| "Cet album est l'album de Green Day le plus influencé par Green Day" |
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| Est-ce que "21st century Breakdown" est la suite d' American Idiot, la seconde partie, la revanche, quelque chose comme ça ? |
| Billie Joe Armstrong (chanteur-guitariste) : Non, je pense que nous étions allés dans une nouvelle direction avec American Idiot. Nous étions inspirés, nous cherchions à continuer d'avancer artistiquement, d'explorer des territoires musicaux plus profonds, jouer davantage avec les dynamiques, des trucs comme ça. |
| Sur cet album vous avez travaillé avec Butch Vig. C'est la première fois que vous n'avez pas collaboré avec Rob Cavallo. Pourquoi ? |
| BJ : Rob partait dans une autre direction, et je pense que nous avons travaillé avec la même personne depuis si longtemps qu'on se disait un peu: "On se fait vieux, il faut qu'on travaille avec d'autres personnes". Nous avions pensé à Linda Perry, et nous en avions parlé un peu avec elle, pour aller dans une direction complètement différente. Elle était vraiment cool, mais elle n'était pas bonne pour le projet. On savait que Butch était capable de réaliser un bon album. Il semblait être la seule personne qui n'était pas intimidé pour travailler, surtout après le succès du dernier album. On s'est tous rencontrés, et alors que toutes nos idées s'éparpillaient en plein de directions, il nous a aidé à développer nos idées, il a apporté de la classe. C'est un mec vraiment super, et je pense qu'il nous a permis d'avoir le son le plus brillant que l'on ait jamais eu. |
| C'est la seconde fois que vous travaillez sur un concept album. American Idiot en était un, et celui-ci aussi avec les trois parties. pouvez-vous expliquer de quoi parlent ces trois parties ? |
| BJ : L'été dernier, j'étais en train d'écrire les paroles, et personne n'avait aucune idée de ce dont je parlais dans les chansons. Je veux dire, ces deux gars ne savaient pas. Je me suis assis avec les paroles et je leur ai lues. Il y avait beaucoup de chansons, mais toutes étaient tellement bonnes que nous ne voulions en mettre aucune de côté. On a commencé à trouver des sujet communs dans les paroles. L'un était "Heroes & Cons", puis "Charlatans & Saints" et "Horseshoes & Handgrenades". Cela nous donnait un thème créatif différent pour ces chansons particulières dans chaque section. Et je pense que c'était un moyen très créatif, plutôt que d'avoir "morceau 1", "morceau 2", quelque chose comme ça. On pouvait caser cela en 3 actes et en quelque sorte, quand on a un disque qui ressemble à ça il faut être aussi créatif que possible. |
| Tous les fans se demandent pourquoi vous avez mis si longtemps ? |
| Tré Cool (batteur) : Avec American Idiot nous avons été en tournée pendant environ 2 ans, et après ça nous sommes rentrés à la maison, on a recommencé à avoir une vie, sortir avec nos amis et nos familles. Mais aussi retournés en studio, écrire des chansons et jammer ensemble, des trucs comme ça. On voulait faire un album ambitieux, le meilleur de notre carrière, donc nous avons pris notre temps. |
| Et à propos de l'album d'avant, Foxboro Hot Tubs, est-ce que c'était pour vous reposer avant l'album plus ambitieux ? |
| Mike Dirnt (bassiste) : Durant le processus d'écriture, on aime être ensemble et juste jouer pour nous amuser. On était ensemble et on a bu pas mal de vin un soir. On a écrit quelques chansons plutôt garage et british, on s'est bien marrés à faire ça. On en attendait rien à part nous amuser. Je pense que c'est bien d'avoir fait ça entre les deux, ça fait des sortes de vacances, puis on est retournés au travail pour 21st Century Breakdown. |
| L'album précédent était un opéra-rock, vous avez décrit celui-ci comme de la power pop. Pouvez-vous expliquer ? |
| BJ : J'ai utilisé ce terme parce que, je ne sais pas, je crois que les différentes influences d'où peuvent provenir le power pop sont des vieux groupes comme peut-être The Creation, The Who, The Cheap Trick, The Germs, The Undertones ou même les Ramones, Husker Dü... C'est comme essayer d'emmener tout ça dans une nouvelle direction, en faire quelque chose de frais avec des arrangements dans les chansons qui explorent différents territoires, des sonorités imprévisibles. Mais de faire tout ça avec la lourdeur des guitares et des percussions, c'est de là que vient le "power". |
| Quelle est votre relation avec le public français ? |
BJ : Nous venons ici depuis 1994...
Mike : Oui. Nous ne sommes jamais restés ici suffisamment longtemps. En fait je suis venu ici en vacances et j'ai passé pas mal de temps à Paris il y a un an et demi, c'était très sympa. J'ai probablement dû marcher 500 miles, ce qui n'est rien comparées aux 5 miles que j'ai marchés hier, mais il n'y a pas de meilleur endroit au monde pour se perdre que la France.
