Waxx-Music
   
Rechercher par artiste ou mot clé
 
Waxx mobile
 
Accueil > Artistes > Interview > Soulfly
 
Interview de Soulfly
Soulfly
   
« Plus le monde sombre dans le mal, meilleur l'art peut être. C'est bon pour les groupes que le monde soit aussi baisé. »
   
Comment se déroule la tournée jusqu'à présent ?
Max Cavalera (chant) : Très bien. Nous revenons de concerts vraiment très différents, en Turquie, Israël, Chine, Sibérie... Et nous voici de retour encore une fois, pour la dernière partie de la tournée européenne. On enchaînera ensuite sur une autre tournée américaine, avant de faire une pause pour les vacances de Noël.
Comment s'est déroulé le concert en Chine ?
C'était dans un festival. Il y avait 10.000 personnes, et il a fallu conduire 2 heures depuis Shangai. C'était un festival très cool, qui se déroulait sur 3 jours. Le premier jour il y avait Loudness du Japon, le second jour c'était Soulfly qui était en tête d'affiche, et Avenged Sevenfold le troisième. J'ai été sur le cul de voir le nombre de gens qu'il y avait. Il y avait 10.000 chinois fans de métal. Ils étaient tous fous, c'était génial. Il y avait beaucoup de mouvements dans le pit. C'était putain de bien !
Quels sont les pays où tu préfères jouer ?
Je n'en ai pas vraiment un en particulier. Ca change d'une fois à l'autre, des fois tu vas dans un endroit et c'était cool, tu reviens et ça l'est moins, beaucoup de choses sont différentes... J'aime aller dans des endroits où je ne suis jamais allé jouer devant, c'est excitant. Comme la Sibérie. C'était nos premiers concerts là-bas, mais c'était aussi le premier concert pour beaucoup de gens là-bas. Soulfly est le premier groupe à avoir tourné en Sibérie, et ce de façon nationale. On a fait 6 concerts là-bas, et certaines villes accueillaient pour la première fois ce genre de show je pense. Alors le public avait vraiment faim, ça a donné des supers concerts.
Et quels souvenirs as-tu de tes passages en France ?
J'en ai beaucoup, beaucoup. Et des différents. On est venus l'année dernière avec Cavalera Conspiracy, c'était super, il y avait un public à blinde. On a d'ailleurs filmé le concert, et on envisage de le mettre en cadeau bons dans le prochain album, gratuitement, pour les fans. J'espère que l'on aura les droits pour le faire. Je suis venu ici avec Soulfly dès le début, quand Logan était encore dans le groupe. J'ai déjà joué ici, à l'Elysée Montmartre, et c'était bien. Je pense que ça va être un bon concert aussi ce soir.
Avec le nouvel album, Omen, on a l'impression que la musique de Soulfly devient plus brutale, alors que d'habitude les groupes de métal deviennent plus soft...
L'idée est venue de ma propre pensée. J'aime le fait que quand un groupe devient plus populaire, il devienne plus brutal, plus agressif. Et comme tu l'as dit, le plus souvent, les groupes deviennent plus commerciaux et plus soft. Alors comme j'ai la chance de pouvoir le faire avec mon propre groupe, je me suis dit qu'on devait se lancer, parce que j'aime les trucs heavy, agressifs. Beaucoup de l'énergie de cette musique dépend de la foule, du mosh pit. Je voulais vraiment faire un album qui soit taillé pour le mosh pit. Chaque chanson sur cet album contient une partie qui a été écrite spécialement pour le mosh pit. Je ne fais que suivre mon propre chemin, en revenant à mes racines plus métal, après toutes ces années dans le buisness, où j'ai tout fait. Soulfly était plus tribal, plus world music, les fans de Soulfly étaient davantage des métalleux et des punks. Donc c'est bon de revenir à quelque chose de plus métal.
L'atmosphère est également très sombre, peut-être même plus que sur Dark Ages. Dans quel état d'esprit étais-tu au moment de composer ?
Je souhaitais juste faire un album très agressif, excitant et énergisant. Certains éléments, certains grooves, sont de retour sur cet album, comme sur « Rise Of The Fallen ». « Kingdom » a aussi ce groove très cool qui ramène en plein dans les années Sepultura. Certaines des autres parties de l'album comme « Boodbath & Beyond » sont vraiment hardcore. Je voulais mettre mes propres influences hardcore comme Discharge, GBH, tous ces groupes avec qui j'ai grandis et dont personne ne reprend l'héritage. J'ai voulu faire une chanson comme ça. Personne ne le fait, personne ne commence un album avec une chanson hardcore. Donc je me suis dit : « On va faire ça. On va ouvrir cet album avec une chanson hardcore ». Tout le monde ensemble, comme une bombe atomique. Boum ! Voilà pour l'état d'esprit de l'album. On est allés en studio avec comme objectif de s'amuser à écrire les chansons, et comme je l'ai dit, mon idée première était d'écrire ces chansons pour le mosh pit. Pour toutes les chansons que j'ai écrit pour Omen, je fermais presque les yeux et j'imaginais un mosh pit pendant que je jouais les chansons. C'est donc un album conçu pour être joué en concert, et c'est pour cela qu'il y a ces réactions si géniales sur ces morceaux quand on les joue.
