Waxx-Music
   
Rechercher par artiste ou mot clé
 
Waxx mobile
 
Accueil > Artistes > Interview > Empyr
 
Interview de Empyr
Empyr
   
"Est-ce qu'il y a vraiment une mode dans le rock aujourd'hui ?"
   
La sortie d'Unicorn a été retardée de plusieurs mois, pourquoi cela ?
Ben (chant) : Ouais il devait sortir en novembre. Mais il y a les fêtes de Noël, alors on a préféré le sortir une fois que les gens auraient leur argent de Noël. Et peut-être même les étrennes dans certaines familles.

Fred (guitare) : Et ça nous permet de répondre à des interviews aussi.

Florian (guitare) : La maison de disque a considéré qu'il fallait encore un peu de temps pour faire la promo du disque avant de le sortir. On aurait pu le sortir, mais on n'aurait pas fini ce qu'il y avait à faire en amont. Ce qui prouve qu'ils sont quand même sacrément motivés sur nous.

Ben : Ouais ils ne veulent pas louper la sortie.

Florian : Ils ne veulent pas louper la sortie, et nous non plus.

Ben : C'est mieux que ma version ce que tu viens de dire en fait.
Musicalement par contre, l'album est terminé depuis quand ?
Ben : On a dû le terminer en avril 2010.

Florian : C'est ça.

Fred : Après il y a tous les visuels, l'intérieur du livret, la pochette...
Le titre, Unicorn, à quoi fait-il référence ?
Ben : Et bien celui qui en parle le mieux n'est pas sur ce canapé pour répondre aux questions. Mais d'après ce que j'ai compris : la licorne est un animal qui évoque un peu la sensualité, et on peut même considérer la corne comme un élément phallique, ne tournons pas autour du pot. Et il y a pas mal de paroles dans le disque qui évoquent la sensualité, le côté charnel, des fois des choses plus osées, ou d'autres chansons plus romantiques et poétiques. Mais ça tourne beaucoup autour de ça.
Il y a un gros changement entre le premier disque et celui-ci, est-ce qu'on peut dire que le premier découlait de vos influences musicales et que Unicorn correspond à ce que vous êtes aujourd'hui sur les plans musicaux mais aussi personnels ?
Fred : C'est une très bonne réponse.

Ben : Tu as clairement répondu à ta question. C'est exactement ça. Je ne vois même pas trop quoi ajouter. Je vais dire la même chose en fait. Non mais c'est vrai que le premier album, on était potes depuis longtemps, à tel point qu'on s'est dit que ce serait cool de faire de la musique ensemble. On s'est retrouvés dans le local de répète, sans se poser trop de questions, à sortir des airs et des mélodies de façon assez instinctive, et ça a donné "The Peaceful Riot". Et pour le deuxième album, on a vraiment eu plus de réflexion en amont. On s'est dit qu'on allait essayer de casser tous nos systématismes en matière de composition. Au lieu de partir de guitare-voix, on allait partir d'un beat, ou d'une nappe de synthé ou d'un son bizarre qu'on trouvait cool. Et moi j'ai vachement plus posé des mélodies sur des instrus qui étaient déjà faits, et ça donne forcément des trucs plus différents. Donc cette nouvelle façon de composer a donné des choses différentes, et c'est pour ça qu'il y a un petit gouffre, ou au moins un virage en tout cas, entre les deux albums, parce qu'il y a cette volonté de faire un truc différent. Nous on fait de la musique tous les cinq depuis de nombreuses années, et pour continuer à être autant excités par cette passion, ça passe par des choses différentes. Et quand on a fondé le groupe Empyr, on s'est dit qu'on allait pas faire tel type de musique et la faire pendant dix ans. Là on a fait cet album comme ça parce que c'est comme ça qu'on est, mais on ne s'interdit pas de repartir dans d'autres directions. Après c'est dangereux, par rapport aux fans, qui peuvent être surpris, mais je pense que tant que nous on est excités par ce qu'on fait, on peut le faire ressentir, et c'est plutôt comme ça qu'il faut fonctionner je crois.
Entre les deux albums il y a aussi eu l'EP "Skin", qui me fait penser à un pont musical entre les deux disques, c'était son but ?
Ben : En tout cas ce n'était pas calculé, mais c'est le cas, effectivement. Il y a un coté énergique, et plus pop que certains titres de "Peaceful Riot", ça fait bien la jonction avec celui-là, effectivement. T'as bien bossé quand même, je dois le reconnaître !
Vous comprenez quand même les commentaires des gens qui peuvent vous taxer d'opportunistes, comme vous changer encore une fois de style musical pour essayer de coller à la mode ?
Florian : Il y a toujours des commentaires de toute façon. Si tu fais la même chose ou bien si tu changes. Donc finalement tu fais ce que tu as envie de faire. Celui d'avant n'était pas tout à fait à la mode il y a quatre ans non plus. Je pense qu'il était un peu hors-mode le premier album. C'était en effet un peu un mélange avec des trucs des années 90 et des trucs plus modernes, ce qu'on écoutait quand on était ados quoi. Ce n'était pas spécialement la mode des grosses guitares il y a quatre ans. Et on est aussi forcément influencés par ce qu'on écoute, et par les modes. Il y a des trucs qui nous plaisent ou pas, et on a pioché. Après dans l'avis des gens, il y a toujours de tout.

