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Interview de Katie Melua
Katie Melua
   
« Je pense que cet album a très certainement été inspiré par des artistes qui ne sont pas encore nés. Ou des artistes qui n'ont pas encore sorti leur disque. »
   
Peux-tu m’expliquer comment tu as rencontré et travaillé avec William Orbit sur ce nouvel album, The House ?
J’ai rencontré William après que lui et mon manager, Mike Batt, travaillent sur des démos de mes nouvelles chansons pour The House. J’ai passé presque toute l’année dernière à écrire pour cet album. William les a simplement écoutées et est revenu vers nous tout de suite. Tout c’est fait à travers les bandes démos. C’était incroyable de travailler avec lui ! Parce que, la première fois que je l’ai rencontré, j’ai d’abord cru que, peut-être, il voulait faire avec moi un album de dance. Vu qu’il vient du monde de la dance et de l’electro. Mais dés que je me suis mise à parler ave lui, toutes mes appréhensions se sont envolées. Parce qu’il était vraiment inspiré par les chansons acoustiques que j’avais faites. Par les chansons passionnées et profondes que j’ai faites. Et c’était tellement sympa de travailler avec lui parce qu’il est tellement enthousiaste. Mais cet enthousiasme est toujours connecté avec la vision de l’artiste. Il a toujours voulu porter ces chansons à un niveau plus haut avec moi. Donc c’était vraiment excitant.
William a dit qu’il était captivé par ta voix. Ca te fait quoi quand on dit ça ?
C’est tellement agréable d’entendre ça ! C’est merveilleux. Parce que je suis moi-même tellement captivée par la musique. J’adore ça. Et ça m’a fait sentir si bien et si juste. Et je trouve ça génial quand les gens qui écoutent mes chansons peuvent aussi prendre des choses dedans.
Ton album s’appelle The House. Cette maison, Tu la vois comment ?
The House, c’est le nom de la 1ère chanson que j’ai écrite et j’en ai 12 au total. Aujourd’hui, c’est la dernière chanson de l’album. Et c’était la 1ère avec laquelle j’ai commencé ce voyage à l’intérieur de mon esprit, à jouer et à faire des choses un peu folles avec mon imagination. C’était juste la meilleure chose que je pouvais faire pour mon écriture. Alors, comme je vois The House… Cette maison est au-delà de ce qu’on peut voir. C’est là tout le temps. Mon concept pour tout cet album, c’est d’être entièrement inspiré par la musique la plus futuristique et, à la fois, la plus ancienne que je puisse imaginer.
Cet album est comme un voyage musical contant entre le passé et le futur. Pour toi, c’est quoi de la musique « futuristique » ?
C’est un peu travailler sur quelque chose de complètement nouveau. Mais le futur signifie aussi le mystère pour moi, l’inconnu. Il y a aussi un peu de peur dans le futur. Je pense que nous sommes parfois effrayés par le futur. Et puis il y a aussi quelque chose de très frais. Tous ces éléments sont le futur pour moi. J’ai toujours été très connectée au passé. J’ai fait ma musique d’une manière très organique, très traditionnelle. J’adore les vieilles valeurs de la musique. Mais ça a été un peu un frein parce que je ne m’autorisais pas de m’intéresser à la manière moderne dont les gens faisaient la musique. Et si je ne m’y intéressais pas, je ne pouvais pas aller vers le futur. J’ai passé un niveau avec le temps. Et ça a été très libérateur.
Ta musique est très onirique. A quoi ressemblent tes rêves ?
J’ai parfois des rêves très imbéciles. Un des rêves que je faisais souvent était que je faisais un festival. Et c’était face à un public qui n’aimait pas du tout ce que je chantais. Et j’étais tellement triste. Je demandais alors à quelqu’un du public de venir sur scène pour faire un rap. Et cette personne montait sur scène, rappait et toute la foule était heureuse. Mais sinon, je n’écris pas vraiment mes rêves. Mais je m’en rappelle très bien quand je me réveille.
