Waxx-Music
   
Rechercher par artiste ou mot clé
 
Waxx mobile
 
Accueil > Artistes > Interview > Le-Klub-des-7
 
Interview de Le Klub des 7
Le Klub des 7
   
"Je continuerais toujours de sampler, ce n'est pas un délire hommage, mais mon délire de son..."
   
Le Klub des 7 est né en concert. Pouvez-vous nous raconter la genèse du groupe ?
Fuzati : A l’origine, je faisais pas mal de sons dans un groupe qui s’appelait le Klub des loosers et j’ai fait un concert au Nouveau casino en 2006 ou j’ai invité pas mal de mecs que j’aimais. Je me suis dit que je les ferais bien poser sur mes sons. Cela a donné finalement le premier Klub des 7. Nous sommes partis ensuite en tournée pour vingt dates. Quand nous avons posé sur le premier album, on ne se connaissait pas tous très bien, même si nous gravitions sur la même scène hip-hop. C’est sur scène que nous avons vraiment appris à nous connaître et que le Klub des 7 est devenu un vrai groupe d’où l’envie de sortir un deuxième album qui sort maintenant : La classe de musique.

Gérard Baste : Il y avait pas mal de connections avant le Klub des 7 puisque Cyanure d’ATK et James Delleck avaient déjà bossé avec Fuzati sur l’Atelier. Moi-même j’avais rencontré James, il y a super longtemps. Cela reste des connections qui s’établissent mais cette formule est né effectivement autour de Fuzati et toutes ses instrus.
Vous avez tous les deux vos propres projets avec les Svinkles ou toi Fuzati en solo. Comment avez-vous trouvé du temps pour vous retrouver et faire ce nouvel album ?
Gérard Baste : Bah, le temps, cela se prend. De toute façon, ce sont des projets qui sont relativement spontanés même si à la finale, cela prend du temps. En temps effectif, cela en prend peu. Ce n’est pas une façon de travailler comme sur un album où l’on va vraiment prendre du temps à réfléchir à des thèmes et à la variété du truc. Là, c’est quelque chose qui se fait assez vite. En locurence, le thème sur La classe de musique tourne autour de l’école, de l’enfance etc. Du coup, c’est assez facile de construire un truc autour. Chacun a ses projets, mais cela reste facile de se retrouver. C’est plus difficile de trouver du temps pour faire des concerts.

Fuzati : De toute façon, je voulais garder ce style assez free style, assez brut. C’est pour cela que j’ai donné un cadre assez précis, celui de l’école, de l’enfance mais ensuite, chacun fait sa vie. On se connaît assez bien maintenant pour savoir la manière dont un thème va être abordé. Gérard, ne va pas approcher cela de la même manière que moi. Quand j’écris mon texte, je sais qu’il y a des choses que je ne vais pas dire car c’est lui qui va poser. On n’avait pas besoin de se retrouver pour se demander comment chacun allait écrire. On se retrouve en studio et chacun rap son texte.
C’est toi Fuzati qui a imposé l’idée de faire des formats hyper courts ?
Fuzati : Exactement. Je voulais que cela soit un album ludique où l’on a jamais le temps de s’ennuyer. J’ai demandé à tout le monde, quand ils devaient faire des morceaux solos de ne pas dépasser deux minutes trente. C’est vraiment un album concept, j’avais vraiment toute l’architecture sonore avant de faire cet album.

Gérard Baste : Est-ce qu’il faut préciser que Fuzati nous forçait à enregistrer tout nu sur des braises ardentes et que de temps en temps, il passait avec une écuelle contenant du pain mouillé. Le Klub Fuzati, des vacances de rêve.