Fred : Est-ce qu'il y a vraiment une mode dans le rock aujourd'hui ? Moi j'en doute. Je n'ai pas l'impression d'être à la mode. On est un peu les seuls dans notre pays à faire ce style-là. L'autre jour on cherchait un groupe avec qui partager des scènes, et en fait on ne sait pas trop à qui demander, parce qu'à part les grosses machineries... On est à la mode et à la fois pas trop, on ne sait pas trop où se placer. On n'a pas d'étiquette. Un coup on va planter des riffs, un coup on va partir dans la pop, ou dans une ballade plus sombre. On est crossover sur plein de style. Le troisième album risque aussi d'être différent.

Ben : On est là pour s'amuser quand même. Pour continuer à être aussi excités, à avoir autant de fougue qu'avant.

Florian : C'est quand tu te retrouves face à ton public que peut-être tu peux te dire que tu te situes dans telle vague ou mode. Mais je pense qu'on a pas mal de chemin à faire pour trouver cette identité qu'on cherche.

Ben : Rien ne dit que sur le troisième album il n'y aura pas à nouveau des gros riffs ou du chant hurlé comme sur certains passages du premier. On ne s'interdit rien du tout. Et comme dit Flo de toute façon il y a toujours des gens pour dire du mal. Tu ne fais jamais l'unanimité. De temps en temps il y a des commentaires pertinents, il faut avoir l'humilité d'en tenir compte. Mais c'est assez rare.

Florian : Et on avait 10-11 morceaux pour le premier album, et pour l'univers qu'on voulait proposer c'était assez court. Là avec les 2 qui sortent l'un après l'autre, ça définit plus ce qu'on peut écouter et qu'on aime, et sur scène ça permet un changement d'identité.

Ben : Oui, sur un concert d'1h30-2h, c'est vachement bien de pouvoir avoir des titres super différents pour donner du relief et ne pas avoir de temps mort. C'est plus facile qu'à l'époque où on n'avait qu'un disque et qu'on devait le jouer dans son intégralité.
Et justement pour aménager la set-list est-ce que ce n'est pas trop compliqué de passer d'un registre à l'autre, d'un point de vue de cohésion mais aussi technique, avec des guitares qui ne sont pas forcément accordées de la même manière selon les morceaux ?
Fred : Ah si ça par contre c'est chiant. Ouais c'est sûr qu'il va falloir bosser ça, avec l'ingé-son notamment, pour que les morceaux s'enchaînent bien et que le son reste cohérent. Mais le premier album était aussi vachement pop, peut-être avec un magma sonore plus années 90, quatuor musical et tout, mais il est quand même bien pop. Enfin ça va, ça ne sonne pas comme 2 groupes différents.

Ben : Ouais il va falloir que ça enchaîne parce que je ne suis pas très bon pour les petites phrases entre les morceaux.
Vous avez bossé comme sur le premier avec Ken Andrews, est-ce parce qu'en France on ne sait pas produire ce type de son, ce genre de musique ?
Ben : On l'a clairement choisi pour ça. Peut-être qu'en France ça existe, mais on ne les a pas rencontrés ou ils n'ont pas encore émergé. Mais c'est vrai que sur le premier on était influencés par des groupes américains ou anglais donc on est allé chercher le son là où il est, en Californie. Et lui appartenait à cette scène assez indé, fin du grunge. Il a travaillé avec des gens différents, et il est bien branché sur des trucs électro. Il a ce son assez fat, assez large en plus, donc ça nous convient bien.

