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Interview de Sum 41
Sum 41
   
"On continue encore à s'éclater entre potes, parce que nous somme toujours potes."
   
Votre premier EP, Half Hour of Power a eu dix ans cette année, que retenez-vous de cette première décennie ?
Stevo (batterie) : C'est très flou (rires). C'est dur de se rappeler de tout, mais c'était marrant.
Deryck (chant/guitare) : Il s'est passé tellement de choses… Enfin, c'est ce qu'on nous a dit.
Est-ce que vous vous êtes vus grandir avec le groupe ? Passer de "juste s'éclater entre potes" au début à cette notoriété à grande échelle…
Stevo : Mais on continue encore à s'éclater entre potes, parce que nous somme toujours potes. On a monté Sum 41 alors qu'on était encore au lycée et on tourne toujours avec les mêmes amis, c'est bizarre.
Deryck : Heureusement, on s'entend toujours bien. Ça aurait pu très facilement mal tourner, mais on a la chance de toujours autant s'éclater ensemble.
Stevo : Quand on voit d'autres groupes qui ne fonctionnent bien que dans le conflit, on se dit que s'amuser ensemble est quand même une bien meilleure façon de bosser que se taper tout le temps dessus.
Vous ne vous tapez jamais sur les nerfs ?
Stevo : Oh si, bien sûr, ça arrive tout le temps. Mais "taper sur les nerfs des gens", c'est ma manière d'être de toute façon. C'est ce qui fait mon charme (rires).
En parlant d'amis, vous avez officiellement accueilli le guitariste Tom Thacker il y a quelques temps maintenant (en remplacement du guitariste originel, Dave Baksh). Quand on sait que vous avez préféré composer l'album Underclass Hero à trois plutôt qu'inviter une personne extérieure, on se dit que la décision d'incorporer Tom n'a pas été prise à la légère…
Stevo : Non, en effet. L'arrivée de Brown Tom s'est faite en douceur. Mais on était amis avec lui depuis longtemps, donc ce n'était pas comme si une toute nouvelle personne. Il était – il est encore, d'ailleurs – dans un groupe qui s'appelle Gob et on a tourné avec eux pendant des mois et des mois. On se connaît depuis toujours, donc la transition s'est faite naturellement. On le connaissait, on savait que ça allait marcher.
N'est-ce pas un peu bizarre pour lui d'être le leader de son propre groupe et d'être "rétrogradé" simple guitariste dans Sum 41 ?
Deryck : Ah ça, il faudrait lui demander à lui.
Stevo : Moi je pense que c'est génial. C'est un frontman à la base et il a la voix d'un frontman, donc il peut faire les chœurs, ce que Dave ne faisait pas toujours. Tom amène énormément de choses au groupe, comme jouer du piano. On a beaucoup de chance de l'avoir, on ne sait vraiment pas ce qu'on ferait sans lui aujourd'hui.
Deryck : On ne pourrait pas faire les concerts comme on les fait aujourd'hui si Dave était encore dans le groupe.
Stevo : Tom apporte énormément au show.
Est-ce pour ça que vous le faites chanter la reprise de "Paint It Black" comme il le faisait au temps de Gob ?
Deryck : En fait, on était déjà fans depuis longtemps de cette reprise, et après quelques années dans le groupe, on lui a juste demandé "alors, qu'est-ce que t'en penses, tu veux bien la faire ?" et il a répondu "ça se tente".
Et pour la première fois, Tom a participé à l'écriture de l'album…
Deryck : Oui, il a écrit une seule nouvelle chanson avec nous pour cet album et elle est vraiment géniale. On aurait aimé en faire plus mais ça s'est passé de telle façon qu'on n'a pu en faire qu'une. On l'aime beaucoup.
Stevo : C'est d'ailleurs le morceau-titre de l'album : Screaming Bloody Murder.
