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Interview de Eiffel
Eiffel
   
Chez Eiffel il y a toujours et depuis le début, quelque chose de sérieux et d'innocent, tout à la fois naïf avec un son rugueux, contestataire et exalté, un mélange de salé sucré, qui leur donne un charme singulier. Leur dernier album « Tandoori » n'échappe pas à la règle, malgré quelques changements qui rendent ce disque imprévisible mais toujours aussi bon. Quand ils parlent, c'est ensemble. Quand ils répondent, c'est d'une même voix. Un groupe soudé, uni qui va assurément nous offrir quelques bon moments scéniques.
   
2 albums, 1 live, 6 ans de vie commune et 3 ans de break : c'est vraiment dur de vivre en communauté ?
Eiffel : «On ne peut pas dire que l'on vive en communauté, on peut dire que l'on vit sur la route ensemble. Mais ça va, il y a des moments où ce fut difficile à gérer mais au fur et à mesure, tu battis une équipe qui est solide. Il y a la musique mais finalement la musique c'est un détail. Il y a tout le reste et petit à petit, cette association parvient à tirer dans le même sens. On ne tient pas à devenir une machine. C'est important pour nous d'avoir le côté humain. Même des gens, quel que soit le rôle dans l'équipe, qui bosseraient super bien mais humainement ne seraient pas en adéquation avec ce qu'on pense, cela ne serait pas possible. Inconsciemment on aime avoir un contact particulier avec nos collaborateurs. C'est super important quand tu passes 5 heures dans un bus par exemple. Remarque l'inverse c'est à dire quelqu'un qui serait super sympa mais qui bosserait mal, cela ne serait pas possible non plus.»
Dans « Dispersé » Romain, tu chantes : « J'étais parti en miettes, pour mieux me retrouver», c'était ça aussi le besoin de break ?
Eiffel : «Non. Cette phrase je ne l'avais pas pensée dans ce sens. Dans nos textes, il y a des thèmes, on ne chante pas n'importe quoi dans l'air pour bien sonner, même si on fait très attention à la sonorité. On fait en sorte que le sens soit très élargi, cette phrase dans le contexte signifie que nos certitudes peuvent changer pour mieux construire notre discours. Dans la société actuelle hyper individualiste : tout le monde bosse ou vit pour sa pomme et l'idée de rassemblement pour une cause ou une autre n'existe plus. Il y avait aussi le jeu de mots avec le Petit Poucet et les contes de Grimm.»
Pourquoi avoir sorti un EP digital avant l'album ?
Eiffel : «Parce qu'on est complètement ouf (rire). On fait partie de la génération qui est encore attachée à l'objet donc on est totalement largué question nouvelle manière de consommer la musique. La maison de disque nous a dit que ce serait bien de sortir un truc avant et là nous étions totalement d'accords pour sortir un truc avec une super pochette, etc mais non c'était pour le téléchargement payant. Ils nous ont convaincu qu'il fallait le faire. En même temps on est pas contre. Ce truc était vachement adressé aux fans. Les fans, ce qu'ils veulent c'est l'objet. Donc quelque part c'est un non-sens mais c'était le seul moyen de sortir quelque chose avant l'album.»
C'est toujours sain d'avoir une vue artistique différente de sa maison de disque ?
Eiffel : «On n'a pas lutté beaucoup par rapport à ça. Par rapport à d'autres trucs oui ! (rire) Ce n'est pas un conflit mais il faut être toujours super attentif, suivre en permanence. Par rapport à l'objet, ils ne sont pas assez exigeants. Ca c'est clair. Souvent c'est fait au dernier moment, à toute vitesse et sans sens. Alors que nous on veut que chaque texte du livret ai une image bien précise qui l'illustre. C'est du boulot et on y tient. T'empaquettes pas 6 mois de ta vie dans du papier chiotte. Bon ça peut être un concept arty que tu défends aux bains douches (rire) mais non ! On veut quelque chose qui dans 10 ans, si ce n'est d'en être fier, a au moins l'avantage de ne pas nous faire rougir. Ce n'est pas prétentieux mais on essaye de faire quelque chose d'intemporel.»
Cette étiquette avec les médias de groupe engagé, ne doit pas être tous les jours facile à accepter ?
Eiffel : «On s'y est peut être mal pris. Notre but n'est pas de nous faire comprendre mais de nous faire plaisir. Mais on fait attention à la manière dont on agence les choses. En France tu es classé très facilement. Eiffel n'est pas carté, on a un petit public sympathique, on sait que les disques on va en vendre un peu, mais cartonner sûrement pas. Le problème, c'est que les médias n'écoutent plus. Dans ce disque, il y a un peu de tendresse, un coté branleur avec de l'humour et on ne le voit pas.»
   
Propos recueillis par Pierre Derensy
     
     
     
     
 Artiste
 Eiffel


 News Date publication
 Eiffel à l’Olympia 12/11/2007
 Eiffel à l’Olympia le 19 novembre 19/09/2007


 Video(s) Titre
  Eiffel : Where is my mind (Version acoustique)


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