Tré Cool : Ou on peut se perdre dans une bouteille de vin français, c'est bien aussi. |
| Quel regard portez-vous sur le 21ème siècle ? Est-ce qu'il est pessimiste ? |
| Tré Cool : Il y a une lueur l'espoir, c'est sûr. Nous vivons des temps un peu dingues, il y a des tragédies et des crises tous les jours autour du monde, et on regarde en avant, vers un meilleur futur. On essaie de faire abstraction de toutes ces conneries chaque jour. |
| Avec l'album d'avant, vous avez élargi votre public à une audience plus adolescente. Est-ce que c'est quelque chose de bien pour vous, d'être devenus des stars adolescentes ? |
BJ : Est-ce que c'est drôle d'être une star ado ?
Tré Cool : Elle pense que nous sommes des adolescents.
Mike : Je me suis toujours vu comme une star ado, même quand j'étais adolescent.
BJ : C'est génial de voir de nouvelles générations de jeunes gens qui viennent aux concerts. C'est très intéressant de voir que certains fans, qui viennent depuis Dookie, ont grandi et ont maintenant des enfants qu'ils emmènent en concert. Il y a ce couple qui avait amené son bébé à un concert en 1994, et maintenant cet enfant vient avec ses parents en concert. |
| Pour en revenir à la musique sur cet album. Il est très proche du précédent, mais certaines chansons, comme "Peacemaker" ou "Viva la Gloria (little girl)", avec un côté plus acoustique, rappellent un peu Warning. Est-ce que c'est quelque chose que vous vouliez apporter à cet album ? |
| Mike : Je pense que cet album est probablement le plus influencé par notre passé, plus que tous nos autres disques. On peut le voir si on regarde nos autres albums, on va y retrouver des similitudes, des trucs acoustiques, des arrangements de corde de nos albums précédents. On peut voir l'évolution, mais jusqu'ici cet album est l'album de Green Day le plus influencé par Green Day. |
| Comment décririez-vous les trois parties de l'album ? En terme d'influences et de styles ? |
| BJ : Je crois que musicalement, le premier acte part dans quelque chose de power rock puis dans quelque chose de plus diabolique, et finalement quelque chose de doux. Le suivant, "Charlatans & Saints", part plus dans quelque chose comme dans la chanson dont nous parlions juste avant, "Peacemaker". Il y a une influence du Moyen-Orient, quelque chose comme ça, il y a plus de diversités. Le troisième, c'est en quelque sorte dans celui-ci que la power pop prend forme, que ça sonne comme du pur Green Day. |
| Est-ce que vous ressentez de la pression pour cet album ? |
BJ : Je pense que nous essayons juste de trouver un sens au chaos qu'il y a avec toutes les différentes crises chaque semaine. Vous savez, il y a... celle-là, la grippe. Désolé je vais mettre un masque.
Mike : Des catastrophes naturelles, des guerres...
BJ : Oui est encore concernés par deux guerres. Pour moi, il faut trouver du sens à tous ces trucs, trouver du sens au chaos. C'est comme ça que tu découvres ta personnalité et comment affronter tout ça. |
| Tré Cool, tu as déclaré que si la discographie de Green Day était un musée, alors American Idiot en était le chef d'oeuvre. Quelle serait la place de 21st Century Breakdown ? |
| Tré Cool : On peut avoir plus d'un chef d'oeuvre. Je suis allé au musée de Dali et il y avait au moins 5 chefs d'oeuvre, plus grands que ça. Je pense qu'il serait juste à côté. Le mur des merveilles. |
| Quelle sera la part des nouvelles chansons pendant les concerts ? Combien d'anciennes chansons allez-vous continuer à jouer ? |
| Mike : Je pense qu'élaborer la set list va être très difficile. A chaque nouvel album c'est quelque chose de délicat. On adore les chansons de Dookie, on adore les chansons d'Insomniac et Nimrod, donc nous voulons jouer toutes ces chansons aussi, mais nous voulons aussi présenter 21st Century Breakdown dans les meilleures conditions possibles. Alors des fois, pour des occasions spéciales, on trouve une jolie salle et on le joue du début à la fin. Mais la plupart du temps on essaie de tout faire. Parce qu'on aime toutes nos chansons. |
| Et vous arrivez à rendre tout ça cohérent ? Les nouvelles chansons sont power pop, avant c'était une autre pop et encore avant plus punk... |
Tré Cool : Tout est du Green Day.
