Interview de Raphael |
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Raphael
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| Raphaël continu sur sa lancé après le succès surprise de son dernier album. Il sort actuellement un concert enregistré au Théâtre du Châtelet. |
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| Es-tu effrayé par l'ampleur du phénomène "Raphaël" ? |
| Raphaël : Non. Je ne ressens pas le phénomène, je vois juste un album au destin particulier. Je me dis que cela ne sera pas comme ça pour les dix albums à suivre. Je le vois plus comme une aventure exceptionnelle à vivre que je n'étais pas forcé de vivre un jour, et que je connais maintenant. Mais ce n'est pas un truc acquis. Il y a un album qui a très bien marché, un grand succès populaire. Si j'arrive à faire des bonnes chansons pour les prochains albums, les gens le ressentiront. La musique est une passion dévorante, tant qu'il y a cette passion, je n'ai pas peur. Et puis même si cela marche moins bien après, l'important est d'avoir un pari artistique. |
| Comment vis-tu la pression ? |
| Raphaël : Je ne pose pas la question. Je ne me sens pas attendu au virage à chaque fois. Des fois, il y a des miracles, d'autres fois cela ne marche pas on ne sait pas pourquoi. Si on n'arrivait à paramétrer des trucs, ce serait plus simple, seulement voilà...l'important c'est de donner toute l'énergie nécessaire, et l'intériorité aussi. L'important ce n'est pas que lever le poing, il faut se remettre dans les chansons pour faire ressentir au public les émotions. |
| Tu as fait 110 dates, pas de lassitude ? |
| Raphaël : Non, on essaye de changer les set-lists, on a ajouté deux musiciens en cours de tournée. C'est assez limité, c'est sûr. Il y a des bascules, on joue bien pendant cinq dates et puis après pendant dix dates, les concerts ne sont pas aussi bien. Je n'arrive pas à l'expliquer. Mais on n'est jamais blasé d'être sur scène. Je n'ai pas le droit d'en avoir rien à foutre. C'est une expérience exceptionnelle. |
| Est-ce la fête tous les soirs après les concerts ? |
| Raphaël : Ca dépend. Au début, on avait envie de faire la fête tous les soirs, on était tellement contents. On découvrait la tournée ensemble. Après trois jours de fête, on s'aperçoit que ce n'est pas tenable. On tombe malade. On fait la fête une fois par semaine, mais on le paye pendant deux jours. Mais c'est important. |
| Comment te préserves-tu des nombreuses sollicitations dont tu fais l'objet ? |
| Raphaël : C'est souvent matériellement impossible de faire des interviews parce que l'on a beaucoup de trajet, on dort dans les bus, on dort en fragmenté, du fait des contraintes du spectacle. J'ai fait beaucoup de promo pour le lancement de l'album, de mars à octobre dernier, j'ai parlé à tors et à travers, j'ai fait beaucoup d'interviews télé radio. Il arrive un moment où j'ai le sentiment d'être plus loin de l'album, je n'ai plus nécessairement des trucs intéressants à dire sur les chansons. |
| Dans « La ballade du pauvre », tu t'engages un peu politiquement, est-ce une tendance que tu veux développer ? |
| Raphaël : Je ne prévois pas trop à l'avance ce que je mets dans mes chansons. Certains de mes petits contes vagabonds me donnent le sentiment de m'engager dans mes chansons. La manière dont je m'engage est plus facile par ce biais. Je suis souvent sollicité pour des manifestations, mais la plupart du temps ces manifestations sont affiliées et récupérées par un parti politique. Pas intéressant. |
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| Propos recueillis par Alexandre Blomme
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