Est-ce que les 7 personnages sur la pochette de l'album font référence aux 7 pêchés capitaux ?
Oui. L'artiste qui a fait l'artwork de l'album s'appelle David Ho. Il a fait des dessins pour Star Wars. Je l'ai trouvé dans un bouquin de Star Wars que j'avais à la maison. Il y avait des designs similaires, comme les prophètes au masque à gaz. J'ai vraiment aimé, et je l'ai contacté. J'ai parlé avec lui, et je lui ai demandé si il avait déjà travaillé sur un album avant. Il a dit non, qu'il ne l'avait fait que pour Star Wars, mais qu'il aimerait beaucoup faire un album. Il me connaissait et il connaissait Soulfly. Dès le début j'ai eu une bonne relation avec lui, c'était excitant. Je lui ai dit que c'était le septième album de Soulfly, et il a eu l'idée de mettre dans les mains de chaque prophète un pêché. Les pêchés originels. Ca m'a plu, et on s'est dit qu'il fallait aller plus loin que seulement la pochette, alors il a transposé ces 7 prophètes sur tout l'artwork. Je trouve que c'est un artiste vraiment talentueux, et que ce qu'il a fait est très cool, de relier toutes ces images entre elles.
A quoi fait référence « l'empire » dont tu parles dans « The Great Depression » ?
L'idée de la chanson tourne autour d'une civilisation. Comme Rome qui était la plus grande puissance mondiale. Toute grande civilisation finit par tomber un jour. Elle atteint le sommet, puis s'effondre. C'est vraiment de cela que traite « The Great Depression », l'idée que chaque civilisation, aussi forte et puissante soit-elle, finit par tomber.
Est-ce que tu penses que ces temps de crise sont de meilleurs sources d'inspiration pour les musiques radicales, qui à la base sont des musiques de contestation ?
Je pense, oui. Quand le monde est dans un tel chaos, l'art a toujours été bon pour sortir du système. Un peu comme une thérapie. Transformer tout ce qu'il y a de négatif en quelque chose de positif. Et je pense que l'art peut faire cela d'une manière très cool, donc d'une certaine façon, plus le monde sombre dans le mal, meilleur l'art peut être. C'est bon pour les groupes que le monde soit aussi baisé. (rires) Aussi mauvais que ça puisse sonner, c'est la stricte vérité. Beaucoup de bons albums sortent à ces moments-là. A l'époque du punk, l'Angleterre était dans une grande récession, tout le monde détestait Margaret Tatcher. Beaucoup de bonne musique a été faite à cette époque. Les Sex Pistols, les Clash, Discharge... Il y a beaucoup de bonnes choses qui sont sortis d'Angleterre en ces temps. Ils étaient directement influencés par ce qu'ils vivaient.
Pourquoi avoir choisi de faire une chanson sur le tueur en série Jeffrey Dahmer ?
Ca faisait très longtemps que j'avais cette idée en tête. Déjà quand j'étais dans Sepultura. J'ai toujours voulu faire une chanson sur un serial killer. Je ne savais pas lequel. A la base je voulais le faire sur Charles Manson, quand j'étais dans Sepultura. Je n'ai jamais pu trouver la bonne vibe, la bonne atmosphère. Mais quand j'étais en train d'écrire Omen, j'ai trouvé un bouquin de paroles, et il y avait un genre de truc « comment écrire une chanson sur un serial killer ». C'est là que je me suis dit que j'allais le faire cette fois. J'ai pensé qu'il fallait en trouver un autre que Charles Manson, et là m'est venue l'idée de faire Jeffrey Dahmer. Déjà, il était plus récent que Charles Manson, et plus choquant aussi, parce que c'était un cannibale. Tout à propos de lui est complètement fou et choquant. Il ne fait aucun reproche à sa famille. Il dit que ses parents étaient normaux et qu'il vient d'une famille normale. Il ressentait juste cette envie de tuer et de manger des gens. J'ai donc regardé des documentaires que j'avais chopé à la télé. Je les ai regardé encore et encore, avec ses interviews, qui m'ont donné l'idée pour les paroles. J'avais donc cette idée de faire une chanson sur un serial killer, et finalement c'est fait. Ca s'inscrit dans le ressentiment général d'Omen, parce que toutes les chansons traitent de meurtre, tout est relié au sang, à la violence, et cette chanson allait bien avec le reste de l'album.
