| Soldiers of Jah Army était en concert à Paris la semaine dernière, bonne occasion pour leur poser quelques questions... |
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| Pouvez-vous présenter votre groupe ? |
| Je connais le guitariste Jacob Hemphill et le bassiste Bob Jefferson depuis que j’ai cinq ans. Nous avons grandi ensemble en écoutant Bob Marley et le reggae nous a semblé le meilleur style pour exprimer notre art. Nous voulions faire de la musique engagée et aider ce monde dérangé à s’en sortir. |
| Pourquoi avez-vous choisi le reggae ? |
| C’est le reggae qui nous choisi. Nous écoutions différents styles de musique mais nous avons trouvé que le reggae était le seule qui faisait la différence en ce monde et qui véhiculait un message au lieu de divertir uniquement. Nous venons de Washington D.C. la capitale des Etats-Unis et nous ne pouvions fermer les yeux sur ce qui se passait dans le pays. |
| Comment est la scène reggae à Washington ? |
| Il y a beaucoup d’Éthiopiens et de Jamaïcains. Même si la scène reggae n’est pas très développée, nous allions voir des groupes comme Black Sheep ou Midnight et des concerts gratuits de reggae le dimanche. La scène reggae était plus importante dans les années 1980 et a décru dans les années 1990. Nous avons commencé vers 1995 dans de petits bars et avons créé des réseaux de contact. Aujourd’hui nous jouons au 930 qui est un club très réputé de Washington. |
| Quelle place occupe le mouvement rastafari dans votre vie ? |
| Pour moi, Jah et le mouvement rastafari signifient l’esprit qui est dans toute chose. Je pense que si l’on ne croit en rien, on est loin de tout. J’ai toujours su que j’allais suivre certaines directions et un chemin et que j’aurais un effet positif sur le monde. Quand je partirai, le monde sera meilleur. A travers le rastafarisme, j’ai appris que les êtres humains devaient s’occuper de la planète. Les êtres humain font l’inverse. Nous prenons sans rien donner en échange. Beaucoup d’animaux vivent en symbiose avec la nature. L’homme est le seul qui peut briser la chaîne alimentaire. Les animaux ont un instinct et c’est étrange de voir le pouvoir que nous avons de prendre tout ce que nous voulons de la nature. Le message du rastafarisme est de devenir plus sage et de savoir prendre des décisions. |
| Que pensez-vous de la politique américaine ? |
| Je ne sais même pas si George Bush sait lire ! Je ne pense pas que ce soit lui qui prenne toutes ces décisions mais son entourage et ses conseillers. Le gouvernement est une seule entité, ce sont tous la même personne. Ils ne prennent que des décisions basées sur l’argent, le pouvoir et la protection des richesses. Nous voulons véhiculer le message opposé. L’amour que tu prends est égal à l’amour que tu donnes. Les Etats-Unis sont souvent un parasite pour les autres pays tout comme l’être humain est un parasite pour les autres espèces vivantes. On remonte des nations les unes contre les autres comme au Moyen-Orient ou en Irak et en Iran. Je ne crois pas du tout en notre gouvernement. Le dernier président que j’ai trouvé convenable était Bill Clinton. Nous ne regardons pas les membres de notre gouvernement comme des dirigeants. De véritables dirigeants sont des gens comme Martin Luther King. Les gens se sentaient obligés dans leur cœur de le suivre ce qui n’est pas le cas pour George Bush. Ils se disent juste « Je suis républicain alors je vote républicain. » Cela n’a aucun sens. |
| Quelles sont vos influences musicales ? |
| Nous incorporons des sonorités rock surtout à la guitare, hip hop et go-go (une musique de Washington). Le reggae est né en Jamaïque mais nous essayons d’y ajouter nos influences en tant qu’Américains, de rester nous-mêmes et d’être authentiques. Nous avons tourné six ou huit fois à Porto Rico et en Amérique Latine. Le reggae a également des origines latines. Nous chantons en espagnol car c’est un bon moyen de toucher davantage de gens et de leur transmettre notre message. Tout est question d’éducation et de communication. |
| Jim Fox a enregistré votre album Comment l’avez-vous rencontré ? |
| Il vient du même quartier que nous. Un jour, nous avons découvert qu’il travaillait dans la rue où nous vivions. Nous sommes allés le voir et il nous a aidés et nous a présentés des gens qu’il connaissait. |
| « Get Wiser » est votre troisième album. En quoi le message et la musique ont-ils évolué ? |
| Le message est toujours le même. Notre musique est comme de la peinture. Parfois un peintre commence à peindre sans savoir ce que cela va donner, nous fonctionnons de la même façon. Nous gardons ce que nous aimons et jetons ce qui nous déplaît. Le premier disque était plus reggae traditionnel. |
| Avez-vous appris à jouer ensemble ? |
| Oui de la guitare surtout Mon père chante dans une chorale à Washington D.C. et toute ma famille est dans la musique. Ils jouent tous du piano, de la guitare. On participait à des radio crochets quand on était jeune et on chantait aux fêtes de fin d’année du lycée. Du Wu Tang Clan ou ce genre de musique. On a toujours aimé la musique et on en écoutait beaucoup ensemble. Mon père a des disques qui recouvrent tous les murs de sa maison. Chaque fois que vous entrez chez lui, il y a de la musique. C’est un peu comme ça chez moi aujourd’hui. C’était un amuseur-né et j’étais un musicien-né.
Ma mère écoutait beaucoup de musique aussi. J’aimais faire le pitre et danser dans le restaurant de mes parents, imiter Michael Jackson en dansant sur le bar. |
| Comment préparez-vous vos concerts ? |
| On ne planifie rien. On essaie de s’amuser et les gens qui viennent nous voir pensent que l’on est fou. On court partout, on saute en l’air. On adore ça. Quand le public est très énergique cela nous nourrit et on leur rend une énergie similaire. |
| Vous avez fait beaucoup de concerts en France ? |
| Oui je crois que nous les surprenons un peu chaque fois car ils sont habitués à un autre type de reggae. Les dix premières minutes sont toujours difficiles. Les gens se demandent ce qu’on est en train de faire. Mais après ça leur plaît. Nous avons choisi de faire du reggae surtout pour le mouvement rastafari et pour les paroles. C’est ce que l’on essaie de faire. |
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| Propos recueillis par Lajoinie Adeline
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