plus pris comme une envie nostalgique d'exilé ou de pardon face à l'atrocité ? |
| C'est beaucoup plus lié à mes souvenirs d'enfance, à ce que je me rappelle de mon Afrique et ce qui m'en manque. Donc : beaucoup plus une nostalgie qu'une idée du pardon. |
| Il y a beaucoup de vos chansons qui traitent du voyage initiatique ? |
| C'est un vrai thème de société en même temps. Beaucoup de gens quittent leurs chez eux pour aller trouver mieux ailleurs. Ce qui a donné ces problèmes d'immigration et d'identité qui sont partout présents. Ca touche l'actualité même si les exodes ont toujours existés, j'ai voulu partir de moi pour toucher quelque chose de plus universel. |
| La spiritualité qui se dégage de votre disque ne vous rend elle pas fataliste, comme si l'homme n'avait plus à se surpasser pour trouver le « bon » et ne devait payer ses actes que de la main de Dieu ? |
| Au contraire, je suis contre la fatalité, en tout cas cette idée! je pense que certaines personnes ont le luxe de pouvoir compter sur eux et rien que sur eux pour changer leur destin, parce qu'ils vivent dans une certaine aisance matérielle et sociale donc équipés pour un meilleur lendemain. Mais ceux qui n'ont pas ce luxe là, ils doivent s'accrocher à l'idée que le destin leur réserve quelque chose de bien quoi qu'il arrive. C'est peut être une fatalité optimiste pour compenser ce manque qui traîne dans certains pays du monde. Que l'on ne se dise plus à la naissance que certaines choses sont possibles et d'autres non. On peut s'accrocher à l'idée de faire renverser les barrières. |
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| Propos recueillis par Pierre Derensy
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