Interview de Mark Gardener |
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Mark Gardener
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| 10 ans que Ride n'est plus. On se demande ce que ces porte flambeau du ‘shoegazing' ont bien pu fabriquer toutes ces années.... Mark Gardener n'a en fait jamais cessé de suivre son rêve d'enfant, à savoir vivre de sa musique. Pas mal de voyages, pas mal de collaborations et quelques années plus tard, il nous revient avec un album qui prend sa source dans le Lot, repasse par Oxford, Los Angeles et Brooklyn: These beautiful Ghosts (chez Diamondtraxx). Nous le retrouvons à Paris, 14ste avant son concert du 12 octobre 2006 au Nouveau Casino avec son groupe de Bruxelles. A force de regarder ses pieds, ses cheveux sont tombés (diront les mauvaises langues), mais le charme plein d'humilité opère toujours. Entretien avec Mark Gardener. |
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| Tu es passé par une phase que tu as appelée ta période Neil Young, à quoi cela fait-il allusion? |
| Bien entendu, ce n'est pas que ma musique ressemble à celle de Neil Young! Mais vers 2001 j'avais un peu fait le tour d'être dans des groupes - ceci dit, et bien qu'aujourd'hui je sois en train de faire une sorte de carrière solo, j'aime par dessus tout travailler en équipe - quoi qu'il en soit, vers 2001, j'ai commencé à me dire que j'avais passé pas mal de temps au sein de groupes et que c'était bien pour quand tu es dans la vingtaine, le groupe, mais que comme je rentrais dans la trentaine, si j'allais gagner ma vie à faire de la musique - ce qui a toujours été mon but - il était temps d'avoir ma période Neil Young. Donc pendant 3 ou 4 ans j'ai habité dans le Lot, j'y ai mené une existence un peu étrange genre hermite moyenageux, je jouais de la guitare, je rassemblais mes esprits et je commençais à réunir quelques chansons, mais dans l'idée de les présenter tout seul si besoin était aussi bien qu'avec un groupe. C'est un peu comme ça que ça se passe aujourd'hui, il faut faire les choses par soi-même, les budgets n'existent plus. Il faut savoir s'adapter... C'est cela que j'entendais par ‘période Neil Young'. Mais bon, je ne suis jamais allé jusqu'au chapeau de cow boy! |
| Cet album, These Beautiful Ghosts, tu y travailles depuis pas mal de temps, non? Une des chansons [Magadelen Skies, ndlr] a été écrite vers 1997... Tu te prépares à cela depuis tout ce temps? |
| Non, pas vraiment... Vers 1997, j'ai commencé à me mettre solo et c'est effectivement à ce moment là que Magdalen Skies a pris forme, peut-être un ou deux autres morceaux, mais au même moment, Sam Williams, le producteur de Supergrass m'a contacté et nous avons formé Animal House. C'était un projet studio et ça nous a pris pas mal de temps. Nous avons construit l'album en studio et avons fait l'erreur fatale de le signer chez BMG, ce qui a été un vrai désastre... Ce projet nous a pris 3 ans et pendant ce temps, j'ai mis tout le reste en attente. C'est après Animal House que je suis venu en France et que je me suis dit qu'il était temps de reprendre le cours des choses la où je l'avais laissé. Ce n'est que Magdalen Skies qui date de 1997, le reste a vu le jour vers 2000-2001... |
| Tu dis que l'idée de jouer en concert une chanson de Ride te faisait bizarre à l'époque, est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui? Tu as mis Twisterella sur These Beautiful Ghosts... |
| Non, en fait, ce n'est pas moi... (rires). Comme je suis distribué sur plusieurs territoires, il y a un problème avec les imports, tout ne sort pas en même temps, par exemple entre le Japon et ici, alors pour éviter que les gens n'achètent ici l'import japonais, Diamondtraxx m'a demandé de mettre en bonus une version live de Twisterella que j'ai jouée récemment et une version de Dreams Burn Down que j'avais jouée avec Goldrush. Je souhaite avoir de bonnes relations avec les gens avec qui je travaille, je comprends leur point de vue alors j'ai dit “D'accord”.
