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Interview de Rim'K
Rim'K
   
"A la base, le 113, c’est mon quartier. Pour moi c’est un peu une fierté et un clin d’œil. C’est une manière de dire : Rim’K du quartier pourri de Camille Groult à Vitry !"
   
Pourquoi as-tu choisi d’appeler ton second album famille Nombreuse ?
Les gens de mon entourage et qui sont vraiment proches de moi, mes fans de base, quand je leur ai annoncé le nom de mon nouvel album, ils ont trouvé ça super évident. Parce que, que ce soi en groupe (113), en collectif (Mafia k’1 Fry), on a toujours véhiculé cette image de clan, de famille. Par rapport à mon premier album, il y a plus d’invités. Sur le premier, je parlais plus de moi, ‘c’était très intimiste. Ici, j’ai ouvert l’album à plus de monde au niveau des productions musicales, du chant, du rap.
Souvent, dans les groupes, quand solo, ça se splite. Vous, avec le 113, c’est apparemment pas du tout le cas…
Oui, parce qu’en fait, on s’est connu avant la musique. C’est un rêve en commun qu’on a eu, de faire du rap ? On a appris à travailler le rap ensemble. C’est un truc qu’on a commencé ensemble et je pense qu’on va le terminer ensemble. En plus, les expériences solos, ça apporte au groupe. Celui qui a été faire un solo ou une compile, il revient avec des bagages en plus et il en fait profiter tous les autres. On ne va pas s’en plaindre…
Juste avant cet album là, il y a eu une street-tape Illegal Radio, avec des sons bien getthos. Qu’est-ce que toi, tu as pris d’Illegal Radio pour le mettre dans cet album-là ?
Beaucoup de flow. Parce que j’ai û rencontrer plein de rappeurs ; ca inspire et ça motive aussi parce ‘il faut s’adapter. Et puis surtout, ça m’a appris à contrôler ma musique parce que c’est auto produit, auto-financé, tout écrit. Ca m’a appris à mieux gérer mon art, que ce soit les clips, l’image, les morceaux…
Ici, forcément, on retrouve des sons orientaux. Comment tu as travaillé ces productions-là en particulier ?
Pour ces sons-là, il fallait que je renouvelle un peu le style. Donc on a un peu plus tiré sur les rythmes hip-hop. On a un peu épuré les sons orientaux pour ne garder que les mélodies.
De l’autre côté, il y a des morceaux avec des énormes basses. Au niveau de la production, comment as-tu créé ces sons ?
Je voulais que ce soit différent du premier, qui a eu un bon succès. Mais pour un nouvel album solo, il fallait que je fasse preuve d’une évolution. ? Ca fait 10 ans que je suis là, je sais ce que je veux faire. Mais il fallait quand même que j’ouvre le son à d’autres pour apporter un peu de fraicheur. Animalson, Demon, Meditherapie m’ont beaucoup apporté parce que ce sont eux qui font le rap d’aujourd’hui pour moi.
Parmi les featurings, il y a beaucoup de rappeurs totalement inconnus. Tu les a trouvé où ?
Ce sont des gens que j’ai rencontré au fur et à mesure de mon expérience. Il faut savoir qu’il y a plein de jeunes de la rue qui écoutent des sons qui ne passent ni à la télé, ni à la radio, ni dans les magazines. Beaucoup de mecs comme Seyfu ont un buzz énorme alors que les médias ne s’y intéressent pas. Je pense que ces gens-là avaient quelque chose à m’apporter et que je pouvais aussi les libérer et les faire mieux connaître.
Au niveau de la technique, comment t’es tu positionné par rapport à ton travail au sein du 113 ou de la Mafia ?
Vu qu’on est beaucoup, il faut aller à l’essentiel. On a moins de temps de parole chacun. Ici, en solo, cela permet de développer des sujets plus persos ou d’aller au bout de la réflexion. Il y a un morceau que je n’aurais jamais pu mettre dans un album collectif, c’est Au Cœur des Conflits. J’y parle des relations difficiles dans les couples, avec les enfants qui en pâtissent. Je n’aurais pas pu faire ce morceau-là parce que ça ne concerne que moi. J’en suis arrivé à un moment de ma vie où je pense à fonder une famille. Mais en groupe, les situations divergent alors il est compliqué de trouvé un thème qui rallie comme ça. Un morceau comme Le gros, très personnel, n’aurait pas non plus eu sa place dans un album de 113 ou de la Maffia ! Même Famille Nombreuse, qui parle des relations entre les potes et en famille. Ce sont des choses qui me tiennent à cœur mais en groupe, la réflexion commune ne nous amène pas là !
Tu disais que le 1er album te semblait plus personnels alors que celui-là aussi est très intime…
Je pense que les gens ont envie de voir l’envers du décor. C’est comme un gage de confiance et de qualité quand tu parles de quelque chose que tu connais, qui t’es propre. Je suis obligé de me livrer un peu et puis ça me fait aussi beaucoup de bien de le faire. A la base, je ne suis pas quelqu’un de très expansif mais le faire sur disque, ça ne me dérange pas. Je pense aussi que la musique, c’est beaucoup d’émotion. Alors le fait de parler de toi, ça permet de mieux écrire.
Dans On Flirte, il y a réunification de Vitry et de Marseille, ce qui n’est pas évident dans le rap français. Pourquoi ?
Moi, j’allais à Marseille avant de rapper. C’est une ville que j’ai toujours apprécié. Bien sûr, le rap, ils le vivent différemment mais ils ont un style à eux et ils ont vraiment du niveau. Ca m’est arrivé très souvent de collaborer avec des marseillais. Même si, au niveau footballistique on est en guerre…
Souvent, tu évites le seul état de lieu pour prendre clairement position, comme sur Collision ?
Je pense que c’est à nous de le faire car 75% de notre public est très jeune. Oui on a une responsabilité. C’est un devoir pour nous de prendre position. Ce que je dis c’est que si tout le monde y met un peu du sien, ça peut changer un peu…
Comment expliques-tu toutes les influences musicales présentes sur cet album ?
Sans trop de réalisation, je me suis vraiment fait plaisir. J’ai aussi voulu faire un flash back sur des trésors enfouis de soul, de pop… je voulais expliquer aux jeunes qui aiment bien le rap sans savoir d’où il vient quelles en sont les vraies racines.
Pourquoi toujours souligner Rim’K du 113?
Parce qu’à la base, le 113, c’est mon quartier. Pour moi c’est un peu une fierté et un clin d’œil. C’est une manière de dire : Rim’K du quartier pourri de Camille Groult à Vitry ! C’est pour ça que je le porte aussi haut !
Du coup, comment ça se passe quand vous, les membres du groupe, vous faites un solo ? Vous vous faites écouter les titres en exclu… ?
Oui, bien sûr ! On met même bien les mains dans le cambouis, On se connaît assez bien, on a grandi ensemble alors on ne se gène pas. On est là pour se charrier les uns les autres. Ramener de la bonne humeur dans les studios, ça ne peut faire que de bons morceaux.
Et alors, qu’est-ce qu’ils en ont pensé ?
Béh ils sont contents. Ils sont fiers de moi parce que ce n’était pas évident d’en sortir un 2e Ils m’ont beaucoup aidé. AP, il était là du début à la fin. Mokobé m’a donné beaucoup d’idées. On attend énormément la scène, comme d’hab’ !
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
 Artiste
 Rim'K


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Rim'K" 18/02/2008


 News Date publication
 Rim'K, les dates de la tournée 26/02/2008


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