Interview de John Butler Trio |
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John Butler Trio
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| "J'ai envie de dire : Ferme là... Il y a des mecs qui dorment sous les ponts, alors tu n'as pas à te plaindre d'être bloqué dans le trafic ou parce ton I-pod ne marche pas.» |
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| Votre album « Sunrise over the sea » a été classé en tête des charts australiens dès le premier jour, qu’est-ce que cette reconnaissance a changé pour vous ? |
| Le nombre d’endroits où je vais. Avant, je ne me déplaçais qu’en Australie et aux Etats-Unis, maintenant je viens beaucoup en France, en Angleterre, en Allemagne, en Ecosse. C’est génial de voir sa musique reconnue dans autant d’endroits. Cela change que je ne suis plus souvent à la maison, mais comme ma famille vient avec moi, ça va. C’est un honneur d’être le bienvenu dans ces pays, d’être accueilli comme un frère. Spécialement en France, et je ne dis pas ça parce que c’est une interview française. C’était surprenant de voir la manière dont on a été accueillis en France. Comme une vielle famille retrouvée. Les gens m’appelaient avec enthousiasme. J’ai mis des années à avoir ce contact dans les autres pays. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que vous aimez l’art, vous avez une si longue histoire avec l’art et la révolution. J’aime à croire que notre musique est une révolution artistique alors évidemment j’apprécie. |
| Est-ce que ces récents voyages ont changé votre manière d’écrire ? |
| Oui, certainement. C’est toujours enrichissant de voir ce que les autres gens font avec le hip-hop, le reggae, le blues. Toujours intéressant de voir ce que les Allemands font avec le rap. Ils adorent ça là-bas. Ou d’entendre ce que les Français font avec le reggae, c’est une chose cool. J’ai entendu de la musique française, il y a plein de bonnes choses là-dedans, de bonnes énergies. C’était bon sur mon ordinateur de voir la musique s’accumuler, venant d’horizons différents. |
| Où avez-vous enregistré « Grand National » ? |
| On a enregistré deux chansons au Woodstock Studio. On avait quelques chansons déjà et le reste au Sing-Sing Studio à Melbourne. |
| Dans quel état d’esprit étiez-vous quand vous avez écrit cet album ? |
| Plusieurs différents. De l’amour à la colère. Du positif à l’espoir. De la foi, du courage. Avoir du plaisir. |
| Quelles étaient vos exigences ? |
| La seule exigence musicale et artistique était de pouvoir honorer la chanson. Je suis l’employé de la chanson. Je suis le serviteur. Je sers la chanson. Je dois la ressentir puissamment dans ma tête pour pouvoir lui donner vie. Mes musiciens, Michael Barker et Shannon Birchall, sont épatants, ils peuvent aller n’importe où. Je n’ai aucun doute que mon écriture sera sublimée par la musique que je joue avec eux. Je ne dis pas que l’on va jouer du jazz traditionnel ou du jazz gitan, d’ailleurs je n’en ai jamais joué, même si je devrais essayer (rires). La seule exigence était d’être content avec mon art. Et que l’Art soit content de moi. |
| Vous avez écrit certaines chansons durant votre tournée précédente, avez-vous besoin d’être dans un état d’esprit particulier pour écrire ? |
| J’ai juste besoin d’un peu de calme. J’ai eu une petite fille, alors je lui jouais du ukulélé ou on jouait avec ses poupées. Il n’y a pas de règles avec la création musicale, du moment que vous n’en mettez pas. |
| Une des chansons parle de Georges Bush… |
| Non, ce n’est même pas une référence envers qui que ce soit. Evidemment, cela traite d’un personnage qui pourrait être le leader d’une administration, mais cela pourrait être un vice-président ou pas mal de gens dans ce genre là. C’est très frustrant de voir des personnes souffrir et de ne pas pouvoir les aider. Durant la tempête Katrina en Nouvelles Orléans, on était en tournée à cette époque, et de voir tous ces gens de la première puissance militaire mondiale aller en Afrique pour anéantir des villes entières et de ne pas pouvoir aider leurs propres concitoyens, c’était un triste constat. |
| De quoi parle le titre « Good excuse » ? |
| C’est juste pour les petits blancs de la classe moyenne des pays occidentaux, qui croient avoir de bonnes excuses pour se plaindre. De dire que la planète n’est pas un endroit facile à vivre. J’ai envie de leur dire : « Ferme là, allume ta télé et regarde ce qui se passe dans le monde, ouvre tes yeux. Il y a des mecs qui dorment sous les ponts, alors tu n’as pas à te plaindre d’être bloqué dans le trafic ou parce ton I-pod ne marche pas. » |
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| Propos recueillis par Alexandre Blomme
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