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Interview de Shaggy
Shaggy
   
"Si vous regardez l'histoire de Shaggy, Shaggy utilise toujours des classiques. De vieilles chansons que Shaggy revitalise avec son propre son, j'appelle ça « Shagatiser»
   
Depuis que vous avez commencé ce métier, vous avez produit presque un album par an. Vous êtes un artiste très productif, comment travaillez-vous ?
On fait tout le temps de la musique. Par confort, j’ai fait installé un studio d’enregistrement dans ma maison, donc je produis de manière constante des titres. Donc quand il est vraiment temps de sortir un album, on essaie de faire des enregistrements, et quand l’album est prêt à la fin de la journée, c’est une combinaison de nouveaux titres et de chansons existantes déjà enregistrées dans le studio. Cela vous garde occupé tant que votre créativité est concernée.
Vous possédez trois maisons dans différents pays, vous déclarez toujours voyager. Vous n’arrêtez jamais de marcher ?
Plus ou moins. Si je restais toujours dans un même endroit, je serais probablement ennuyé. Je pense qu’avoir trois endroits où rester constitue une manière de briser la routine. J’ai presque des styles de vie différents avec différentes énergies, parce que chacun des endroits possèdent sa propre énergie. Cela alimente ma créativité.
Vous travaillez avec Dj Sting International. Comment fonctionnez-vous et comment choisissez-vous vos producteurs ?
Je travaille avec des producteurs indépendants qui font partie de Dj Sting International. Sting International est sur tous les albums, parce qu’il fait plus partie de Shaggy, que moi-même j’en fais partie. Mais, je trouve ça moins porteur de sens de travailler avec un producteur avec lequel vous n’avez pas de relations. Je trouve que la musique s’en ressent. Comment faire pour faire sonner un disque avec une personne qui n’a pas sa propre chimie et qui va transcender la musique ? Vous travaillez avec quelqu’un parce que c’est la bonne personne au bon moment, parce que c’est la personne qui va tout explosé. Sans cette vraie connexion, ce producteur pourrait travailler avec Shaggy, parce que cela rapporte de l’argent. Il pourrait ne pas être fan ou avoir ce respect pour la musique. Mais quand vous êtes amis, vous avez ce quelque chose en dehors de la musique qui valide ce type de situation.
Avez-vous travaillé différemment pour ce disque ?
Non, pas vraiment. Je savais vers quelle direction m’orienter. Et je l’ai prise, quelque chose de plus dur. Je ne suis pas allé dans un autre pays et je n’ai pas écrit à la chandelle (rires). C’était toujours le même procédé, je savais ce que je voulais faire.
Il y a beaucoup d’atmosphères différentes sur cet album. On ne vous attendait pas dans un tel exercice…
Vous avez raison. Je ne suis pas du tout à la même place qu’il y a cinq ans.
Où êtes-vous maintenant ?
Ce sont juste mes vibrations qui ont évoluées. Peut-être que le prochain album sera différent. Je suis très satisfait des orchestrations produites sur cet album, des ambiances créées, du contenu des paroles.
Vous avez travaillé sur ce disque avec des grosses pointures du moment comme Akon et des gens plus confidentiels, plus proche de vous. Comment avez-vous choisi vos featurings ?
J’ai choisi en fonction des chansons. Je faisais d’abord les titres. Comme pour cette chanson « Big Tits », je me demandais qui allait chanter. J’ai bien écouté et je me suis dit : « Moi et Sizla ». Je pouvais presque entendre sa voix sur le track. Juste de le sentir, je me disais que cela pouvait être unique. Après on a trouvé la mélodie, on a écrit les paroles…
Vous connaissez Lord Kossity. Que pensez-vous du Dancehall français et quels sont vos rapports avec Lord Ko ?
Je crois que Lord Ko est l’un des chanteurs de Dancehall les plus connus en France. Il est très talentueux pour la musique et comme parolier. Je l’ai rencontré quand il est venu enregistrer son album en Jamaïque. On est devenus amis, je suis revenu en France quelques fois passer du bon temps avec lui. Après on a fait quelque chose ensemble pour son album.
Vous êtes l’un des chanteurs jamaïcains les plus connus dans le monde. Quel est votre regard sur le mouvement Dancehall ?