À propos de nouvelle chanson, sur cette tournée vous jouez "Skumfuk", un morceau du nouvel album qui avait leaké sur internet et pour lequel en réponse vous avez fait une petite vidéo non-officielle. Est-ce une façon de le mettre en avant ?
Deryck : Pour "Skumfuk", ça s'est un juste fait comme ça, en fait. Ce qui est bizarre, c'est qu'elle ne représente pas vraiment le disque. C'est juste une chanson de deux minutes dans un album qui est plutôt long au final et qui comporte beaucoup de styles différents. C'est un tout petit aperçu du disque. Attention, je l'aime beaucoup, c'est juste qu'elle est tellement rapide... Elle est marrante à jouer, mais elle se finit trop vite…
Est-ce que vous voyez les fans la chanter ?
Deryck : Oui, ils semblent tous la connaître ! À la seconde où on commence à la jouer, ils sont contents. Tout le monde l'a déjà téléchargée sur internet, j'imagine…
Une des particularités de Sum 41 est d'incorporer des éléments metal au punk, est-ce que ce nouvel album s'inscrira dans ce son caractéristique ?
Stevo : Tu sais, il n'y a pas que le punk et le metal, il y a aussi d'autres styles qu'on essaye d'incorporer dans notre musique. Ce n'est pas comme si on n'aimait qu'un seul truc et qu'on en tirait toute notre inspiration.
Deryck : On a toujours plus ou moins fait ça, quelque part. On a toujours essayé d'amener de nouveaux styles mais on a l'impression qu'on ne l'a jamais aussi bien fait que sur cet album-là. Ça s'est juste fait comme ça. Ce n'était pas vraiment intentionnel, on n'a pas particulièrement cherché à faire ça. Tout s'est mis en place de manière très naturelle, c'était "Et si on faisait ça ? Et ça ?"… Ensuite tu prends un peu de recul, tu y reviens quelques mois plus tard et tu te dis que c'est plutôt cool que ça ait pris cette tournure. Ce n'était pas vraiment fait exprès, ça a juste fini par sonner comme ça.
Dans "What we're all about", vous aviez incorporé un chant "rappé", est-ce que c'est ce genre de mélanges dont vous parlez ? Ajouter du rap ou des éléments électroniques dans votre musique ?
Deryck : Pas sur ce disque, non. Je ne peux pas dire ce qu'on fera dans le futur, mais pour ce disque-là il n'y aura pas d'électronique. C'est un disque très rock. Même si on est fans de musiques très différentes, nous sommes avant tout un groupe de rock et j'ai l'impression qu'il n'y a plus vraiment de bons groupes de rock ces jours-ci. On voulait faire un disque de rock très direct. Il n'y a pas de rap ou d'électro dessus.
Avec le temps, vous abordez plus régulièrement des thèmes sérieux dans vos chansons. Est-ce une manière de montrer que vous avez grandi ?
Deryck : Je ne sais pas trop. Quand j'écris des paroles, généralement ça parle de ce que je pense le jour où j'écris. Si j'écrivais la même chanson un autre jour, elle pourrait parler d'un tout autre sujet.
Stevo : On a toujours eu des chansons sérieuses, mais je pense qu'à cause de notre comportement, les gens croient qu'on ne prend rien au sérieux. Et parfois nos clips ajoutent à la confusion. "Still Waiting" parlait de la guerre en Irak – et même de la guerre en général – mais le clip est complètement délirant et n'a aucun rapport, donc le public a facilement pu passer à côté du message dans les paroles. C'est quelque chose qui nous arrive beaucoup. Mais au final, le clip est quand même génial. Et s'il est aussi génial, c'est peut-être parce qu'on n'a justement pas voulu céder à l'évidence.
En septembre, vous avez fait une date à la Maroquinerie de Paris (300 personnes), est-ce une façon de reconnecter avec l'énergie et l'excitation de vos débuts ?
