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Interview de Super furry animals
Super furry animals
   
Un nouveau label (Rought trade) et un nouvel album (Hey Venus) pour les rares Super fury animals. Rencontre…
   
L’album « Hey Venus ! » représente un tournant pour Super Furry Animals. Vous êtes sur un nouveau label Rough Trade et avez un nouveau producteur. Comment ressentez-vous le fait de recommencer quasiment à zéro ?
Nous avons évolué depuis notre premier album alors ce changement de collaborateurs et d’environnement semblait évident. Nous aurions pu continuer à travailler avec les mêmes personnes comme nous l’avons fait ces dernières années, cela nous aurait pleinement satisfait. Mais nous avons eu la chance de rencontrer l’artiste Keiichi Tanaami qui est un véritable génie et qui a dessiné la pochette de notre album.
Comment avez-vous découvert le travail de cet artiste ?
Nous avons vu ses œuvres et l’avons approché dans un musée il y a quelques années au Japon. Au début nous ne savions pas si l’artiste qui avait réalisé ses travaux était en vie ou pas. Il était célèbre dans les années 1960 grâce à ses posters psychédéliques. Quand nous aons appris qu’il était toujours vivant, nous lui avons demandé de faire la pochette de notre album en lui donnant des instructions très précises sur notre univers. Il a écouté notre disque pour s’inspirer de notre musique et nous a aidé à sélectionner les chansons car nous avions des morceaux aux thèmes identiques. Nous avons enregistré une vingtaine de chansons et nous avons retenu celles qui parlaient d’échappatoire, de changement, du fait de quitter une petite ville, du sentiment d’être perdu au cœur d’une grande métropole, de ne pas être à sa place et de se sentir guidé par tous les maux de la société moderne. Ce sont comme des cartes postales de la vie. Keiichi nous a aidé à penser à tout cela quand nous répartissions l’ordre des morceaux sur l’album. Ce processus s’est développé une fois que l’album a été fini de façon à le compléter. Keiichi Tanaami est venu en studio avec ses avocates et des interprètes quand nous terminions le disque. Il a pu discuter avec le groupe et avoir une certaine distance par rapport à la musique.
Il ne parle pas du tout anglais ?
Pas du tout. Nous avions besoin d’un interprète en permanence. Si vous regardez la pochette, vous verrez toutes ces sirènes, ces démons et ces êtres fabuleux que Keiichi a dessinées. Elle ne sont pas vraiment en rapport avec le contenu des chansons mais illustrent très bien l’ensemble du disque. J’aimerais beaucoup savoir d’où il a tiré son inspiration !
Que représente le personnage de Vénus. Qui est-elle ?
Ce personnage est apparu après coup une fois que nous avions compilé l’album. Ce n’était pas une intention initiale parce que les chansons viennent toujours en premier. Le morceau « Into The Night » parle de Vénus, la déesse de l’amour. Nous recherchions un nom pour incarner ce côté « génétique » de l’amour et les différentes caractéristiques d’une femme. Sur le plan narratif si nous avions construit notre album comme des séquences cinématographiques, cette chanson aurait dû être la première de l’album. L’histoire de l’album se retrouve vraiment dans ce titre. C’était une manière de nous donner notre propre espace émotionnel simplement sans que personne dans notre entourage ne nous dise : « De quoi parle cette chanson ? » Le personnage de Vénus est aussi basé sur des histoires de rupture sentimentales. Certains morceaux nécessitent d’être ancrés dans la réalité. Je trouve cela très choquant quand les gens profitent de la mort de quelqu’un pour faire. C’est déplacé voire méchant. Mais quand le contexte convient, le lien avec la réalité est primordial.
Vos deux précédents albums sont beaucoup plus expérimentaux. Sur « Hey Venus ! » les chansons sont plus organisées et sonnent plus pop. Comment l’expliquez-vous ?
Nous avons réalisé deux albums plutôt calmes et quand nous les jouions sur scène l’énergie était similaire. