Interview de Murderdolls |
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Murderdolls
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| "Summertime Suicide, c'est l'histoire d'un gars qui rentre à la maison et qui trouve une lettre de sa copine qui s'est tuée, et du coup il se tue. C'est sans doute le titre le plus joyeux du disque" |
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| Voilà plus de cinq ans que les fans de Murderdolls réclament un nouvel album. Avez-vous été surpris par cet engouement ? |
Joey Jordison : Pas vraiment. De tout ce que j’ai pu faire avec mes projets, Slipknot bien sûr mais aussi les autres, ça fait bien six ans que je rencontre constamment des gens qui ne cessent de me poser la question « quand est-ce que vous allez sortir un nouveau Murderdolls ? ». C’est arrivé partout ou j’ai pu jouer, dans n’importe quel endroit. A chaque fois je répondais « je ne sais pas, je ne suis pas sûr », jusqu’à ce que Wednesday 13 et moi-même commencions à en parler durant les trois années qui viennent de s’écouler. Je ne voulais pas mettre en avant un groupe plutôt qu’un autre, c’est juste arrivé au moment ou la scène metal commençait sérieusement à m’irriter. Il y a vraiment trop de groupes…
Wednesday 13 : Ouais ça craint.
Joey Jordison : Cette communauté est devenue ennuyeuse et ennuyante. Je lui ai alors demandé s’il voulait qu’on continue le truc, et on l’a fait.
Wednesday 13 : Le monde a besoin d’un groupe comme le notre en ce moment, car j’ai besoin d’un groupe comme le notre en ce moment. Les groupes se ressemblent tous aujourd’hui, ils sonnent tous pareil, ils n’ont plus de visage. Bien sûr, d’un point de vue technique ce sont tous de fantastiques musiciens, mais putain qu’ils aillent se faire voir, ils sont chiants ! Lorsque nous sommes arrivés la première fois, c’était en plein pendant la vague nu-metal, et on leur a botté le cul ! Aujourd’hui c’est la même chose, sauf que nous sommes encore plus énervés que la fois précédente. On a fait un super disque et nous sommes enfin déterminés à tout donner, car la dernière fois honnêtement nous n’étions pas à fond. Aujourd’hui nous avons un plan et il va y avoir une putain de vengeance.
Joey Jordison : Le premier album est très bien si on le prend pour ce qu’il est, bien sûr je l’adore, il est synonyme de fun et nous avons pris du bon temps sur la tournée à l’époque. Mais pour ce nouvel album, Wednesday 13 et moi étions plus concentrés, on s’est assis l’un en face de l’autre pour écrire. C’est la première fois qu’on compose entièrement un album de cette manière. Sur le premier album, il a ramené la moitié des compos et j’ai fait pareil, puis on a tout mis ensemble. Il n’y a pas vraiment eu d’échange.
Wednesday 13 : C’est allé vite, j’ai enregistré le chant en une journée à l’époque.
Joey Jordison : C’était cool, la façon dont c’est sorti, tout ça, mais là nous avons écris des chansons sérieusement, et on n’a pas passé tout notre temps à parler de films d’horreur et toute cette merde.
Wednesday 13 : Le premier album était fun, celui-ci aussi mais il est d’une certaine façon plus…
Joey Jordison : Sombre.
Wednesday 13 : Oui, il nous représente tel que nous sommes aujourd’hui, nous avons vieilli et nous n’avons plus les mêmes délires. Je n’ai plus besoin de parler de mes malheurs adolescents, j’ai une propre vie à raconter aujourd’hui. Ce groupe est toute ma vie, je lui suis entièrement dévoué. C’est ma putain de vie. A l’époque du premier album, tout partait en couilles dans ma vie et je n’ai pas pleinement su m’investir. Là j’ai tout donné, il ne s’agit pas pour autant d’un disque sérieux, disons que oui, il est plus sombre. |
| Vous êtes les uniques survivants du premier line-up. Qu’est-il arrivé aux autres Dolls ? |
Wednesday 13 : Très simplement, nous en avions marre de ces types. Les gens pensent que nous étions forts, tous ensemble, que nous étions une bande d’allumés…
Joey Jordison : La vérité c’est que nous n’avons quasiment jamais joué ensemble avant la tournée.
Wednesday 13 : Peu de gens le savent, mais au moment de la première séance photo ou du tournage de la première vidéo… nous ne nous connaissions simplement pas, nous n’avions même jamais répété tous ensemble. Nous avons donc dû apprendre à nous connaître dans le tour bus, pour la première tournée. C’est le truc bizarre, tu as cinq types de cinq endroits différents qui ne se connaissent à peine. Je connaissais juste Acey. C’est ce qui a fait dysfonctionner le truc, mais c’est aussi ce qui a fait notre force.
Joey Jordison : Ca a rendu le processus chaotique.
Wednesday 13 : Mais rétrospectivement, on s’est dit qu’on ne pouvait pas se remettre à bosser de cette façon, se contentant d’une optique fun bla bla bla. Nous voulions faire un disque sérieusement. Plutôt que de remettre un line-up sur pied, nous avons tout fait Joey et moi, de la musique au packaging. C’est notre création. Mais nous avons un putain de groupe de scène, on a récemment joué notre premier concert depuis 6 ans et c’était dément. Je suis impatient que le monde entier le découvre de ses propres yeux. |
| Qui a eu l’idée de ce titre, Women And Children Last ? |
Joey Jordison : C’est lui !