En même temps, tu as un rapport très particulier avec le ciel et les étoiles. En quoi es-tu connecté avec tout ça ?
Je suis juste très curieuse de tout ce qui constitue la vie. Quand j’étais jeune, en Géorgie, là où je suis née, le ciel était très clair. Les villes étaient très lumineuses. Quand je regardais en l’air, je voyais des milliers de diamants dans le ciel. Et c’était à chaque fois quelque chose de très inspirant. Ca a toujours fait partie de mon inspiration. De regarder vers le haut. Et j’ai toujours été fascinée par le fait que, tout ce qu’on voit aujourd’hui, a quelques milliers voire billions d’années. J’adore le fait que la lumière voyage. Je vois ça comme un présent. Il y a tellement de choses phénoménales et excitantes sur lesquelles réfléchir, à ce sujet. Je ne comprends pas tout mais ça m’inspire énormément.
Tu parles de la Géorgie, dont tu es originaire. Aujourd’hui, tu es citoyenne britannique. Qu’est-ce qu’il y a de géorgien dans ta musique ?
La dramaturgie Définitivement. La Géorgie est très dramatique. Le langage est tellement dramatique. Très sonore et calme à la fois. Très passionné. Et je pense que ma musique est restée assez dramatique. C’est probablement mon côté géorgien. J’adorerais faire un album en entier de musique géorgienne actuelle. Ca ne s’est pas encore fait. Mais c’est sur ma liste…
Quand tu as commencé, on qualifiait ta musique de blues-jazz. Et maintenant, on parle plus de pop-folk. Comment vois-tu cette évolution ?
Je ne suis pas très inquiète à propos de la classification de ma musique. Même cette évolution. Ce n’est pas quelque chose de conscient chez moi. On participe à ça sans y penser vraiment. Quand on grandit, on ne réfléchit pas au fait que nos cheveux poussent ou que notre corps change. Ca arrive, tout simplement. Et je pense que c’est la même chose pour moi et ma musique. C’est juste bien d’être vivante et de pouvoir s’exprimer à travers la musique.
Tu as commencé la musique à 16 ans, grandi et là, tu écris des chansons de plus en plus intimes. Comment gères-tu ça ?
Ce n’est pas quelque chose qui me pose un réel problème. J’ai l’impression que je peux m’ouvrir complètement dans mes chansons, à travers mon écriture. En grande partie parce que je suis la seule à savoir que ça vient de quelque chose de très profond. Je fais partie de cette catégorie de personne qui pense qu’une fois que j’ai enregistré une chanson et que je l’ai mise sur un disque, alors ça n’a plus grand-chose à faire avec moi. La seule manière pour qu’une chanson reste vivante, c’est que l’auditeur soit en interaction avec elle. Et la seule raison pour laquelle je pense que la musique marche, c’est quand on est capable de dialoguer avec l’auditeur. Comme quand j’écoute une chanson de Dylan. Je pense automatiquement à la manière dont ça a un rapport avec moi. Et donc je sais, quand je créé des chansons, qu’elles sont comme des moyens pour les auditeurs de mettre leur âme dedans.
En parlant de Dylan, le 1er disque était inspiré par Eva Cassidy. Et celui-là ?
Je pense que celui-là a très certainement été inspiré par des artistes qui ne sont pas encore nés. Ou des artistes qui n’ont pas encore sorti leur disque. J’ai été inspiré par eux.
Sur cet album, il y a une reprise. De blues. The One I Love Is Gone. Comment l’as-tu choisie ?
C’est une chanson qu’un ami m’a faite découvrir. Je l’avais déjà en tête quand je voulais faire une reprise l’an dernier, alors que je faisais des concerts. Et dés que je l’ai joué, j’ai ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti avec aucune autre chanson auparavant. Elle était juste parfaite à chanter. C’était comme si cette chanson me voulait, que je ne pouvais plus m’en séparer. Je la sentais, la connaissais si bien. Donc je devais la mettre sur cet album.