BJ : Oui c'est du Green Day. Elles vont bien ensemble. On a joué à Cologne la nuit dernière, on a joué beaucoup de vieilles chansons et on a joué des nouvelles. Ca le faisait plutôt bien. Les gens dansaient, donc c'est plutôt bon signe! |
| American Idiot va être adapté en comédie musicale. Pouvez-vous nous en parler, est-ce que l'on pourrait voir ce spectacle en France un jour ? |
| BJ : Nous avons été approchés par Michael Mayer, qui a fait Spring Awakening. Ca nous a étonnés, parce qu'on trouvait que c'était l'idée la plus dingue qui soit, mais on s'est aussi dit que ça pourrait marcher. On lui a dit de foncer, de trouver des acteurs et des chanteurs, et que l'on viendrait vérifier si tout cela collait bien. Nous sommes allés à New York pour regarder ça, et on a trouvé le spectacle brillant. Ce qu'ils faisaient n'était aucunement conventionnel dans la manière de réaliser un spectacle de music-hall. Ca n'avait pas l'air vieux comme Cats ou quelque chose comme ça, c'était sexuel, dangereux, sans intermèdes, ça fonçait, c'était puissant, c'était fou ! Ils ont eu de bonnes idées, donc ça va commencer au Théâtre de Berkeley, et on verra ce qui peut se passer après ça. |
| Qu'est-ce que le punk pour vous aujourd'hui ? Vous-mêmes vous tournez vers de la power pop, est-ce qu'il reste des punks aujourd'hui ? |
| Mike : La scène d'où nous venons était très diverse. Il y avait beaucoup de différences. Il y a tellement de définitions différentes du punk-rock... Les groupes avec qui nous avons grandis étaient très ambitieux, il suffit de regarder un groupe comme Fugazi, ou les Dead kennedys, ou Operation Ivy. Ou tous ces groupes locaux que je ne peux pas nommer, ils étaient tous ambitieux et cools. Certains d'entre eux étaient marrants, d'autres très impliqués politiquement, beaucoup de choses différentes. Nous n'avons jamais pensé qu'il y avait une limite à ce que nous faisions. Nous avons toujours voulu être sans limite et ambitieux, et c'est de là que nous venons. Et on y sera toujours. |
| Qu'est-ce que vous aimeriez faire maintenant ? |
BJ : Je ne sais pas.
Tré Cool : S'amuser.
BJ : Oui juste nous amuser et partir en tournée avec cet album. Et... Je ne sais pas, pourquoi tu me mets autant la pression ? |
| Désolé, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. |
| BJ : Merci, c'est ce que je veux entendre. C'est une bonne réponse. Je ne sais pas je veux juste partir en tournée avec cet album. En fait j'aimerais que l'on parvienne à mélanger tout ça, que l'on joue dans de grandes salles mais aussi dans des endroits plus petits, plus intimistes. Et juste prendre du bon temps, boire des coups, et que tout le monde chante ensemble. |
| Pourquoi avoir choisi les noms de Christian et Gloria comme personnages ? Est-ce que ça a à voir avec la religion ? |
| BJ : Je pense que quelque part j'avais un espèce de fétichisme religieux derrière la tête. Je ne sais pas trop pourquoi. Il y avait juste deux personnages, et j'ai écrits leurs noms en pensant à ce qu'ils pouvaient représenter. Il y a Gloria, qui selon moi est le personnage principal de l'album. C'est quelqu'un qui va porter le flambeau, elle va tout faire pour défendre ce en quoi elle croit. C'est une attitude très punk-rock, elle a un sens de la rebellion. Christian, d'un autre autre côté, est quelqu'un de nihiliste et auto-destructeur, c'est un peu l'autre côté de l'album. Il n'y a pas d'histoires linéaires entre ces deux-là, beaucoup de personnes pensent qu'ils sont liés de façon romantique, mais ils pourraient très bien ne même pas être deux personnes différentes. Il pourrait s'agir d'une même personne avec deux personnalités. |
| Est-ce que la chanson "Last Night On Earth" est dédicacée à ta petite amie, ou ta femme ? |
BJ : Heu... oui.
Mike : Aux deux. A sa petite amie et à sa femme. |
| La chanson "Last Night On Earth" sonne assez Beatles, vous aviez repris la chanson "Working Class Hero" de John Lennon : comment définiriez-vous l'influence des Beatles sur votre musique ? Et quel est votre Beatles favori ? |
BJ : Ringo.
Mike : George.
BJ : Les Beatles ont toujours été une influence. J'ai grandi avec eux. Ils ont été en quelque sorte nos professeurs pour de nombreuses choses. J'aime le sens de la mélodie de McCartney, et la sincérité de John Lennon. Ils ont toujours été une influence pour nous.
Tré Cool : Pete Best ! (batteur avant Ringo Star, ndr) |
| Billie Joe, tu as toujours été aimé les ballades, comme "Times Of Your Life" ou "Wake Me Up When The September Ends", est-ce que c'est quelque chose que tu as essayé de mettre de côté pour cet album ? |
| BJ : De mettre ça de côté ? |
| D'en mettre moins ? |
BJ : Ah d'en mettre moins ! Je ne sais pas, il y a des chansons comme "Last Night On Earth" ou "Restless Heart Syndrome", "21 Guns". Je veux dire, j'ai appris à jouer moi-même du piano, pour changer un petit peu ma façon d'écrire. Il y a toujours des moments de tendresse sur cet album.
Tré Cool : Je pense que beaucoup de briquets vont s'allumer sur ces chansons. |
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| Propos recueillis par . Conférence de presse
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