Fuzati : C’est mon côté sympa.
Il y a avec le Klub des 7 et encore avec cet album un amour du son rap des années 80. Malgré tout, nous ne sommes pas dans ce côté « C’était mieux avant »…
Fuzati : Bon, oui c’était mieux avant. Mais après, nous n’avons pas envie de devenir des vieux cons. J’ai eu la chance de connaître l’âge d’or du hip-hop mais c’est comme tout, le punk aussi a eu son âge d’or même si maintenant c’est un peu terminé. Le jazz funk, c’est pareil. C’était bien dans les années 70 et ensuite, dans les années 80, il ne se passait plus rien d’intéressant. Comme nous voulions parler du thème de l’enfance et que nous avons à peut près tous le même âge (nous avons tous grandi en écoutant La Cliqua ou Time bomb) nous voulions rendre un hommage. Mais c’est plus un clin d’oeil qu’une démarche de réactionnaire et le côté « C’était mieux avant ». Pour moi, je sais que c’est le sample qui m’a amené à faire du son, c’est toujours ce qui m’intéresse aujourd’hui. Le truc auto-tune synthé, c’est quelque chose que je respecte mais ce n’est pas du tout mon délire à la base. Au niveau des prods, je continuerais toujours de sampler, ce n’est pas un délire hommage, mais mon délire de son.

Gérard Baste : C’est surtout ce qui nous rassemble. Moi par exemple, j’adore le rap moderne avec des mecs comme James Delleck qui est dans un rap plus expérimental mais le tronc commun c’est d’avoir découvert cette musique à un moment que cela nous a fait vibrer à cette période-là. Il y a aussi le fait que « C’était mieux avant » car avant, nous étions genre jeune et découvrions le truc. Je pense que quelqu’un qui va se plonger dans une nouvelle musique aujourd’hui va mettre de côté tous ces aspects. C’est toujours différent quand tu as de 15 à 17 ans et que tu découvres le truc, les ramifications etc. C’est passionnant la musique. Bon Ok, il y a quand même la nostalgie de cette époque qui nous rassemble.

Fuzati : Nous avons surtout connu le hip hop à l’époque ou cela ne rapportait pas d’argent. Tous les mecs le faisaient par passion et du coup, il y avait un côté beaucoup plus spontané et moins calculé. La compétition n’était pas de savoir qui était disque d’or ou qui aurait le plus de click sur internet mais qui serait le meilleur en free style chez Génération ou Nova. Il y avait un côté super sain. On a essayé que cet aspect ressorte un peu sur notre album. C’est pour cette raison que nous ne nous montrions pas nos textes auparavant.

Gérard Baste : Je donne souvent cet exemple assez drôle : dans le premier concert Klub des 7 que nous avons fait, nous n’avions pas répété. C’est aberrant, mais je présume que pour certains groupes de rap, c’est normal. Mais c’est amusant de se retrouver sur scène en ayant juste prévu que quelques trucs et sans avoir fait tourner les morceaux ensembles. Tu te découvres. Plus qu’une compétition, c’est une émulation. Finalement nous avons eu une « émulation précoce ». (rire)
L’une de vos marques de fabrique est de faire rire avec un humour assez décalé. Est-ce plus difficile de faire rire avec le thème de l’enfance que de ce qui se passe aujourd’hui
Fuzati : Je crois que tu peux faire rire avec n’importe quoi. Tu as Stéphane Guillon qui est peut-être le dernier mec un peu trash aujourd’hui. Il peut te faire rire avec le crash du vol Paris-Rio. Moi, cela me fait rire, tu vois. Non, je crois que c’est simplement mon côté nostalgique que j’avais envie d’explorer. Cet album du Klub des 7, c’est un peu mes adieux à une certaine forme de hip-hop des années 80. J’en ai fait un peu le tour. C’est pour cette raison que je voulais rester sur l’enfance, l’adolescence qui nous a bercé. Mais maintenant, je vais vivre dans le présent.

Gérard Baste : Il est vrai que j’ai l’habitude d’aborder les choses d’une façon plus comique que Fuzati par exemple mais quoi qu’il en soit, ce n’est pas un album blague. Cela reflète autant l‘énergie et les rêves que tu possèdes quand tu es enfant que la nostalgie que tu as quand tu es adulte. Il y a aussi les bons comme les mauvais côtés. C’est vrai que quand tu es enfant, il y a plein de choses bien mais tu peux aussi te sentir rejeté comme notre ami Fuzati (rire). C’est un thème relativement universel et fédérateur pour revenir a ce que l’on est, ce que l’on aime. Cela reflète nos personnalités. C’est autant une façon de montrer nos personnalités que de donner aux gens la possibilité de se retrouver.

