Interview de Joseph d\'Anvers |
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Joseph d\'Anvers
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| “Avec « Ma peau va te plaire », je me suis dit qu'il serait beau et intéressant, dans la bouche d'Alain Bashung, de lui faire chanter une femme... mais qu'on n'a jamais réussi à mettre en musique.” |
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| Nous sommes là pour Rouge fer, ton troisième album. Finalement, il aura fallu trois albums pour que tu deviennes réalisateur de ta propre musique… |
| Oui. Il faut le temps, je pense, de faire ses gammes. C’est surtout une histoire de confiance qui fait que, sur les deux premiers, j’ai pas mal participé à la réalisation mais j’ai pas vraiment osé prendre les choses en main vraiment. Et là, je me suis dit : merde, allons-y, c’est le moment où jamais ! |
| Est-ce que c’est d’avoir travaillé pour les autres qui t’a donné cette envie ? |
| Oui. Mais enfin c’est un tout. C’est aussi le fait d’avoir écrit un livre, d’avoir monté une expo photo, de m’être un peu diversifié qui a fait que je me suis rendu compte que, finalement, on était, pour certains qui apprécient, rarement mieux servis que par soi-même. Et là, pour cet album, précisément, je pense que la seule personne qui pouvait mener ça à bien, c’était moi. Parce que j’avais beau expliquer autour de moi ce que je voulais, à l’arrivée, c’était très dur d’imaginer. Parce que je ne pouvais pas le matérialiser en maquette ni en mots, véritablement. Donc, j’ai réalisé mais je me suis entouré de musiciens que je connaissais très bien. On n’avait encore jamais travaillé tous ensemble donc c’était un petit peu dangereux, il fallait que l’alchimie prenne. Elle a pris, je pense. Et, du coup, ça a permis d’avancer vers l’inconnu mais avec des gens qui me tenait la main. C’était plus sécurisant. |
| Quels sont les nouveaux sujets abordés sur cet album ? |
| C’est même pas tant encore les sujets, c’est surtout les mots, le lexique. Premier album, c’est très banal mais c’est des chansons qu’on écrit depuis des années qui sortent à un moment donné. Et souvent, on vous signe – et ça a été le cas pour moi, en vous disant : chansons super, tu rentres en studio, tu les sors, on ne retouche pas ! Ça a mis beaucoup de temps à mâturer et, en même temps, d’un seul coup, tout va très vite. Le deuxième album, c’est vrai qu’on sort de la tournée, on nous demande d’en faire un autre – ce que moi, j’ai fait avec plaisir, mais on n’a pas forcément le vécu pour raconter des choses fondamentalement différentes. Or, sur ce troisième album, avec mon expérience, avec la vie, tout simplement, que j’ai vécue, j’ai pris du recul et j’ai essayé de parler un peu d’autre chose. Moins des relations hommes-femmes, de toutes ces choses qui sont le bestiaire du rock et de la chanson. L’amour, la mort… Et se dire : comment je peux essayer, moi, de parler plus de ce qui me préoccupe, de ce qui se passe dans l’âme humaine. De parler de choses légèrement différentes. |
| Le morceau Ma peau va te plaire était originalement prévu pour Bashung. Tu l’as écrit comment ? |
| C’était il y a longtemps maintenant donc c’est un peu dur de me remettre dans le truc. Mais je l’ai écrit dans un train déjà, ça m’est revenu tout à l’heure. Je l’avais écrit en me disant que, pour écrie pour Bashung, je savais que son directeur artistique avait repéré mon travail mais je le voyais pas chanter vraiment ce que moi, je chantais sur mon premier album. Et je ne me voyais pas essayer de faire du Bashung. Parce que, voilà, Fauque, Bergman, Gainsbourg ont cette carrière qui fait que je leur arrive pas à la cheville. Il fallait essayer de faire du Joseph d’Anvers mais en imaginant Bashung chanter ça. Et je me suis dit : quoi de mieux que d’essayer de me mettre dans la peau d’une femme. Et qui plus est d’une prostituée. Parce que le milieu de la chanson, y’a un côté où on se prostitue un peu. C’est un lieu commun mais c’est vrai. Et c’était de se dire : comment le chanterait Alain Bashung, qui avait soixante ans à l’époque, si je me mettais dans la peau d’une prostituée qui a atteint ces âges-là et qui plait moins aux hommes. Et finalement, c’est un peu ce qui se passe, je pense, quand on arrive dans ces eaux-là et qu’on est encore chanteur. Comment on fait pour plaire ? On doit utiliser d’autres ressorts. Comment on a fait pour durer ? Quel est le rapport avec le public ? Y’avait plein de questionnements. Et, du coup, je me suis mis dans la peau de cette prostituée et j’ai essayé de voir tout ce qu’elle pouvait ressentir. Et chaque phrase commence par « je suis cette femme… » Je me suis dit qu’il serait beau et intéressant, dans la bouche d’Alain Bashung, de lui faire chanter une femme. C’était un texte qu’il aimait particulièrement mais qu’on n’a jamais réussi à mettre en musique. Et j’ai pas voulu que ce texte se perde dans les limbes de mes tiroirs remplis de choses inachevées. Donc, je l’ai ressorti au dernier moment. Mais sans penser vraiment à Alain. J’ai essayé de me dire, simplement, que ce texte, il fallait qu’il existe. Et c’est devenu cette chanson qui ouvre l’album et dont je suis très fier. |
| Sur cet album-là, il y a une nouvelle ouverture musicale. C’est parce-que tu en étais le réalisateur ? |
| Ça me fait peur le terme ouverture, j’ai l’impression d’avoir un album sarkozyste ! En fait, l’idée de réaliser allait vraiment avec l’idée de base de l’album, c’est-à-dire d’aller au plus prés de ce que je voulais faire. Ce n’est pas que sur les deux premiers, je ne l’ai pas fait. Mais ils correspondent à des périodes, des moments. Et j’étais encore un peu frileux par rapport aux influences que je citais, au monde rock duquel je venais. Le premier album, on m’a signé là-dessus et c’était des chansons calmes, avec plein de cordes. Mais je disais direct en promo : attention, je ne viens pas de là, moi je viens vraiment du rock pur et dur. Après, je suis passé par le hip-hop. Et donc, la suite sera différente. Le deuxième m’a permis d’amorcer un chemin vers ce vers quoi je tends. Et cet album en est enfin la concrétisation. De se foutre un peu des frontières, des barrières. C’est vrai que je n’ai pas eu envie de me limiter. Et ça passait par le fait de réaliser. |
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| Propos recueillis par Lajoinie Adeline
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| Concerts billetterie |
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JEF NEVE EN LIEBRECHT VANBECKEVOORT
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JEF NEVE TRIO:
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MIOSSEC + JOSEPH D'ANVERS
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MIOSSEC + JOSEPH D'ANVERS (SOLO)
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MIOSSEC + JOSEPH D'ANVERS
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MIOSSEC + JOSEPH D'ANVERS (SOLO)
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