C'est le septième album, et donc la septième chanson instrumentale de clôture. Est-ce que tu penses faire une tournée avec seulement les chansons instrumentales quand tu en auras suffisamment ?
Oh non, le mosh pit me manquerait trop ! (rires). Tu ne peux pas vraiment pogoter sur ces chansons. Elles sont très fun à faire. Je ne les ai encore jamais jouées en concert encore. Je ne sais pas si le public est prête pour ça, et même moi je ne sais pas si je suis prêt. Ca pourrait marcher pour le set d'un festival, peut-être. Mais c'est quelque chose à quoi je dois réfléchir. J'aimerais bien le faire, parce que ces chansons appartiennent aux albums. Elles montrent un différent côté de Soulfy, plus apaisé, spirituel, mélodique. C'est une tradition d'avoir cette chanson pour finir chaque album. C'est un élément qui fait de Soulfy ce qu'il est depuis le début, c'est ce qui nous rend différents des autres groupes. Mais je ne sais pas trop pour les jouer en concert, il faut que j'y réfléchisse.
Il y a également toujours eu des featurings dans l'histoire de Soulfly. Si tu pouvais choisir n'importe qui, même mort, pour en faire un, qui choisirais-tu ?
Si je pouvais choisir n'importe qui pour faire une chanson avec ? C'est une bonne question mec... Mozart ! (rires) Ca serait dément. Une chanson metal-piano. Mais je pense que Mozart était un métalleux de toute façon. Il avait une attitude très métal, même punk.
Et si tu pouvais choisir un film dont tu réaliserais toi-même la bande originale, lequel choisirais-tu ?
Probablement Apocalypse Now. Un de mes films préférés. Super histoire, super bien réalisé, super film. Mais bon, la bande originale est déjà super cool. Dans l'édition limitée du DVD ils montrent comment ils ont réalisé le film, et Francis Ford Coppola a travaillé avec six musiciens de zones géographiques différentes pour faire la bande originale comme elle l'est. Et il a fallu assembler tout ça ensemble. C'était vraiment un énorme projet, de faire la musique de ce film. Mais au final c'est super bien. Surtout l'intro, avec la chanson des Doors, « The End », c'est une super intro.
Il y a une nouvelle présidente au Brésil depuis peu. Comment vois-tu l'avenir du pays ?
Elle va probablement continuer sur la même voie que Lula, parce qu'elle est amie avec, et elle vient du même coin. J'étais au Brésil juste avant les élections, et là-bas les gens pensent que Lula est encore au pouvoir, derrière elle, en coulisses, mais que de toute façon c'est lui qui reste le patron. Le Brésil essaie de faire des choses nouvelles. C'est nouveau d'avoir une femme comme présidente. Ca n'a jamais été fait avant. J'espère qu'elle va être bien pour les gens. Au moins qu'elle s'attache aux choses qu'elle a promis, les tâches difficiles auxquelles elle va devoir s'attaquer, comme la pauvreté, qui est le plus gros problème du pays. Qu'elle permette à tout le monde d'avoir un emploi et de l'argent.
Et en football, la seleçao ne fait plus autant rêver qu'avant...
Pour moi c'est un soucis d'entraîneur. Il faut savoir faire jouer cette équipe. Comme à la Coupe du Monde 2002 qu'on a gagné. Scolari était le coach. Je pense qu'il était très bon. Il était dur et exigeant. Malgré tous les grands noms qu'il y avait dans l'équipe, il mettait tout le monde sur un pied d'égalité. Personne ne se sentait supérieur à l'autre, que ce soit Ronaldhino ou Kaka. Tout le monde n'avait qu'un seul objectif : gagner la coupe. Il a rendu cela possible. Je ne sais pas pourquoi il n'a pas été conservé. Si un entraîneur a gagné la Coupe du Monde, c'est qu'il doit être bon non ?
   
Propos recueillis par Sébastien Delecroix
     
     
     
     
 Concerts billetterie
FESTIVAL SONISPHERE - PASS 1 JOUR
Le 2012-07-07 14:00:00
SNOWHALL PARC - AMNEVILLE - AMNEVILLE De 44,00€ à 55,00€
FESTIVAL SONISPHERE - PASS 2 JOURS
Le 2012-07-08 23:59:00
SNOWHALL PARC - AMNEVILLE - AMNEVILLE De 88,00€ à 88,00€


 Artiste
 Soulfly


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Soulfly" 06/12/2010


 Chronique(s) Date publication
 Soulfly : Conquer 25/08/2008


 News Date publication
 Soulfly organise un concours sur Facebook 30/04/2010


 Aftershow(s) Date publication
 Soulfly : Elysée Montmartre 18 novembre 2010 22/11/2010
 Soulfly : Bataclan, le 12 février 2009 13/02/2009



Mon espace |           Pas encore inscrit ?

LOGIN :
PASSWORD :
*Vous avez oublié vos identifiants : cliquez-ici