| Aux Vieilles charrues, Sean Lennon se prête à l’exercice compliqué de la conférence de presse. Aux questions existentielles, Sean répond avec un humour très personnel. Extraits... |
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| Journalistes : Je ne voudrais pas trop vous embêter avec ça, mais pensez vous que d’être le fils de John Lennon est plutôt un atout dans votre travail ? |
| Sean Lennon : Bien sûr que c’est un avantage ! Ça ouvre sur des opportunités que les autres n’ont peut-être pas, donc pour moi c’est une chance, même si de temps en temps c’est un peu plus difficile pour quelqu’un sans terre, comme moi. Normalement, je crois que c’est bien ! |
| Journalistes : Est ce que, musicalement, tu te sens beaucoup influencé par ce que ton père faisait précédemment ? |
| Sean Lennon : Par mon père ? |
| Journalistes : Oui |
| Sean Lennon : Oui, bien sûr ! Mais je crois que tout le monde est influencé par mon père. Je viens juste d’entendre Brian Ferry interpréter une chanson de mon père, donc, oui ! Je suis influencé par lui. C‘est la raison pour laquelle je fais de la musique, grâce à lui. |
| . Journalistes : Est ce qu’a l’avenir tu nous gratifieras de quelque chose de différent musicalement, d’un son qui te soit plus propre ? |
| Sean Lennon : Je ne cherche pas une sonorité qui me soit propre. Tu sais, je suis juste un artiste et je ne cherche rien. La vie c’est maintenant, ce n’est pas dans le futur. Moi, je n’écris pas des chansons pour trouver mon identité. Je fais de la musique pour exprimer mes sentiments et seulement pour ça ! |
| Journalistes : De quel environnement as-tu besoin pour écrire et composer tes textes ? |
| Sean Lennon : Rien de spéciale, une chambre tranquille. J’ai besoin d’un piano ou d’une guitare, et, normalement, il faut que je sois seul. S’il y a quelqu’un, il faut que ce soit une personne que je connais très, très bien. Autrement c’est très embarrassant d’écrire une chanson avec quelqu’un dans la chambre. Une chambre avec une porte fermée. |
| Journalistes : De combien d’instruments joues-tu ? |
| Sean Lennon : Je ne sais pas, cinq ou six, je crois ! Normalement, j’écris avec une guitare et un piano parce que ce sont des instruments très différents. La guitare aime bien certaines notes, certains accords alors que le piano aime toutes les notes de la même manière. Selon moi, il faut inter changer les deux instruments. |
| Journalistes : Peux tu nous raconter comment s’est produite ta rencontre avec Mathieu Chedid ? |
| Sean Lennon : C’est parce que je suis un de ses fans, et j’avais besoin de quelqu’un qui puisse traduire mes paroles. J’ai besoin de parler, de chanter en français. Je ne sais pas pourquoi, c’est amusant pour moi. Comme je trouve Mathieu vachement bien, je l’ai donc appeler. |
| La version française de « Parachute » est très réussie et en même temps les clips en français et en anglais sont très différents, la version anglaise semble plus aérienne ? |
| Sean Lennon : Peut-être est-ce une autre chanson, c’est difficile de traduire de l’anglais au français, le sens des mots est complètement différent. Il y a des subtilités qui sont très importantes. Normalement quand je fais une reprise, je veux changer des choses, autrement, je trouve ça ennuyeux. |
| Journalistes : Dans la vidéo tu joues de tous les instruments sur du très beau noir et blanc avec Mathieu accroché. Qui a eu toutes ces idées ? |
| Sean Lennon : C’est Audrey Tautou et je la trouve très cool ! |
| Journalistes : Merci pour ta reprise de T.Rex. C’est magnifique cette façon de prolonger les notes et de créer une ambiance incroyable ! |
| Sean Lennon : J’ai changé tous les accords. Je préfère changer des choses quand je fais une reprise. Je crois que c’est plus intéressant. Pourquoi faire ce qui a déjà été fait ? J’adore T.Rex et pour moi c’est intéressant de travailler sur des morceaux de gens que j’aime tout en changeant les notes, les arrangements et l’atmosphère. |