Ce qui est étrange c'est qu'un titre comme LeaveThem All Behind ne peut pas être joué avec d'autres musiciens en toute justice, c'est vrai que le résultat avec BRMC était vraiment réussi, mais je m'étais préparé et ce truc avec les guitares éléctriques me manquait dans 3es concerts... Il m'est plus facile aujourd'hui d'inclure trois ou quatre morceaux de Ride dans un concert, ils sont plus éléctriques et plus représentatifs de ce que le son a pu être à l'époque. En fait, c'est assez agréable maintenant parce que entre les vieux trucs et les nouveaux morceaux, le concert est un peu comme un parcours qui correspond en fait à mon parcours. Tout cela représente plusieurs années de ma vie, je ne peux pas aller contre cela, je suis plutôt fier de ce que nous avons fait et j'ai appris à l'accepter et à l'incorporer dans ce que je fais aujourd'hui parce que c'est évidemment une partie importante de ma vie.
Je pense aussi que c'est quelque chose dont les gens ont envie quand ils viennent me voir, ils veulent entendre ces morceaux-là, je suis tout a fait conscient que ce n'est pas facile quand tu as fait partie d'un groupe comme Ride de repartir sur quelque chose de nouveau et quelque part, je suis aussi là pour donner aux gens ce qu'ils veulent dans une certaine mesure et si ils ont envie de se remémorer le passé, moi aussi ça me rappelle de bons souvenirs et cela ne me pose pas de problème. |
| Ce n'est pas inconfortable? |
| En fait, je me suis rendu compte récemment que quelques chansons de Ride - comme From Time to Time, par exemple - avaient été un peu délaissées à ce moment-là. Alors j'en ai choisi quelques unes, 3 ou 4, qui m'avaient manqué et qui ont toujours une vraie résonance pour moi aujourd'hui et ce sont les chansons de Ride que je joue en concert. Une chanson comme In A Different Place prend beaucoup de sens aujourd'hui par ce que j'en suis justement à un autre ‘endroit'... Je retrouve aujourd'hui des connections avec tout cela... Nous n'avons pas joué From Time To Time tant que cela à l'époque avec le groupe alors en quelque sorte, c'est une expérience toute neuve pour moi de l'entendre comme ça et c'est très agréable... |
| Pourras-tu jamais tourner la page? |
| Tu sais, non, je ne crois pas, sur mon lit de mort je serai toujours en train de tourner cette page mais Ride sera toujours présent. Il y a des trucs comme ça... Quoi que je fasse... Je crois que le vrai test de tout art, de toute musique, c'est sa résistance au temps. On a collé tout un tas d'étiquettes à Ride, surtout en Angleterre parce qu'ils ont du mal lorsqu'il n'y a pas de catégorisation, d'étiquette... Mais je m'étais toujours dit “C'est comme ça sur le moment”, mais tu espères toujours que quelque chose que tu as fait sonnera encore bien plus tard, de la même facon que les trucs qui nous ont influencés sonnent bien 20 ans après. Alors tu espères toujours que ta musique aura le même effet. Et c'est très bien comme ça, même si je ne me ballade pas en me disant, “Woaow, j'ai fait partie de Ride!”, on me le rappelle toujours en bien. On dirait que ça a bien résisté au temps, ce que nous avons fait à ce moment-là semble toujours avoir une certaine influence sur les gens et les nouveaux groupes et c'est vraiment bien. De même que nous avons incorporé un certain nombre d'influences, si les nouveaux groupes peuvent s'inspirer de ce que nous avons fait et faire leur propre trucs avec alors c'est bien, et ce sera toujours comme ça. |
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| Propos recueillis par Edith Furon
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