Interview de David Guetta |
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David Guetta
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| Quel est le secret d'une soirée réussie? Comment jouer au stade de France avec George Michael? Réponses par le meilleur Dj house du monde : David Guetta!!! |
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| En 2001 tu as sorti ton premier album. Je voudrais savoir ce qui t’as décidé à sauter le pas pour sortir un album, après une carrière de DJ, qui est plutôt quelque chose de live ? |
| David Guetta : Ca s’est fait bizarrement, un peu par hasard. J’ai revu mon pote Joachim qui avait monté son studio, plutôt dans la pub. On s’était connu à l’époque du « boy » et on s’est dit qu’on allait se retrouver et faire de la musique tous les lundis. Lui est ingénieur du son, on allait faire ça comme deux potes qui se retrouvent pour jouer au foot ou, vont au cinéma. Deux lundis plus tard, en allant au restaurant, on rencontre des amis musiciens, dont Chris Willis. On parle de musique, comme deux personnes qui parlent de choses qui les intéressent, il se trouve que lui est chanteur de gospel. Je l’ai invité, et le lendemain, on a enregistré « Just a little more love ». On trouvait le morceau très bien, on l’a fait écouter à des copains artistes, dont l’un travaillait chez Virgin. Il a appelé Virgin en leur disant « C’est chaud, il a un truc très bien, vous devriez appeler David ! »
On a eu beaucoup de chance, vu notre contact chez Virgin, ils m’ont rappelé dès le lendemain, où nous signions pour l’album, la semaine suivante. Des trucs comme ça, ça n’existe pas ! ...On a produit, composé, signé dans la semaine. J’étais tellement excité le jour où on a signé pour ce single qu’en me couchant le soir, je n’ai pas pu dormir. À six heures, j’ai pris un papier et un stylo et j’ai écrit pratiquement toutes les idées pour un album.
Trois mois plus tard, pour la sortie du single, le D.A. me dit, aussi pour me mettre un peu au défi, « Là mon vieux, c’est pas tout, il va falloir faire un album ! ». Je lui réponds « Et bien, ça y est ! ..Il est prêt ! »
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| Finalement, cet album a été une véritable histoire de potes ? |
| David Guetta : Oui, c’est une histoire de potes, et je continue à faire de la musique de la même manière. Je m’éclate ! Et de la même façon que lorsque je suis DJ, j’essaye de partager ma passion avec les gens, même si là, c’est un travail un peu plus personnel.
Je fais de plus en plus de musique, tout seul, sur mon petit ordinateur, en voyageant dans un avion, mais ce n’est pas ça que j’aime. Ce que j’aime, c’est être dans un studio, comme ici, avec mes potes, et faire de la musique.
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| Est ce le studio où tu as composé ton album ? |
| David Guetta : Oui, mais dans la pièce d’à côté, qui est deux fois plus petite que celle-ci. |
| Je m’attendais à trouver du matos ultra high-tech, avec des trucs de fous, et là… ? |
| David Guetta : On n’a même pas de table de mixage. Par contre on travaille avec du matériel informatique de très, très bonne qualité. De grosses cartes son pour avoir une top qualité, en revanche on travaille « en tout intégré » pour tout avoir dans l’ordinateur. |
| Penses-tu que travailler avec du matériel basique influence ta musique? |
| David Guetta : Je n’utilise pas de hard ware, et je pense que,oui, forcément ça a une influence. Pas uniquement sur moi, mais sur l’ensemble des artistes qui font de la musique électronique. On a une facilité en termes de production. Disons qu’avec les grosses tables de mixage, comme on en voit dans les clips américains, mettre des mouvements en mémoire est assez compliqué, alors que moi, je peux me permettre le luxe de triturer le son à fond. J’intègre donc ça, même dans la notion de composition. Ce n’est pas qu’une histoire de choix de notes, ça concerne beaucoup la texture du son. Si on peut aller aussi loin dans la production, c’est parce que l’on a fait beaucoup de progrès technologiques. |