Je crois que le Dancehall est à une meilleure place qu’il y a quelques années quand j’ai commencé. Quand j’ai débuté, c’était un challenge, parce que la musique elle-même n’était pas très exposée. Maintenant, on peut trouver des radios qui programment du Dancehall. De moins en moins, car la qualité a baissé. Mais il y a eu un pic, toutes les radios en programmaient, mais la production n’assurait pas. La même chose s’est passée avec le reggae, mais il fallait trouver les mecs pour poursuivre le mouvement. Actuellement, ça n’est pas trop mal, mais cela pourrait être mieux (rires)…
Quels sont vos liens avec la musique actuelle jamaïcaine ?
Je vis toujours en Jamaïque. J’y suis le plus de temps que j’y peux. J’ai même un label donc je suis toujours connecté avec ce qui se passe là-bas. Et si je n’y suis pas, merci Internet pour rester en connexion avec ce qui s’y passe. La scène jamaïcaine est très active. Mais on a besoin de la faire connaître pour qu’elle soit plus active en dehors de la Jamaïque.
Tous les artistes ont des hauts et des bas. Après, avoir vendu autant de disques, comment gérez-vous les passages plus difficiles ?
C’est juste comme tous les jours, il faut se dire que cela nous rendra plus fort et continuer. Je ne pense pas que l’on pourra refaire un coup comme avec « Hot shot ». C’est monté tellement haut dans les chiffres, c’était phénoménal. C’était un accomplissement en quelque sorte. Je crois qu’on avait porté la musique à un top avec « Hot Shot » et on veut continuer sur cette lancée. On fera sans doute d’autres chansons qui nous rendront plus crédibles avec plus de reconnaissance qu’avec « Hot shot », mais ce qu’on a fait avec ce disque, je ne vois plus cela possible. Même dans le monde de la musique, je ne pense plus que l’on vendra des millions de disques, quelque soit le style ou la superstar.
Vous possédez beaucoup de titres qui ont énormément marché. Mais vous êtes aussi un show-man extraordinaire avec votre « orchestre ». Comment ressentez-vous l’expérience de la scène ?
Ca n’est qu’un quartet, mais il sonne comme un orchestre. J’ai enregistré avec un orchestre sur « Night to a promise », parce que j’aime explorer d’autres univers. Mais si on revient au groupe et ces merveilleux musiciens que j’ai sur scène, c’est juste du plaisir.
Sur votre single « Those days » avec Nasha, vous avez utilisé une boucle d’un morceau très célèbre. Comment avez-vous construit cette chanson ?
Si vous regardez l’histoire de Shaggy, Shaggy utilise toujours des classiques. De vielles chansons que Shaggy revitalise avec son propre son, j’appelle ça « Shagatiser », comme « Carolina » qui est une chanson très connue. Des chansons comme « In The Summertime », « Angel in the morning ». On prend de grandes chansons et on leur met un coup de turbo. « Those Days » avait déjà été repris trois ou quatre fois. Je crois que par rapport à la version que j’ai pu écouter, on l’a vraiment portée jusqu’au Dancehall avec les arrangements de cordes derrière.
Vous laissez carte blanche aux arrangeurs et à vos ingénieurs du son ?
Je fais moi-même les arrangements. Dès la création, je sais où vont se trouver les ponts. L’arrangement musical est exclusivement fait par Sting ou les autres producteurs. Quand Sting arrange les morceaux, il se peut qu’il bouge deux ou trois choses. Je me charge des arrangements vocaux.
Pouvez-vous nous parler de Nasha qui a collaboré sur deux titres de l’album ?
Je voudrais la faire connaître à la scène internationale. On avait déjà fait des chansons sur le précédent album, « Ultimatum ». Elle fait partie de l’équipe, c’est une voix unique, une femme très belle. Un style vocal qu’il n’y a pas besoin de réarranger. Et une incroyable parolière. Elle doit être présentée au monde.
Quels sont vos projets futurs ?
Je veux me focaliser plus sur le côté tournée. Je ne crois pas que je vais refaire un album tout de suite. Seulement deux ou trois singles…
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
 Artiste
 Shaggy


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Shaggy" 24/07/2008


 News Date publication
 Shaggy kiffe l'Euro 2008 04/06/2008


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