Fuzati : Il suffit que tu traites le thème de l’enfance pour que tout de suite on te mette dans une case « décalé et potache» alors que l’album ne l’est pas du tout. Ce n’est pas un album vraiment drôle. Souvent, les gens ne vont pas super loin. C’est triste.
Dans le Klub des 7, il n’y a que des mecs comme la plupart du temps dans le rap français. Il y a un seul morceau (On aura tout vu) ou nous entendons des chœurs féminins…
Fuzati : Non, j’ai samplé cela sur du rock psychédélique en fait et le truc est en 45 tours ce qui donne ce grain de truc de chant car c’est pitché mais je n’ai aucun problème avec le chant. Simplement, le R&B français, c’est dégueulasse. Il n’y aura donc jamais de R&B français sur nos trucs. J’ai l’impression que les gens ne savent pas vraiment chanter en France en tout cas dans ce que j’entends. Non, il n’y a pas ce côté « A bas les filles », on n’est pas des machos. Par contre, c’était important qu’il y ait des scratch sur l’album. Comme je te disais que je souhaitais des morceaux courts, je voulais aussi des titres instrumentaux pour que cela aère un peu l’album de temps en temps en mettant en avant un peu plus les scratch de Detect.

Gérard Baste : C’est encore drôle de voir comment les gens ont du mal à comprendre sur un projet rap qui fait les sons, comment ces derniers sont faits. Par exemples, les gens pensent que c’est toujours le Dj qui fait la musique, ce qui n’est pas souvent le cas finalement. Nous, on jouait avec les Svinkles, pleins de gens pensaient que c’était Pones qui faisaient les sons alors que pas du tout. Il y a pas mal d’incompréhension sur la production rap. Ce n’est pas vraiment de leur faute, il faut parfois l’expliquer. Cela a mis longtemps à ce que cela soit accepté d’utiliser des ordinateurs dans la musique. Ce n’était pas un instrument alors que c’est juste une interface. Cela change juste rien. Aujourd’hui, il faut encore préciser qu’un Dj, c’est un Dj, un producteur, c’est un producteur, que le rap, cela ne se fait pas juste en appuyant sur une touche d’un ordinateur. C’est du travail et il y a plein de façons de le faire. Pour Fuzati, cela va être la façon sample, il va passer plus de temps à chercher des sons qu’à les produire. C’est un boulot de fond, de recherche de sonorité à partir de disques rares. Il y a plein de branches là-dedans et il ne faut pas sous-estimer la musique composée, on va dire digitalement.
Il y a quand même des solos, même s’il y en a moins que dans le premier album. Je voulais savoir pourquoi c’était Cyanure qui passait en conseil de discipline…
Gérard Baste : Pourtant cela serait plutôt lui le délégué de classe. C’est que c’est lui qui serait le mieux pour représenter le collectif. Fuzati, c’est plus le chef d’orchestre, moi cela serait plus le côté daron, Cyanure, c’est plus le bon copain sympa qui sera toujours prêt à aider un ami en difficulté. Il aiderait même un ami qui n’est pas en difficulté ce qui peut être même parfois horripilant. Chacun a son petit rôle.

Fuzati : On a toujours cette anecdote ou le mec un peu fayot se fait toujours serré parce que les pions n’épargnent personne. Dans ce morceau, avec toute sa gentillesse, il s’est quand même fait avoir. Moralité, cela ne sert à rien d’être gentil.
Vous avez gardé le nom du Klub des 7 malgré la disparition de Fredy K. Quelle est sa place, car il avait déjà enregistré des choses, non ?
Gérard Baste : Déjà à la base, ce qui est assez révélateur, c’est que la plupart des morceaux, on les a enregistrés chez lui. Il avait un petit studio place Stalingrad et c’était assez drôle de se retrouver là-bas car c’est vachement dans l’esprit ce que nous faisons dans ce collectif, des choses assez underground. Il avait un studio pourrave avec un pauvre banc d’école où tu avais mal aux fesses quand tu attendais ton tour de raper dans une vieille cabine avec tous les tags des gars du XIXe et XXe arrondissement de Paris et de la banlieue nord. Ensuite, la richesse qu’on a, au-delà du fait que c’est une personne qui nous a beaucoup apporté, était impressionnante grâce à la variété de ses projets et de l’énergie qu’il mettait dedans, c’est que sur notre album, il avait beaucoup travaillé avant sa disparition. Rien que cela nous a apporté un album beaucoup plus collectif.