| Journalistes : Quels sont les cinq ou six musiciens qui vous ont le plus influencés ? |
| Sean Lennon : C’est difficile à dire parce qu’il y en a deux mille, je crois ! La vérité est que petit j’écoutais les Beatles, Jimmy Hendrix, Let Zeppelin, The Rolling Stones, Pink Floyd, David Bowie et bob Dylan. |
| Que pensez vous de la reprise de « Jealous guy » jouée tout à l’heure par Roxy Music ? |
| Sean Lennon : C’est génial, j’adore Roxy Music ! Cette reprise est sortie durant les « eighties » et elle est vachement bien. J’adore Bryan Ferry. Je crois qu’il est un Dieu ! |
| . Journalistes : Bryan Ferry vient de faire un album entier de reprises de Bob Dylan. Si tu faisais une reprise de Dylan, laquelle choisirais-tu ? |
| Sean Lennon : Si je devais faire une reprise ?...Il y en a plein, je pourrais faire toutes les chansons de Bob Dylan. Je connais toutes ses chansons. |
| Journalistes : Bien que tu sois un chanteur américain, il y a une influence anglaise dans ta musique. Par exemple dans « Friendly fire », la mélodie est un peu anglaise, non ? |
| Sean Lennon : Peut être, c’est difficile d’expliquer quelle mélodie est française, anglaise ou américaine parce qu’il y a seulement douze notes dans la musique. |
| Journalistes : De quoi parle la chanson « Friendly fire », de la difficulté d’une rupture ? |
| Sean Lennon : Oui, c’est l’histoire de mon meilleur ami, qui maintenant est décédé, et de ma copine. Tu sais, ces histoires qui sont un désastre. Toutes mes chansons parlent de ma vie, c’est comme ça ! |
| Journalistes : Vous êtes très connu au Mexique, non pas parce que vous êtes le fils de John Lennon, mais parce que vous êtes Sean. Envisagez-vous de faire une tournée au Mexique ? |
| Sean Lennon : J’aimerais beaucoup, j’adore Mexico, il faudrait que quelqu’un contacte mon agence car je ne peux pas arriver avec mon groupe sans avoir été invité. |
| Journalistes : Vous avez écrit une nouvelle chanson, « Smoke and mirrors ». Dans quelle ambiance a-t-elle été écrite ? |
| Sean Lennon : Je l’ai écrit pendant la tournée, dans une chambre. Je ne l’ai pas joué ici car c’était difficile de jouer une chanson trop nouvelle devant trop de gens, mais j’aime bien cette chanson. |
| Journalistes : Es-tu bon cuisinier ? |
| Sean Lennon : Très, très, très bon !Je peux tout faire sauf les pâtisseries, c’est trop difficile. En fait ce n’est pas trop difficile, mais je suis déjà gros et je ne veux pas grossir encore. Si je faisais des pâtisseries, ce serait un désastre. |
| « Dead meat » est un titre très cool, mais les paroles sont dures. C’était quoi l’inspiration, quelqu’un à qui tu dis « Tu vas avoir ce que tu mérites ? » |
| Sean Lennon : Non, ce n’était pas ça. J’ai voulu créer un antagonisme entre la musique et le texte. Une belle mélodie opposée à la colère des paroles. Je trouvais l’histoire de cette relation entre parole et musique intéressante. Le conflit entre les paroles et la musique. C’est un conflit qui exprime une histoire sur les paroles. |
| Journalistes : Créer de l’art à partir du conflit rappelle la façon de travailler de ta mère, quelle a été son influence sur toi ? |
| Sean Lennon : Il est possible que j’aie d’avantage été influencé par ma mère que par mon père. J’ai vécu avec mon père jusqu’à l’âge de cinq ans et avec ma mère de zéro à quinze ans. J’étais en studio avec elle entouré de ses films, ses peintures , ses dessins. C’est sûr que je suis un artiste à cause d’elle ou grâce à elle. Je crois qu’il y a actuellement une renaissance de Yoko et c’est bonne chose car à l’époque des années soixante et soixante-dix le monde n’a pas compris ma mère. Je crois que maintenant les gens la comprennent. Elle est très avant-gardiste, elle est plus proche d’ un Marcel Duchamp que les Beatles et c’est pour cela que le monde ne l’a pas compris. |
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| Propos recueillis par . Conférence de presse
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