Interview de Rockin Squat |
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Rockin Squat
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| «Le Hip-Hop, ça a fait rentrer des gens dans la musique qui n'étaient pas musiciens, des gens dans la peinture qui n'étaient pas des peintres, des gens dans la danse qui n'étaient pas des danseurs» |
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| Pourquoi a-t-on attendu si longtemps ce premier opus solo, Les Confessions d’un Enfant du Siècle ? |
| Il a mis du temps à sortir pour différentes raisons. Déjà parce qu’on est indépendant. On est en auto-production et on a de moins en moins de soutien de l’industrie du disque aujourd’hui. On a réussi à transformer notre musique en pop musique. Et quand tu es un artiste qui ne fat pas de la pop, tu as de plus en plus de difficultés à trouver des financements, des deals. C’est un peu ce qui s’est passé sur cet album solo. Même si je viens d’un groupe super connu, une légende du hip-hop en France, c’est toujours dur de monter des projets avec ce style de musique et de sujets dans mes textes. Et puis pou faire un disque de qualité comme nous on l’entend, ça demande de l’argent et aussi du temps. |
| Ici, on entend des rythmes crunk, reggae, rumba, salsa. D’où cela te vient-il ? |
Mes diverses couleurs musicales viennent des endroits du globe où je compose mes musiques. Et puis ça vient aussi de toute la richesse musicale que j’ai au fond de moi. Pour moi, le hiphop a toujours été le patrimoine de toutes les musiques. J’ai toujours big up le rock, la soul, le reggae, le jazz, la salsa, la samba, la bossa nova. Ca vient aussi du fait de voyager, de me retrouver avec de plus en plus de musiciens autour de moi, d’artistes qui appréhendent la musique comme moi, de façon naturelle, pas du tout guidée par la société de consommation ni par la réussite personnelle. Et puis, avec l’expérience de la musique que j’ai, à tripper en show et en studio, je pense que mon travail devient de plus en plus musical en restant hip-hop.
C’est ça la richesse de ce mouvement-là : prendre ce qui, entre guillemets, ne nous appartient pas, parce que l’élite en a décide autrement. Le Hip-Hop, ça a fait rentrer des gens dans la musique qui n’étaient pas musiciens, des gens dans la peinture qui n’étaient pas des peintres, des gens dans la danse qui n’étaient pas des danseurs. |
| Est-ce que tu peux nous parler un peu des groupes que tu a choisi pour tes featurings ? |
| Il y a Olodum, le groupe légendaire de batucadas de Bahia, le high level du brésil. Agallah the Don Bishop, ex-producteur de EPMD. Gimenez E qui pour moi est la révélation nu soul française. Personne ne le connait, il vient de Toulouse. KRS One, légende du Hip-Hop. J’ai eu l’honneur de pouvoir poser avec lui. Comme le mec est straight Hip-Hop, ça n’a pas été une histoire d’argent mais de respect mutuel. Il connaissait ma musique aussi parce qu’Assassin est aujourd’hui connu dans le monde entier pour son éthique, sa résistance et son ouverture. |
| On peut être étonné par des titres plus love… |
| Ah oui, mon côté lover ! Il n’y avait que mes proches qui étaient habitués. On a tous un peu de soul, de l’amour en nous. Donc là, sur mon album solo, je me suis permis de le sortir. |
| Pourquoi ? |
| C’est toute une histoire. De mon point de vue, on n’a pas de culture musicale. On est de culture littéraire. Il fallait, quand le Hip-Hop est arrivé dans ce pays, laisser la marque d’un groupe sérieux. C’est ce qu’on a fait avec Assassin. Donc je m’interdisais de sortir des titres autres que sociaux, politiques ou culturels. Il fallait amener des bases solides à notre mouvement. Pour qu’on ait aussi, en regardant notre histoire derrière nous, des groupes comme Public Ennemy. |
| Et c’est aussi pour ça que tu as mis quinze ans à sortir Enfant de la Balle et de parler de ta famille ? |