Fuzati : Il avait vraiment un rôle de locomotive. C’était un mec qui avait 25 ans au moment de son décès. Il avait une boutique de fringues, il était dans ATK, il avait une carrière solo, il était dans le Klub des 7, il faisait des vidéos. C’était un mec qui ne s’arrêtait jamais, je ne sais pas s’il dormait souvent en fait. Il avait vraiment ce rôle-là. Nous avons enregistré chez lui et c’était souvent lui qui appelait pour savoir quand on venait enregistrer. Nous avons gardé le nom du klub des 7 car, malgré son décès, nous avons voulu garder la bonne énergie qu’il avait mise. Nous n’avons pas voulu que l’album se transforme à mis chemin en album hommage. Nous l’avons fait comme s’il était avec nous en gardant notre tristesse pour nous et pas dans l’album. Même le morceau qui lui rend hommage est un titre ou on le vanne car on se vannait tout le temps et nous n’avons pas voulu changer parce qu’il était parti. Donc oui, le Klub des 7 car il est présent sur l’album, nous avons vraiment fait l’album comme s’il était encore là.
Quel est votre avenir, maintenant ?
Gérard Baste : Moi, je dis souvent que nous avons un avenir brillant derrière nous. Nous pouvons faire de la musique toute notre vie, ce n’est pas très compliqué. Maintenant, elle ne sera peut-être pas toujours la même. Effectivement, on ne va peut-être pas continuer à secouer les bras, comme le font les rappeurs, à soixante piges (quoiqu’il y en a qui commence à être vieux). Je pense que quand tu es dans la musique, tu en feras toujours d’une façon ou d’une autre. Maintenant, personnellement, si je pouvais ouvrir un petit restaurant ou un truc comme cela, je me verrais bien là-dedans.

Fuzati : Je crois que la suite logique pour moi est d’écrire des bouquins et de continuer à faire des sons. Tu peux continuer à faire des sons à 45 ou 50 piges, c’est pas grave. C’est vrai que bouger les bras devant des gamins de 15 ans, il y a un moment ou tu es un peu vieux pour le faire mais ça va, il ne faut pas nous enterrer non plus, nous ne sommes pas si vieux.
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
 Concerts billetterie
MONO INC. - LETZTE INSTANZ
Le 2012-10-20 19:30:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 35,10€ à 35,10€
PLUESCH
Le 2012-04-28 20:00:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 35,25€ à 35,25€
METALFEST 4 TAGESPASS
Le 2012-06-10 23:59:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 130,32€ à 130,32€
AXEL RUDI PELL
Le 2012-04-29 19:30:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 37,93€ à 37,93€
MOTHERS FINEST
Le 2012-05-29 20:00:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 34,62€ à 34,62€
Y&T
Le 2012-07-26 20:30:00
GALERY MUSIC BAR - Pratteln De 33,03€ à 33,03€
CORVUS CORAX
Le 2012-03-09 20:00:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 33,47€ à 33,47€
LIVE/WIRE
Le 2012-11-09 20:00:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 30,95€ à 30,95€
PRIMAL FEAR - BRAINSTORM
Le 2012-04-17 19:30:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 30,95€ à 30,95€
STEPHANIE HEIZMANN
Le 2012-04-12 20:00:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 32,58€ à 32,58€
HUNDRED SEVENTY SPLIT
Le 2012-02-23 20:30:00
GALERY MUSIC BAR - Pratteln De 29,45€ à 29,45€
SERENITY
Le 2012-03-22 20:30:00
GALERY MUSIC BAR - Pratteln De 22,80€ à 22,80€
D-A-D
Le 2012-02-26 20:30:00
Z7 KONZERTFABRIK - PRATTELN De 30,14€ à 30,14€


 Artiste
 Le Klub des 7


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Le Klub des 7" 09/07/2009


 Video(s) Titre
  le Klub des 7 : Le chiffre impair



Mon espace |           Pas encore inscrit ?

LOGIN :
PASSWORD :
*Vous avez oublié vos identifiants : cliquez-ici