Wednesday 13 : Ouais, c’était une blague. Au départ, nous voulions appeler le disque The World According to Revenge.
Joey Jordison : C’est le titre de la première chanson.
Wednesday 13 : Mais j’ai un paquet de phrases entreposées dans un carnet. Une nuit de beuverie nous avons regardé ce qu’il contenait et nous avons trouvé que Women And Children Last ferait un titre amusant. Ça nous a fait marrer et lorsqu’on en a parlé aux gens autour de nous, ils trouvaient tous que c’était une super idée.
Joey Jordison : On ne savait pas encore s’il s’agirait du titre définitif, mais on aimait l’idée.
Wednesday 13 : Ca fonctionne, c’est notre façon de faire. Si on vous fait chier alors on a fait le taf. Et si on vous fait marrer, on a aussi rempli notre part du contrat. |
| Il ne s’agit pas que d’un titre d’album, lorsqu’on regarde le nom des chansons, comme Chapel of Blood, Homicide Drive, Rock N Roll is All I Got, Hello Goodbye Die, c’est comme s’il s’agissait de gimmicks. |
| Wednesday 13 : Exactement. Je pense que ce qui explique ces titres ou encore ma façon d’écrire, c’est que je n’oublierai jamais ce qui m’a fait tomber amoureux de la musique pour la première fois. Lorsque tu entres dans un magasin de disques, tu es tout d’abord attiré par la pochette d’un album, tu choisis celle qui te saute aux yeux. Et ensuite tu le retourne et tu regardes les titres. C’est ce que j’ai ressenti en écoutant Alice Cooper. La pochette, les titres de chansons, tout est là pour t’interpeler. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de titres « normaux », à part Nowhere. Certes, on peut voir ça comme une succession de gimmicks, mais pour moi c’est un package complet. Que tu aimes ou pas, une chanson qui s’appelle Chapel of Blood ou Hello Goodbye Die attirera forcément ton attention. Pour moi c’est important d’avoir des titres cool, c’est mieux qu’un simple « track 1 : suffering ». Tout est une question de fun ! |
| Musicalement, je trouve l’album plus heavy et plus lourd que le précédent alors que les paroles semblent plus punk et davantage inspirées de choses vécues. |
| Wednesday 13 : C’est tout à fait ça, cet album c’est du 50/50, il y a une moitié très personnelle et l’autre est inspirée d’histoires vraies. Il n’y a plus le délire horrifique. Prend cette chanson, Summertime Suicide, c’est l’histoire d’un gars qui rentre à la maison et qui trouve une lettre de sa copine qui s’est tuée, et du coup il se tue par la suite. C’est sans doute le titre le plus joyeux du disque ! Je me rappelle lorsque nous étions à une écoute organisée par le label. Ils me demandent si je veux présenter la chanson. Je leur ai raconté l’histoire que je viens de te conter, puis j’ai appuyé sur Play. C’était tellement drôle, Joey et moi étions assis dans un coin avec nos lunettes de soleil, et les gens souriaient, on se demandait si c’est parce qu’ils aimaient ou si c’était parce qu’ils nous trouvaient dingues. |
| Zeuss, producteur du groupe Hatebreed, a produit l’album. Pourquoi lui et qu’a-t-il apporté au son de Murderdolls ? Je pense surtout au puissant son de batterie… |
Joey Jordison : Je le connais depuis un moment, à force de le croiser en concert et d’écouter son travail. J’avais aussi bossé avec lui sur le projet 3 Inches Of Blood. Ce que je voulais, c’était un producteur habité par le même feu qui nous animait. Le label le voyait comme un metalleux, mais je pense qu’il a réussi à rendre notre musique plus puissante et plus lourde.
Wednesday 13 : Lui-même voulait faire quelque chose de différent car il était conscient qu’il était enfermé dans une certaine catégorie. Il avait besoin d’un peu de fraîcheur. Il est devenu l’un des nôtres, ce n’était pas le stéréotype du producteur qui fait les choses dans son coin et se contente d’empocher le blé.
Joey Jordison : Il bossait quelque chose comme 15 heures par jour.
Wednesday 13 : Et pourtant il n’a pas cessé de se marrer. C’est un blagueur lui aussi ! Il adore les vieux disques d’Alice Cooper, les vieux travaux de Bob Ezrin. Il a fait partie intégrante du projet.
Joey Jordison : Il gère ! |
| Sur l’album, on peut entendre la guitare de Mick Mars, de Mötley Crüe. C’était comment ? |
Joey Jordison : Fantastique !
Wednesday 13 : Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, c’est parti d’une blague. Il y avait cette chanson, Blood Stained Valentine, dont nous parlions un jour au déjeuner. Joey me dit qu’il sent un feeling à la Mick Mars sur la guitare lead. Notre manager nous a filé son numéro en nous disant que si on réussissait à l’avoir sur le disque, alors nous lui devions un paquet de clopes.
Joey Jordison : D’ailleurs nous n’avons toujours pas payé notre dette ! Mick est venu, mais ce n’était pas pour le fric, il adorait vraiment le morceau et il était excité de travailler dessus.
Wednesday 13 : C’est un super type, vraiment gentil. Il ne comprenait pas tout le respect qu’on avait pour lui, son travail, il nous a même demandé, « vous êtes sérieux, vous voulez vraiment que je joue sur ce morceau ? ». Ca sonne vraiment comme du Mick Mars, c’est encore mieux que ce que nous espérions. C’est le boss. |
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| Propos recueillis par Thomas Mafrouche
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