Florian : Et il fallait aussi quelque chose qui fasse le lien entre les 2. On a changé la façon d'écrire, la position des éléments dans certaines chansons -des fois le synthé est plus fort que les guitares- alors garder le même réalisateur ça nous a rassuré un petit peu. On se disait qu'on allait partir dans tous les sens, mais il nous rassurait.

Fred : C'est vrai que quand tu as un mois d'enregistrement, si déjà tu connais le gars, il y a plein de choses qui vont beaucoup plus vite. Il y a en a qui sont peu... disons durs. Ken a cette palette qui nous convient pas.
Paradoxalement cet album est plus enjoué alors qu'il a été enregistré en Bretagne et en Suède, qui ne sont pas les endroits les plus ensoleillés du monde, alors que le premier avait été conçu en Californie...
Ben : On s'est fait la réflexion. On ne sait pas pourquoi on fonctionne comme ça. C'est un état d'esprit qui se retrouve sur le disque, et pour Unicorn on voulait que ça danse, on était dans un état d'esprit positif, et encore une fois il y avait ce soucis de faire des choses différentes. Le côté sombre on l'avait largement exploré les années d'avant, on sait le faire.

Florian : Sous la neige de Bruxelles. En novembre-décembre... en plus à Bruxelles il fait nuit toute la journée. Mais c'était cool. En plus lui il est venu en sortant de son univers, il faisait partie du groupe comme un sixième membre, on vivait tous à côté dans un petit hôtel. Donc la réalisation a pris un pas supérieur. C'est allé un peu plus loin.
Comment le morceau "It's Gonna Be" s'est retrouvé sur le trailer de la nouvelle saison des Experts aux USA ?
Ben : En fait nous on n'y est pas pour grand chose. A part avoir écrit le titre. Je crois que c'est Sony qui a envoyé l'album un peu partout, et on a eu des bons retours en Australie et aux Etats-Unis. Je me souviens de l'éditeur qui me disait "déjà ils ont répondu, ce qui est assez rare". Donc on était assez contents, d'autant plus que le disque est en anglais, donc par rapport aux paroles et à l'accent, même si il n'est pas parfait. Et un jour on a un mail de CBS pour utiliser "It's Gonna Be" pour le trailer, donc on a dit "ou, carrément". On n'y croyait pas. Le nombre de groupes qui doivent postuler pour ça... Il y a des millions d'américains qui ont entendu cette petite chanson qu'on a écrit dans une petite pièce avec un petit synthé. Donc ouais, super contents. Ca nous ouvre des portes. Je sais qu'on a une petite ? tout est petit- promo indé, donc peut-être qu'on fera des choses là-bas.

Florian : Tu as souvent des ouvertures pour ce genre de choses, mais 29/30 ça ne se fait pas, donc là pour une fois ça s'est fait.

Fred : Il va falloir attendre une trentaine de fois avant le prochain, mais là c'est c'est cool parce que ça s'est fait.
Le morceau est aussi illustré en clip vidéo, qui fait très art contemporain, et auquel je n'ai rien compris... c'est quoi le concept au juste ?
Ben : Alors toi qui fais toutes les réponses depuis le début j'aurais bien aimé que celle-là tu nous la donnes !

Florian : Oui c'est un clip très esthétisant, je ne pense pas qu'il y ait trop de fond.

Ben : La seule explication que j'ai c'est qu'on a fini par s'avouer tous les 5 que les dimanche après-midis sur Arte on regardait tous le même documentaire animalier. Non mais c'est vrai que c'est un clip très esthétisant, et ça nous sort un peu des trucs rock habituels. On avait plus envie d'avoir un son à nous, plus unique, et qu'au niveau de l'image c'était bien d'avoir aussi un truc qui change, sans playback ou de jump, même si je pense que sur scène ça va quand même latter hein. Le naturel revient au galop.

