| "On voulait que chacune des chansons de ce nouvel album soit aussi forte que celles qui sont sur le best of. L'idée était qu'il n'y ait que des singles potentiels sur l'album" |
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| Que pensez-vous du chemin parcouru depuis votre premier album ? |
| Richard : Personnellement, je me sens comme à l'époque de la signature de notre premier disque. C'est toujours aussi excitant et nous avons encore beaucoup de choses à dire et à faire. On a toujours été un groupe qui envisage sa carrière sur la durée, il n'a jamais été question de ne faire qu'une seule chanson ou un seul album qui marche, on a toujours essayé de construire un catalogue consistant. Et bien sûr apporter ces chansons sur scène au plus de gens dans le plus de pays possible. |
| Keep Calm & Carry On est le premier disque sorti après votre album "best of", représente-t-il une nouvelle étape dans la vie du groupe ? |
| Richard : Je pense que oui, en effet. On a beaucoup parlé au moment de faire les démos, on voulait que chacune des chansons de ce nouvel album soit aussi forte que celles qui sont sur le best of. L'idée était qu'il n'y ait que des singles potentiels sur l'album ; ça a été un processus difficile mais bon pour la discipline : chaque fois qu'on écrivait un morceau qui nous plaisait bien mais qui n'avait pas le potentiel nécessaire pour être un single, on l'écartait systématiquement. Nous sommes très fiers de notre premier best of, et maintenant on travaille pour étoffer le prochain… (rires) |
| Comment s'est passé le travail sur ce nouvel album ? Je sais que vous avez changé de producteur, notamment… |
| Javier : C'est toujours bon de changer de producteurs car ça amène de nouvelles perspectives et ne nouvelles manières de faire dans un groupe, c'est un nouveau regard plus objectif aussi. On a complètement changé notre façon de travailler avec Jim Abbiss (Arctic Monkeys, Kasabian, Massive Attack…). Avant, c'était Kelly qui faisait toutes les démos et qui nous les apportait en studio pour qu'on termine les morceaux tous ensemble ; pour celui-ci, on a enregistré à Londres, donc c'était assez différent : chacun des membres pouvait passer à l'improviste pendant qu'un d'entre nous était en session et pouvait apporter une nouvelle idée. C'était plus un effort de groupe cette fois-ci. |
| Quelles sont les nouvelles pistes expérimentées sur cet album ? |
| Richard : Jim a une manière très personnelle de traiter les rythmiques sur les morceaux : il commence par là. Cinq ou six chansons de cet album sont parties d'une boîte à rythmes que Javier a ensuite reproduit à la batterie, et nous avons ensuite construit à partir de là. Ce qui est très différent pour nous puisque nous avions l'habitude d'écrire nos chansons à partir d'une mélodie ou d'un riff. Nous avons aussi utilisé des synthés et pas mal d'instruments vintage qui donne au final cette chaleur au son. |
| Le titre de l'album ("On reste calme et on continue") donne l'impression que le groupe est définitivement installé, est-ce le cas ? |
| Richard : Complètement, oui. Je pense que le groupe ne pourrait pas être à une meilleure place qu'aujourd'hui. Nous avons connu une période agitée il y a six ans lorsque Stuart (Cable, premier batteur du groupe, ndr) nous a quittés mais aujourd'hui avec Javier et Adam – qui nous a rejoints à la guitare pour ce nouvel album – nous sommes arrivés à une configuration stable. On s'entend tous très bien et on passe beaucoup de temps ensemble en dehors du groupe, c'est important pour notre musique de maintenir cette bonne ambiance. |
| Les Stereophonics ont toujours joui d'une excellente réputation scénique. Est-ce que ça a toujours été un élément décisif pour vous ? |
Richard : Nous devons une grosse partie de notre succès aux concerts, bien sûr, notamment en Grande-Bretagne où nous avons énormément tourné ; pendant les trois premières années, on a dû faire quelque chose comme 150 concerts par an. Aujourd'hui on en fait un peu moins mais on garde une bonne moyenne : c'est juste qu'on adore ça. Et une fois qu'on a fini une tournée, on retourne en studio pour écrire de nouvelles chansons qu'on ira jouer sur scène lors de la tournée d'après (rires) ! On fait toujours attention à ce que les chansons qu'on enregistre puissent toutes être jouées telles quelles sur scène.
Javier : Chaque concert est pour nous une grande célébration, et je pense que les fans du groupe le ressentent comme ça. Nous avons la chance d'avoir une fan-base très fidèle qui vient à nos concerts depuis le début ; c'est encore plus important aujourd'hui de privilégier la scène à l'ère du numérique et du téléchargement. On travaille beaucoup sur cet aspect et ils savent qu'ils auront à chaque fois un super concert parce que nous-mêmes on prend toujours beaucoup de plaisir à le faire.
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| La France a été le seul pays où la chanson "Not up to you" est sortie en single, Kelly (le chanteur, ndr) avait aussi collaboré sur une chanson avec le groupe Dolly à l'époque du premier album… Avez-vous une relation particulière avec notre pays ? |
Richard : Si nous avons sorti "Not up to you" en France, c'est parce qu'à l'époque notre maison de disques ne pensait pas que le public allait accrocher aux singles plus rock qu'on sortait pendant ce temps au Royaume-Uni. Et ils ont certainement eu raison puisque la France nous a réservé un accueil des plus chaleureux, dans les médias et auprès du public. Après tout nous sommes voisins et c'est sûrement le premier pays où nous sommes venus jouer en dehors de Grande-Bretagne. Nous avons une longue histoire avec votre pays.
Javier : Il y a toujours des bonnes histoires de concerts avec la France. Je me rappelle, il y a deux tournées de ça, quand des gens du public sont montés sur scène avec nous à la fin d'un concert, ils devaient au moins être cent cinquante ! Ou alors la fois où on a cassé le téléphone de cette pauvre fille à Toulouse, tu te rappelles (rires) ? Les Français sont un peuple de passionnés, et comme nous le sommes aussi, ça colle bien entre nous.
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| On a retrouvé les Stereophonics sur des bandes originales, sur des tribute albums, ou alors en collaborations avec d'autres artistes… Est-ce une manière de conserver l'excitation entre deux albums ? |
| Richard : Nous sommes tous passionnés de musique, et pas seulement par la nôtre. D'autant que je fais aussi de la musique dans mon coin, Javier a son groupe de son côté qui s'appelle Capitan Melao… Nous restons toujours très actifs. Nous aimons collaborer à d'autres projets car ça nous permet d'ouvrir nos horizons, d'autant que chaque membre écoute des musiques très différentes. Tu sais que quand on arrive dans les loges des concerts, c'est la course à la stéréo : le premier qui arrive a le droit de passer sa musique (rires) ! |
| Ah oui, et qui a gagné ce soir ? |
| Richard : Personne pour le moment, mais j'ai gagné avant-hier et Javier a gagné hier. |
| Qu'avez-vous passé alors ? |
Javier : Los Lobos, Rolling Stones, AC/DC et Red Hot Chili Peppers.
Richard : Little Richard, Black Crows et Elvis Costello.
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| Propos recueillis par Michael Rochette
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