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Interview de Hadouken!
Hadouken!
   
"Si en tant que groupe, tu commences à écrire des chansons en pensant à quel genre de critiques ça va te rapporter, tu arrêtes de faire de la bonne musique"
   
Tout d'abord, pouvez-vous vous présenter au public français ?
James : Je suis James
Dan : Je suis Dan
James : … et nous sommes dans Hadouken! On est un groupe basé à Londres, au Royaume-Uni, et on vient juste de sortir notre deuxième album après trois ans d'existence. On est actuellement en train de tourner en France pour la première fois. C'est très excitant pour nous.
Vous êtes très connus en Grande-Bretagne mais pas encore en France. Est-ce excitant pour vous de devoir refaire vos preuves ici ?
C'est un challenge différent et on est toujours partants pour un nouveau challenge. Ça nous donne l'occasion de rejouer dans des petites salles, mais on espère bientôt pouvoir jouer dans des grosses salles ici aussi.
Trois ans, n'est-ce pas un peu court pour atteindre un tel succès ?
Non, on apprécie vraiment ce qui nous arrive, on prend les choses comment elles viennent. On essaye toujours de tout donner au quotidien et on travaille très dur pour ça. On veut donner notre meilleur à chaque show.
Quelle est la plus grosse différence entre votre premier album et celui-ci ?
Je pense qu'on voulait faire quelque chose de plus dynamique. C'est aussi plus mature, mais sans perdre le côté fun du premier album. On voulait aussi développer notre son pour ne pas avoir l'impression de nous répéter indéfiniment. Je pense qu'on a réussi sur ce nouvel album.
Qu'avez-vous fait pour distinguer ces deux albums en matière de son ?
On a pris des producteurs différents sur celui-ci, des gars de Hollande qui s'appellent Noisia. Ils font pas mal de drum'n'bass et d'électro et ce sont eux qui ont amené un nouveau son à cet album. On voulait qu'ils apportent un côté encore plus "dance" à notre musique, ce qu'on n'aurait pas su faire nous-même. Ils ont aussi un peu collaboré à l'écriture de l'album, ce qui nous a vraiment aidés à nous trouver. On est très heureux du résultat.
Penses-tu que trois ans soient suffisants pour évoluer en tant que groupe ?
Oui, mais on a aussi conscience qu'il nous reste beaucoup de chemin à parcourir. C'est bien de voir qu'il nous reste encore pas mal de marge de manœuvre pour nous améliorer et progresser.
Le son de ce deuxième album est plus lourd, était-ce voulu ?
Oui, on voulait aussi que les chansons soient un peu plus sombres, pour que ce soit plus amusant à jouer sur scène. Après avoir tourné pendant longtemps avec les morceaux du premier album, on s'est choisi un nouveau territoire à explorer, et on prend encore beaucoup de plaisir à jouer ces nouvelles chansons, ce qui est une bonne chose.
Y-a-t'il de nouvelles influences qui sont venues se greffer sur votre musique entre temps ?
C'est assez dur à déterminer, mais je dirais beaucoup de dance music. Je ne pourrais pas citer un groupe en particulier, mais plutôt des chansons isolées. On a écouté pas mal de bassline et de house, et ça a peut-être un peu influencé ce nouvel album. Mais je n'ai pas UN artiste particulier en tête.
On vous compare souvent aux Chemical Brothers ou à The Prodigy, en avez-vous marre ou est-ce plutôt flatteur ?
On est flattés d'être comparés aux groupes que tu viens de citer parce qu'ils sont parmi les plus grands producteurs de dance music au monde. On les admire vraiment, ces sont les parrains de la dance et on a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de les égaler. On revient à cette idée de marge de progression.
Vous avez fait pas mal de remixes, qu'est-ce qui vous intéresse dans cet exercice ?
Les remixes sont intéressants lorsqu'ils proposent une nouvelle vision d'un morceau déjà existant. Tu vois ta musique – ou celle des autres – prendre une toute nouvelle direction, c'est quelque chose qui m'a toujours fasciné. C'est assez dur en fait d'avoir un vrai bon remix qui rende une chanson encore meilleure que l'original. Et c'est ce qu'on essaye d'atteindre quand on fait un remix.
Vous considérez-vous comme un groupe de l'ère Internet ?
Absolument, oui. Nous n'aurions même pas pu faire de la musique sans Internet puisque nous n'aurions même pas pu trouver les programmes qui nous ont permis de commencer. C'est une vraie révolution pour nous.
Dans leurs titres, vos deux albums sont "pour" quelqu'un. Le premier pour "une culture accélérée", le second pour "les masses". Explication ?
Tu diriges toujours ta musique quelque part ou vers quelqu'un. "For the masses" s'adresse à nos fans et plus généralement aux gens. C'est ce qui nous définit : on ne fait pas de la musique pour nous, mais pour tous les autres.
Pourtant vous avez sorti un maxi qui s'appelait "On n'est pas là pour vous faire plaisir"…
Dan : Ça s'adressait plus aux médias et aux critiques en général. On revient donc à cette idée de "pour les masses", c'est-à-dire les foules de gens qui viennent à nos concerts. On ne fait pas de la musique pour avoir l'approbation de qui que ce soit, mais seulement faire en sorte que ceux qui viennent aux concerts passent un bon moment. Si en tant que groupe, tu commences à écrire des chansons en pensant à quel genre de critiques ça va te rapporter, tu arrêtes de faire de la bonne musique. Ce n'est pas comme ça que ça marche.
Vous avez produit des chansons pour MEG, une artiste japonaise. Est-ce que vous aimeriez produire pour d'autres personnes dans le futur ?
Pour tout dire, on l'a fait parce que c'était une bonne opportunité de travailler avec une artiste japonaise complètement folle. On s'est bien marrés à le faire, mais on se concentre d'abord sur notre propre musique et on n'a pas forcément le temps de travailler avec d'autres groupes. Mais on le fera peut-être plus à l'avenir…
Comment appréhendez-vous la scène ? Est-ce assez différent en live ou plutôt proche du disque ?
James : C'est un petit peu des deux.
Dan : Nos prestations live sont assez différentes, car nous n'avons jamais voulu être un de ces groupes de musique électronique qui se contentent de rester derrière leurs ordinateurs et font semblant de tourner un potard de temps en temps. On n'a jamais voulu faire ça. On a toujours aimé des groupes de punk et de metal et on voulait restituer ce genre d'énergie brute à nos concerts. Et à cette énergie live on a essayé d'apporter le plus possible de sons de nos disques, à l'aide de samplers et autres machines. Au final, on retrouve les mêmes morceaux que sur les albums, mais avec une approche plus crue, plus directe.
   
Propos recueillis par Michael Rochette
     
     
     
     
 Artiste
 Hadouken!


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Hadouken!" 08/04/2010


 Chronique(s) Date publication
 Hadouken! : For the Masses 31/03/2010



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