Interview de Louis Bertignac |
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Louis Bertignac
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| Qui est cet homme ? Mon premier : il a la logique d'un sage, mon deuxième il a encore le vaccin contre la variété française malgré des incursions dans le pondéré avec son dernier album « Longtemps » et la production de « Quelqu'un m'a dit », enfin il est sûrement l'un des meilleurs guitaristes rock, ou tout du moins celui qui s'impose comme tel. Ce qui fait un tout qui rend obligatoire de le voir sur scène et qui s'appelle Louis Bertignac. |
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| Depuis la naissance de ta fille, ne trouves-tu pas que tu n'es plus obligé de t'imposer un style ? |
| Louis Bertignac : Je fais exactement comme cela me plaît. Je veux m'amuser, amuser les gens : mon rock ce n'est plus que ça ! Il n'y a pas que la naissance de ma fille, il y a l'âge aussi donc une certaine sérénité. Je me suis dit que le succès et tout ce qui l'entoure, je l'avais déjà eu donc autant maintenant faire ce que je veux. Je ne pense plus qu'au plaisir. J'ai découvert que j'avais une maladie, je l'ai soigné, cela m'a donné du courage pour la suite. Comme si j'avais failli mourir (ce qui n'a pas été le cas), je me suis dit de toute façon ma vie a été belle, je ne regrette rien... comme je ne suis pas mort je prend tout ce qui vient comme du bonus. » |
| Le chanteur aurait-il enfin confiance en lui, ce qui laisse le musicien en retrait ? |
| Louis Bertignac : « Pas d'accord pour le musicien ! Si tu me dis que je suis à égalité entre le chant et la musique j'accepte. On peut dire que le chant fait maintenant partie de mes instruments musicaux alors qu'avant je me planquais derrière les autres. Je ne prend plus la musique comme un truc destiné à couvrir le chant. C'est vachement plus agréable. Je me posais des questions : en studio, sur le moment, cela allait plutôt bien mais il suffisait que je réécoute pour me trouver mauvais. Je commençais à avoir de gros complexes. Un jour je me suis dit que vu que je ne savais pas chanter il était temps d'apprendre à le faire comme j'aimerais vraiment. C'est venu doucement. Grâce à ma douce, à Carla qui me disaient d'arrêter de crier et de me laisser aller avec la voix que j'avais afin de ne pas forcer ma nature. » |
| Ta culture anglo-saxonne finalement ne t'as t'elle pas desservie jusqu'à aujourd'hui ? |
| Louis Bertignac : « A certains niveaux c'est certain. Le chant par exemple. Au niveau de la musique pas du tout car c'est de cette culture qu'est venu ma base mais c'est vrai que j'ai toujours essayé d'imiter Lennon, Mac Cartney qui avaient des voix beaucoup plus haut perchées que moi. Je ne comprenais pas pourquoi je n'y arrivais pas : c'est aussi pour ça que je me disais que j'étais mauvais. En anglais j'y arrive très bien par contre en français je dois chanter plus grave pour que ça aille. Je n'aurais pas entendu les Beatles au début, la barre que je me plaçais aurait été moins haute. Mais ce n'est pas grave, cela fait partie des expériences de la vie. » |
| Si dans vingt ans ta petite fille te demande de quoi tu auras été le plus fier, tu répondrais quoi ? |
| Louis Bertignac : « D'elle je crois ! Je la trouve merveilleuse comme sa maman. A par elles, évidemment là où je suis le plus fier c'est d'avoir osé me lancer là dedans. Parce que ce n'était pas évident de faire de la musique quand j'avais 15 ans. Tous les adultes me disaient de trouver un job, et je me suis dis que je m'en foutais, je devais jouer ma chance à fond. J'y suis allé et merci Louis d'avoir été un peu courageux à ce moment là. » |
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| Propos recueillis par Pierre Derensy
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