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Interview de Le comte de Fourques
Le comte de Fourques
   
Le comte de Fourques est un roturier qui se donne des airs de noble par un nom de scène. Mais sa noblesse se retrouve surtout partagée dans 13 chansons parfois douces, parfois amères, toujours très bien composées et d'une justesse dans les propos qui ferait demander au plus grand républicain si ce n'était pas mieux sous la royauté. Avec un certain humour de pince sans rire, son compte est bon pour refléter dans un palais des glaces imaginaire les histoires de gens quelconques ayant des destins ordinaires. De ceux qui deviennent les héros du quartier. Et toujours avec un talent inné. Tout un parcours de récit chevaleresque avec le « Tu » en prime, qui me fait penser que Stéphane Bern et moi c'est du pareil au même pour évoquer un parcours initiatique des plus intéressant.
   
Comme le disait Proust c'est dans l'optique des gradins sociaux que tu es devenu comte, y avait t'il une branche de la famille qui était déjà artiste ?
Le Comte de Fourques : «Aucune ! enfin il y avait quelques musiciens. Mon arrière grand-père était chef d'orchestre de la fanfare d'Alès. Qui a sillonné toute la France en son temps et qui a eu d'ailleurs quelques enfants illégitimes (rire). Ma mère chantait dans les bals mais après rien de plus que ça. Maintenant, ils sont tous très fiers. Je suis vraiment issu des classes moyennes. Inconsciemment j'ai choisi ce nom là pour me positionner hors toute classe sociale. Cela permet de prendre du recul. Derrière ce nom, sans jouer un coté théâtrale sur scène, tu peux jouer avec l'ironie, te placer en marge de pas mal de trucs. Ce qui correspond bien à ce que j'essaye de faire dans mes chansons. Au final, on est pas maître de son destin mais le hasard fait bien les choses.»
Si j'en crois les « on dit » le Comte de Fourques serait un artiste romantique et fauché comme un gueux, qu'est ce qui est le plus dur quand on arrive à Paris : d'être artiste, romantique ou fauché ?
Le Comte de Fourques : «Il y a des choses qui sont plus difficiles à vivre que d'autres. Romantique ce n'est pas facile tous les jours mais j'assume, fauché j'aimerais bien que ça change (rire). Pour moi la musique, c'est un peu un parcours de vie, oui j'ai eu des bonnes années et des années plus dures. J'ai connu la dèche. Les huissiers ont bien failli venir, les salauds !Ce qui s'est passé, c'est que j'ai eu une période dure sur Paris. J'avais avancé. Je faisais des dates mais je me demandais si je restais sur Paris ou est ce que je devais faire des aller-retours en regardant ça depuis Perpignan. J'ai choisi de rester mais juste avant de signer chez V2, c'était super hard. J'ai du mettre mes guitares au mont de piété.»
Plutôt qu'une première partie de Cali : c'est 16 concerts avec lui que tu donnes ?
Le Comte de Fourques : «Avec Bruno on se connaît depuis longtemps. Il y a eu un truc concomitant. Un déclencheur. Au moment où lui enregistre son premier album moi je démarre mon auto-production. J'ai un vieux réflexe, je me dis « Perpignan c'est quand même le trou du cul du monde » et mon pote Cali qui a du talent avance et réussi dans notre passion commune. Alors pourquoi pas moi. Bref les mois passent, je fais mon école, lui commence à avoir du succès et fait ses premières dates. Forcément il me demande de faire une de ses premières parties sur la capitale. La première année, j'en ai fait 3 et à la rentrée d'après, il m'a demandé de faire 10 dates suivies. Comme j'étais en formation légère : seul avec ma guitare j'étais assez facile à transporter.»
C'est avant ton tout premier concert avec lui que tu as trouvé ton nom de scène ?
Le Comte de Fourques : «C'était une connerie sortie avec mes potes qui restait entre nous et quand je suis arrivé sur la capitale, il me fallait trouver un nom pour mes concerts solo. Mais j'étais emmerdé car 2 heures avant cette première partie, je n'avais pas de nom. Donc j'ai pris ce titre. Ce qui est marrant, c'est que je ne savais pas quoi faire avec ce nom. Quand j'ai signé chez V2 je ne savais même pas si j'allais garder cette dénomination. Et finalement en posant la question à la maison de disques, ils m'ont rassuré en me disant de ne rien changer, que c'était génial ce patronyme. J'avais besoin d'être rassuré sur ce point car cela pouvait évoquer plein de choses. Musicalement je savais ce que je voulais faire mais quant à savoir si le nom collait avec la musique...»
Comte de Fourques c'est aussi dominer les castes de la chanson française inférieure, surtout quand on sait qu'en France le roi c'est Johnny Halliday ?
Le Comte de Fourques : «On ne rêve que d'une chose c'est de lui piquer sa place. On pourrait monter une fronde ? Comme il s'est barré avec la caisse, il a abandonné le château : c'est peut être le moment où jamais.»
   
Propos recueillis par Pierre Derensy
     
     
     
     
 Artiste
 Le comte de Fourques


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