| "Nous avons fait un album qui n’a pas plu car il ne correspondait pas à ce que le public attendait" |
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| Le groupe revient de loin. Comment avez-vous réussi ce retour? |
| Nous avons fait un album qui n’a pas plu car il ne correspondait pas à ce que le public attendait. Notre guitariste, Olivier, est parti et a fondé Aaron. On a voulu refaire notre son initial et on s’est aperçu que c’est ce qui fonctionnait. |
| Vous avez changé de label depuis le dernier album. Avez-vous le sentiment d’une renaissance ? |
| Oui, c’est un renaissance. L’apparition de médias comme myspace permet aussi d’être en contact avec le public en permanence et d’avoir des retours sur ce que l’on fait.
Nous étions un peu frustrés après notre précédente tournée. Nous avons voulu revenir à un son plus musclé surtout sur scène. Nous faisons entre 70 et 80 dates par an. |
| Comment canalisez-vous l’énergie live du groupe en studio ? |
| C’est le producteur qui s’en charge. Il nous a accompagné en répétition et nous lui avons demandé de retranscrire cette sonorité live sur l’album.
Nous allons tout de suite à l’essentiel. Les paroles sont claires, moins métaphoriques et philosophiques qu’avant. |
| Après dix ans de carrière, quel bilan tirez-vous? |
| En France, dès qu’un artiste métal passe sur de grandes radios, les fans le perçoivent comme un vendu. Je trouve cela dommage parce que ce pourrait être une manière d’ouvrir des portes. Si c’était à refaire, nous éviterions cela. |
| Vos plus grands moments ? |
| Des moments en studio, des grands concerts devant 50 000 personnes et le lien qui nous unit. Nous sommes vraiment soudés et on se sent bien ensemble. |
| Les changements au sein du groupe ont-ils perturbé cette harmonie ? |
| Olivier avait son projet depuis longtemps. Nous l’avons laissé faire sans aucun problème. Depuis que Nico est arrivé, il a apporté une grande fraîcheur au groupe. |
| D’où vient l’idée de la pochette ? |
| Depuis dix ans, Laurent Seroussi réalise les pochettes de « Contraddiction » et « De Cercle En Cercle » . Nous n’avons pas travaillé avec lui sur l’avant-dernier album mais l’avons rappelé sur le dernier. Sa conception très esthétique nous parle. Quand il nous a présenté cette pochette, elle s’inscrivait dans la continuité des précédentes qu’il avait réalisées. On s’est d’abord dit que le visuel n’avait rien à voir avec notre musique et puis comme elle nous plaisait, on l’a gardée. |
| Que pensez-vous de la scène française aujourd’hui ? |
| Les copieurs me dérangent. Tu as Louise Attaque et dix groupes qui les imitent. Les Victoires de la Musique de cette année ne m’ont pas intéressé. Tout le monde essaie de faire du Vincent Delerm. La nouvelle scène rock française ne nous dérange pas plus que ça. Nous n’écoutons pas. Nous n’avons pas aimé qu’un certain groupe déclare qu’il n’y avait jamais eu de rock français avant eux. C’est totalement faux, ils devraient sortir le dimanche.
Ce matin, j’ai entendu la chanson d’un groupe qui était du plagiat total de Vincent Delerm. Je ne vois pas l’intérêt. |
| La dernière chanson de votre album est un duo avec Manu Monet . Comment s’est passée la rencontre? |
| L’année où nous avons sorti l’album, nous avons perdu trois personnes dont le bassiste de Dolly que nous adorions, la copine de notre éclairagiste et Rémy. Nous voulions rendre hommage à ces personnes. Nous avons voulu demander à une voix féminine de chanter sur ce titre. Nous connaissons Manu depuis des années et la collaboration s’est très bien passée. |
| Vous avez toujours échappé à l’étiquette de groupe porte-parole… |
| Nous ne sommes pas moralisateurs. Nous essayons d’exprimer ce que l’on ressent sans attendre que les gens nous suivent. |
| Quelle idée préconçue sur le groupe vous agace le plus ? |
| Que nous sommes un groupe de techno rock. Dans le métal, tu rencontres des gens très fermés qui te regardent de haut en te traitant de vendu. C’est une minorité, mais ça arrive.
Comme nous n’avons pas un chanteur qui hurle, les amateurs de métal français ne suivent pas toujours alors que nous écoutons du death metal depuis très longtemps. Nous avons rencontré d’autres courants musicaux ce qui a donné Mass Hysteria. |
| Avez-vous déjà envisagé d’arrêter ? |
| Jamais, même dans la période creuse que nous avons connue. La question ne s’est jamais posée. Nous n’avons absolument pas envie de faire autre chose. Nous avons traversé des moments difficiles, comme tout le monde et avons eu des problèmes personnels mais nous nous sommes toujours serrés les coudes. |
| Que dites-vous aux jeunes qui veulent faire de la musique ? |
| Si c’est pour être riche, oublie. Si c’est pour le plaisir, vas-y.
Il faut travailler, prendre ça sérieusement et s’éclater.
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| Quels sont vos projets ? |
| On rêve d’un DVD live. Nous avons des problèmes parce que nous avons plusieurs maisons de disques. On espère en sortir un courant 2008. Nous ferons quelques dates l’année prochaine et allons recommencer à composer. Si nous arrivons à maintenir le rythme d’un album tous les deux ans, ce sera très bien. |
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| Propos recueillis par Isabelle Chelley
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