| Une des grandes caractéristiques de ta musique est que tout le monde la connaît et l’écoute et, pas forcément dans un milieu branché « dance floor », comment expliques-tu ça ? |
| David Guetta : J’explique ça par les mélodies et les chansons. Je pense être un des seuls DJ dont les titres sont aussi bien joués sur FG, par les DJ les plus spé de la planète, qui me soutiennent et jouent mes titres, que sur NRJ. Je fais aussi bien des afters dans des clubs qui font de la minimale techno, en Allemagne, que Star Academy. Il n’y a pas beaucoup de gens qui font le grand écart et, c’est un peu ma particularité. Je pense que, dans la musique, j’intègre ma culture de DJ électronique à des mélodies et, de temps en temps, la magie opère. Parfois ça va au-delà du genre musicale, c’est à dire qu’une chanson peut éveiller une émotion chez des gens qui ne sont pas spécialisés dans ce genre musical. On retrouve aussi ce phénomène de cross over dans le rap ou le rock. |
| La première image que l’on a de toi, c’est Ibiza, je voudrais savoir si cette image te correspond vraiment ? |
| David guetta : La question que tu devrais te poser est de savoir si l’image que tu as d’Ibiza correspond à la réalité !... J’adore Ibiza, c’est une île qui m’a adoptée et que j’ai adopté aussi. Je viens de faire la première de mes soirées, « F*** me, I’m famous ! », il y a deux jours, c’était extraordinaire. C’était la première semaine de juin et, c’était bourré à craquer, de quoi faire pâlir de jalousie tous les gens qui travaillent dans les stations balnéaires, hallucinant !
Il y a des milliers de gens qui viennent du monde entier pour s’éclater et parce qu’ils aiment cette musique. Alors, oui, j’aime l’île ! De là à dire que je représente Ibiza et que l’île me représente, non ! |
| Qu’ est ce qui pourrait te représenter mieux que ça, on parlait de tes potes, serait cet aspect-là ? |
| David guetta : En fait Ibiza, c’est un peu ça, de nombreux DJ se retrouvent là-bas, avec cet esprit de communauté. Ça se produit deux fois dans l’année, à Ibiza et à Miami, lors de la « Winter Music Conference ». Ce qui me plait à Ibiza c’est l’héritage hippie, « peace and love », et moi, je suis un peu comme ça. À Miami, c’est cette énorme tolérance qui me plait, tu peux sortir habillé comme tu veux, ou, pas habillé du tout !...Peu importe ta couleur, ta sexualité, personne ne va y prêter attention. Je trouve ça très bien. |
| Tu as aussi joué au festival de « Coachella » et au Brésil... |
| David guetta : C’était la même semaine, j’ai fait un gros festival au Brésil, puis « Coachella », qui est le plus grand festival rock des Etats-unis. J’ai été honoré de jouer aux côtés de « Red Hot Chili Peppers » ou de « Rage Against The machine ». |
| Appréhende t-on de la même manière le fait de jouer devant plusieurs dizaines de milliers de personnes ? |
| David Guetta : Ce n’est pas tant le monde qui me fait peur, j’aime ce sentiment de peur sur scène, c’est de jouer devant un public qui ne t’est pas acquis. Il s’agit d’un public rock, de plus, je commence, seulement maintenant, à avoir du succès aux Etats-Unis, c’est très nouveau pour moi ; donc j’ai toujours une petite angoisse avant de monter sur scène. Là tu dois vraiment te battre pour aller chercher le public. J’adore ce sentiment, c’est assez incroyable. |
| Tu as fait la première partie de George Michael, comment se retrouve-t-on au Stade de France ? |
| David Guetta : J’ai fait la première partie de Madonna. Lors du concert, le manager de George Michael a trouver ça super et m’a proposé de faire sa première partie. J’ai été étonné de découvrir qu’il m’avait écouté jouer, à plusieurs reprises, dans des clubs à Ibiza. |
| Laurent Garnier a sorti un album dans lequel il aurait tendance à s’échapper du format « dance ». Ton album, « Pop life », affiche quant à lui sans complexe, le désir de faire danser. Ton but reste-t-il de vouloir faire danser les gens ? |