| Je suis rentré dans le Hip-Hop pour ce truc de contestation, de contre-culture et c’est ça qui m’a formé. Je suis autodidacte depuis l’âge de huit ans. Là on a quelques parcelles de ma vie mais je n’ai pas tout raconté et je ne le ferai jamais. Ma famille, je ne m’en suis jamais caché. Je dédicaçais déjà mon frère sur mon premier morceau, La Formule Secrète. C’est juste que la carte de visite genre « voilà ma vie », ce n’est pas la mienne. Enfant de La Balle a été écrit avant que notre père ne parte. On l’a perdu il n’y a pas longtemps. C’était donc important de laisser des traces comme ça. J’ai toujours aimé tous les membres de ma famille, on n’a jamais eu de confrontations. On a tous grandi artistiquement, on s’est toujours bien retrouvés, on est épanouis, équilibrés. Aujourd’hui, je pense qu’une partie de mon public a aussi le droit de savoir que tout va bien. » |
| Au niveau des textes, on a toujours cette plume trempée dans le vitriol. Pour toi, le combat continue ? |
Oui. « A luta continua » comme on dit au Brésil. Plus que jamais. Et de toute façon plus cette élite qui est au pouvoir continuera à contrôler le monde et plus on se retrouvera nous, gens du peuple à être oppressés et à ne rien comprendre. Parce que la manipulation elle est là, depuis l’école, passant par les médias, la manière dont on a écrit l’histoire, la manipulation des religions. Retrouver les vérités dans le monde dans lequel on vit est un travail de tout instant. C’est un luxe aujourd’hui d’avoir le temps de chercher cette vérité parce qu’on est tous à courir après l’argent. Parce que sans argent, tu meurs. Et tu vois que les quelques personnes qui essaient de nous informer et de se battre contre la conspiration mondiale sont les premiers à se faire enfermés ou se faire abattre. La réalité de notre lutte, c’est aussi la mort. Même la France est un pays de lutte. Voire la commune de Paris, la révolution française, le droit de vote pour les femmes, l’avortement. Tout ça, ça passe par la rue. Moi qui me penche de plus en plus sur la manière dont le monde est géré, en sortant des textes comme les Démocraties Fascistes ou Illuminazi 666, je me rends compte que pour atteindre la liberté dans le monde dans lequel on vit, il faut déplacer des montagnes. Et ces montagnes, ce sont des billionaires qui contrôlent l’armement, l’information, les satellites. On est dans un vrai état policier. Moi je crois à la conspiration mondiale.
Moi je vous conseille de vous rendre sur le site Infowar.com d’Alex Jones, de vous pencher sur le travail de David Icke, de Jordan Maxwell… |
| Et le rap, aujourd’hui, c’est la meilleure musique pour faire passer ce genre de message ? |
| Non, je ne pense pas. Je pense que le rap est de plus en plus aseptisé et de plus en plus pop. Moi qui suis au Brésil, le repente, la musique du sertao, est beaucoup plus revendicatrice que ce que j’entends dans le Hip-Hop. Aujourd’hui, les artistes revendicatifs ans le rap se comptent sur les doigts d’une main dans le monde entier. Tout le monde veut ressembler à l’autre dans une société de paraitre et de consommation. Alors non, je ne pense pas que le rap soit la musique la plus apte à faire passer ce genre de message. La société de consommation de transformé la plupart de ces acteurs en guignols. Aujourd’hui, il faut avoir un haricot dans la tête pour pouvoir rapper. L’art en général, oui. Je pense que dans le spoken word, il y a des artistes super intéressants aussi. Comme chez les griots africains, dans les chants indiens. |
| Quels projets ? |
| La tournée qui va passer par l’Amérique Latine jusqu’en fin décembre et on passe avril-mai-juin en France. Il y a l’album de Profecy qui va sortir en 2009, comme mon deuxième volume des Confessions d’un Enfant du Siècle. On attend aussi l’album de DJ Duke avec uniquement des artistes underground. |
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| Propos recueillis par Lajoinie Adeline
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