I’d Love To Kill You est une chanson étonnante, assez glaciale. Quelle est son histoire ?
I’d Love To Kill You fait partie de ces chansons qui viennent, je pense, du désespoir. Ca parle de cette espèce de contrôle de tes émotions quand les choses ne marchent pas dans une relation, en amour. C’est très personnel et ça en dit beaucoup sur les sentiments qui me traversaient quand je l’ai écrite. Je l’ai écrite avec Guy Chambers et je pense qu’il a apporté ses propres sentiments et sa propre histoire. C’était amusant de créer une chanson aussi personnelle avec quelqu’un d’autre. Parce que c’était comme si la chanson allait au-delà de nos propres histoires. Comme s’il y avait quelque chose de plus profond en dessous. Comment le décrire ? Je ne sais pas. C’est juste un sentiment que tout le monde peut avoir ressenti dans sa vie.
Pourquoi coécrire certaines chansons ? Tu ne peux pas les écrire seule ?
Si je peux. Mais ça me parait difficile. L’écriture des chansons est un mystère pour moi et j’adore les mystères. Et parfois, je suis trop préoccupée par tout le processus qu’il y a autour. Et je deviens un peu folle avec ça. La raison pour laquelle j’ai choisi de travailler avec Guy, c’est quelque chose d’extraordinaire. Il écrit ses textes si facilement ! Son énergie est très douce quand ça concerne l’écriture. Et quand j’ai écrit avec lui, je l’ai fait comme lui, oubliant mon sérieux, moi qui réfléchissais à chaque aspect de la chanson.
Etre multi-instrumentiste, ça aide à écrire, à comprendre la musique ?
Oui ! Mais on n’a pas besoin de comprendre la musique pour l’aimer ! Et même, tu n’as pas besoin de la comprendre pour l’écrire, parfois. Mais jouer des instruments aide, c’est sûr. A construire les chansons.
Y’a-t’il des images, des films, qui t’ont inspirées ?
Je n’ai pas pensé à des films en particulier, non. J’avais plutôt fait ça sur mon dernier disque, parce qu’à ce moment-là, j’avais été influencées par certains films. Il n’y a pas ici beaucoup de choses réfléchies, ça a plus avoir avec des choses instinctives.
Pour terminer, quelle a été la chanson la plus compliquée à écrire ?
Probablement God on Drums, Devil On The Bass. C’était en réalité si difficile qu’à la fin, j’ai laissé tomber. Et j’ai donné cette chanson à Mike Batt, avec qui je collabore depuis très longtemps. S’il y a bien quelqu’un qui peut écrire des mélodies incroyables, c’est bien lui ! Ma raison pour laquelle c’était si difficile… Je ne sais pas. J’ai écrit les mots quand j’étais en tournée dans un endroit très bizarre, luttant avec le fait que je n’avais plus aucun repère. Ca a été très influencé par mon état d’esprit du moment. Et quand je suis allée de l’avant, que je suis sortie de là, je n’étais plus du tout connectée avec cette chanson. Je savais que Mike aimerait les mots, les paroles alors je lui ai demandé de travailler dessus, parce que le savais capable de me sortir de là.
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
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 Artiste
 Katie Melua


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Katie Melua" 30/08/2010


 Chronique(s) Date publication
 Katie Melua : The House 28/05/2010
 Katie Melua : The House 28/05/2010


 News Date publication
 Katie Melua à l'Olympia 14/05/2011
 Katie Melua à l'Olympia! 05/05/2011
 Mogwaï dans les Arènes de Nîmes 05/03/2011


 Aftershow(s) Date publication
 Katie Melua: Olympia, Le 06 Juin 2011 07/06/2011
 Katie Melua : Olympia, Le 06 Juin 2011 03/06/2011



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