| David Guetta : Ca va peut-être te paraître très choquant, mais pour moi, si la musique ne fait pas danser, elle n’a pas de sens ! Je ne suis pas touché par la musique qui ne fait pas danser. C’est peut-être de l’immaturité, mais j’ai besoin du « groove », de la partie rythmique. J’ai écouté l’album de Laurent Garnier et je trouve que l’ambiance fait musique de film, c’est intéressant, mais je considère que ce n’est pas mon rôle de faire ce genre de choses. Ce n’est pas ce qui m’excite. Je suis DJ avant tout et, je fais les disques qui manquaient à mon set. |
| Avant d’être DJ, allais-tu danser dans les clubs, comment as-tu découvert cet univers ? |
| David Guetta : J’étais DJ avant d’aller dans les clubs, ça peut paraître bizarre, mais c’est comme ça. J’ai commencé à mixer à treize ans, en écoutant les DJ qui mixaient sur les radios libres. Contrairement aux ados qui vont en boîtes pour draguer ou boire, j’y suis allé, vers seize ou dix-sept ans, pour passer ou écouter la musique. |
| Dans la communauté DJ, quels sont ceux qui te font encore rêver, comme lorsque tu étais ado ? |
| David Guetta : Aujourd’hui, c’est différent, puisque pour moi ça va. En revanche beaucoup de DJ peuvent éveiller des émotions en moi, me faire voyager sur leur musique, il y a Erick Morillo, Joachim Garo et le seul qui peut me faire danser toute la nuit, Josh Wink ! |
| J’écoutais hier le nouvel album de « Justice » et j’aurais voulu savoir ce que tu pensais de cette nouvelle vague, dans laquelle on trouve Klaxons ausssi. |
| David Guetta : « Digitalism » ou « Klaxons », c’est un peu le retour de la «French touch ». « Justice » est très bien, même si c’est différent de ce que je fais. Je les aie d’ailleurs appelés pour les féliciter. |
| Tu reprends « This Is Not a Love Song » de « P.I.L » dans ton album, pourquoi ce choix ? |
| David Guetta : A mes débuts, je mixais ce titre avec un disque d’acid house. Un jour, je l’ai fait en présence de JD Davis, qui s’est mis à chanter dessus et, on a enregistré. C’est resté deux ans dans un placard. Au moment de faire mon album, je l’ai réécouté et je l’ai trouvé super, je l’ai donc mis sur l’album. Ça fait partie de mes titres de référence avec ce côté minimal, en avance sur son temps. |
| Je voulais savoir si tu avais besoin de créer une nouvelle atmosphère et dans quel état d’esprit tu étais pour faire « Pop Life » ? |
| David Guetta : La mise en route a été un peu longue, j’ai mis un an et demi à faire l’album. J’avais beaucoup de tournées, Joachim aussi, il a fallu se poser pendant trois mois, sans faire de dates. Là, ça a été un vrai déclencheur. La vraie question à se poser en tant qu’artiste, DJ, est « Qui suis-je, quelle direction vais-je prendre ? ». Le but n’est pas de faire de la musique au kilomètre ! |
| Ton album s’appelle « Pop Life », c’est quoi la « Pop Life » ? |
| David Guetta : C‘est un peu la « Joke ». Moi, je fais ce métier depuis longtemps et, il est vrai qu’on n’a pas toujours été bien traité. De voir que, maintenant, on remplit des stades, qu’on nous envoie des avions privés et qu ‘on dort dans des hôtels cinq étoiles, c’est marrant !
J’en profite, mais je le prends avec humour. De DJ, on est passé à la vie de « rock star ». Ça a pris une proportion qui, moi-même, me fait rire parfois !
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| Comment parviens-tu à garder cette distance ? |
| David Guetta : Je dis souvent à mes potes qui commencent à s’emballer un peu, « Tu sais, on ne fait que passer des disques ! ». |
| Ma dernière question est un peu perso. J’envisage de faire une fête bientôt, quels sont les bons conseils de David Guetta pour une soirée réusie? |
| David Guetta : Ce sont les invités, avant tout. Le secret d’une soirée réussie est d’être avec des gens que l’on aime bien, je pense ! C’est le plus important ! |
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| Propos recueillis par Frédéric Fahy
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