Fred : Dans le clip de l'album précédent on avait une esthétique assez rock. On a eu envie de couleur, de trucs bizarres. Ca nous faisait un petit peur. Et aujourd'hui ton clip officiel doit être marqué, mais il y a plein d'autres choses que tu peux mettre sur internet, et ça permet aux choses de s'équilibrer.
Il y a un passage rappé sur "Do It", c'est un featuring ?
Ben : Oui, c'est ma seconde personnalité, car je suis schizophrène. Non non c'est moi. J'ai toujours eu un chant vachement mélodique, mais j'écoute vachement de rap US. Ca fait des années que j'avais envie de le faire, et dans le groupe ça les intéressait aussi d'avoir un chant plus rythmique. Ca tombe bien du coup on va continuer à faire de la musique ensemble ! Là on ne fait que l'aborder, sur disque c'est cool et je pense que c'est très cool sur scène.
Ce côté dansant que vous avez donné fait des fois penser aux Killers. Ils font partie de vos influences pour ce disque ?
Ben : Ouais moi j'adore.

Fred : Les Editors aussi, même si c'est plus sombre.

Ben : Il est très électro leur dernier disque d'ailleurs.

Florian : Il y a Phoenix. Et Biffy.

Fred : Ouais Biffy Clyro c'est clairement ce qu'on écoute, mais je ne pense pas que ça se ressente dans notre musique.

Ben : Après on est pas des intégristes du rock. On peut bien kiffer des trucs de la pop, ou même du R'N'B. Enfin pas du R'N'B français, faut pas déconner non plus... Mais quand il y a un Beyonce, un Katy Perry, même un Justin Timberlake bah c'est du bon quoi. On aime pas danser, mais on aime bien quand la musique danser.

Fred : Mais techniquement on n'a pas enregistré avec la même batterie, et là le son de cette caisse claire te donnait l'impression que Michael Jackson allait débarquer dans la pièce. C'est surtout ça qui donne ce côté très dansant.
Il y a beaucoup de titres sombres aussi, vous cherchiez à régler le contraste sur le disque ?
Ben : Oui. Sur Unicorn il y a beaucoup d'expérimentation, la moitié du disque est composée de choses nouvelles, mais il y a aussi des éléments rock qui reprennent l'album précédent.

Florian : C'est aussi parce qu'on aime ça.

Fred : On aime bien aller dans plusieurs directions différentes.

Ben : Et on ne prend que les morceaux les plus réussis. A chaque fois qu'on en fait un, on a 30-40 morceaux, et on cherche à avoir un équilibre dans le disque.
Vous venez tous de groupes différents, est-ce qu'ils sont tous morts et enterrés ou simplement en pause ?
Ben : Disons que depuis 5 ans notre priorité est Empyr. Ca marche bien entre nous et on aime faire de la musique ensemble. On est toujours bien avec les autres membres des autres groupes, mais c'est impossible de dire aujourd'hui.

Fred : Tu décides après la tournée. Souvent tu te dis que tu vas prendre des vacances, et en fait tu refais un disque.

Florian : Ca serait cool de faire une tournée avec tous les groupes. Watcha, Vegastar...

Ben : Le "Tonton Tour", avec les mêmes groupes. Et Empyr en tête d'affiche bien sûr.
   
Propos recueillis par Sébastien Delecroix
     
     
     
     
 Concerts billetterie
EMPYR
Le 2012-02-25 22:00:00
MOULIN A DANSES - GENEVE De 19,14€ à 19,14€
EMPYR - DRESS
Le 2012-02-24 21:30:00
ROCKING CHAIR - VEVEY De 19,09€ à 19,09€


 Artiste
 Empyr


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Empyr" 03/06/2011


 Chronique(s) Date publication
 Empyr : Unicorn 11/05/2011
 Empyr : Unicorn 11/05/2011
 Empyr : Skin 10/06/2009


 News Date publication
 Empyr, nouvel album et un concert 22/11/2010
 Empyr kiffe E.T! 17/05/2010


 Aftershow(s) Date publication
 Empyr : Bring The Noise festival 2010 08/12/2010



Mon espace |           Pas encore inscrit ?

LOGIN :
PASSWORD :
*Vous avez oublié vos identifiants : cliquez-ici