| De Phoenix il ne faut garder que le nom. Tout le reste a brûlé dans les cendres d'un passé sophistiqué. Leurs musiques, leurs paroles sur le dernier opus qui sort ces jours ci nous oblige à les retirer de la catégorie pop alambiquée pour les mettre illico presto dans la même ratatouille que tous ces groupes en « The » qui veulent nous faire guincher sur les tables. Ce troisième album marque une véritable rupture à tous les niveaux avec leur ancien champ musical. Un vrai moment de bonheur. |
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| Trois jours entre la fin de la tournée du précédent disque et le début de la conception du nouvel album c'est tout ce que vous vous permettez comme vacances ? |
| Pour nous faire un disque c'est limite des vacances. C'est très éprouvant mais c'est aussi très intense. Tout ce que l'on fait c'est pour vivre ces moments de création. Il y a quelque chose d'extrêmement puissant quand vous essayez de créer une chanson. |
| Par contre la vie privée doit en prendre un coup ? |
| C'est pour ça que toutes les chansons parlent de ça ! (rire) |
| Est ce qu'on peut dire que Phoenix s'est réincarné en Norvège et a repris confiance dans les clubs US ? |
| Peut être... on a beaucoup tourné dans beaucoup de pays outre les 2 que vous citez donc il faudrait tous les impliquer. Par contre nous n'avons jamais perdu confiance, nous étions dans un élan d'exaltation suite à la tournée et c'est pour ça que nous sommes partis directement à Berlin tout de suite après. Nous voulions compléter cette vie à 100 à l'heure des dates de concerts en faisant un album à 100 à l'heure. |
| Berlin participe beaucoup à la rupture des petites habitudes dans lesquelles vous ronronniez ? |
| Exactement. Ecrire des chansons ce n'est pas un job qui demande une routine. Il faut constamment se mettre en danger. Partir loin de chez nous, de nos habitudes c'était un bon moyen de tout mettre à plat. Un album amateur dans le bon sens du terme. On a toujours essayé d'éviter les gros studios, de vouloir faire sonner quelque chose de professionnel produit dans le circuit. C'est quelque chose qui nous dégoûte. On s'est retrouvé dans un studio de l'ancienne radio communiste est-allemande qui ne sert même pas pour la musique mais pour les bruitages de films ou de documentaires. Le but du jeu c'était d’avoir le même sentiment que lorsque nous avions 16 ans et que nous courrions pour aller répéter. |
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| Propos recueillis par Pierre Derensy
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