Deryck : C'est cool de faire de tout petits concerts comme ça, oui et même la date à l'Élysée Montmartre n'est pas encore le "vrai" grand concert. C'est marrant parce qu'on n'a pas beaucoup l'occasion de le faire. On pense que c'est une expérience vraiment cool pour le public. Quand on était gamins, on a vu les Foo Fighters dans une petite salle de 400 places. Ils étaient déjà énormes à l'époque mais ils étaient venus faire un concert secret. J'avais 15 ou 16 ans à l'époque et c'était le truc le plus cool que j'avais jamais vu. Aujourd'hui, on est en position de faire pareil et c'est génial de partager cette expérience avec des super-fans, parce que ça n'arrive pas si souvent que ça.
Ça commence à remonter un peu, mais qu'est-ce que ça fait de travailler avec Iggy Pop (sur son album Skull Ring, sorti en 2003) ?
Stevo : C'était vraiment génial. Iggy est probablement l'un des mecs les plus cool qu'on ait rencontré. Ce qui est génial, c'est que Deryck et lui ont écrit la chanson ("Little Know It All"), on l'a enregistrée et c'était cool, on a tourné le clip et c'était cool aussi. On s'est super bien entendus. Comme juste après il avait besoin d'un groupe pour faire des apparitions télé, on a fait avec lui David Letterman, les MTV Music Awards à Miami…
Deryck : … des trucs de Grammies. On a beaucoup joué avec lui.
Stevo : C'était vraiment génial. C'est une des expériences les plus cool qu'on ait jamais faits.
Deryck : Et c'est un mec droit. C'est vraiment un type génial.
Stevo : Il est vraiment hyper cool.
Est-ce que tourner au sein d'un festival itinérant (l'Antidote Tour d'Eastpak, qui a traversé toute l'Europe cet automne avec quatre groupes) change quelque chose pour vous ?
Deryck : Pour être honnête, pour nous c'est comme n'importe quelle autre tournée : on nous installe une scène, on monte dessus et on joue.
Stevo : Ce qui est intéressant sur cette tournée et celle d'avant, c'est que les concerts sont tous complets, le public est à bloc et pourtant on n'a même pas d'album qui sort en ce moment. Ça précède tout ce qui va arriver.
Deryck : C'est encore l'échauffement.
Stevo : C'est comme quand on a fait un festival il y a six mois et tout le monde est devenu dingue. Ça sortait de nulle part, on ne s'y attendait vraiment pas. Tout se passe vraiment bien en ce moment, on est entourés de bonne énergie. Tout fonctionne parfaitement.
Est-ce que voir tous ces gens vous attendre comme ça vous donne l'impression que vous êtes là pour durer ?
Deryck : On l'a toujours ressenti comme ça. On ne va nulle part, et si c'était le cas, ce serait à nous d'en décider et certainement pas quelqu'un d'autre.
Stevo : Le truc marrant, c'est que ça fait dix ans qu'on fait ça et ces dernières années on a pu voir dans le public des gamins qui ne devaient pas avoir plus de 5 ou 6 ans quand nos premiers disques sont sortis. Ils semblent avoir rattrapé le train en route. Ils n'aiment pas que les trucs les plus récents ou "Fat Lip", mais tous nos vieux trucs aussi. Pour durer il faut que de nouvelles générations arrivent, et c'est justement ce qui arrive. Donc c'est cool.
   
Propos recueillis par Michael Rochette
     
     
     
     
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 Artiste
 Sum 41


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Sum 41" 01/11/2010


 Chronique(s) Date publication
 Sum 41 : Screaming bloody murder 13/04/2011
 Sum 41 : Screaming Bloody Murder 11/04/2011


 News Date publication
 Sum 41 en concert au Zénith de Paris en 2011 16/11/2010
 Sum 41 en concert en France 14/08/2010


 Aftershow(s) Date publication
 Sum 41 : Elysée Montmartre, 7 novembre 2010 08/11/2010
 Sum 41 : La Maroquinerie (Paris), 2 septembre 2010 06/09/2010



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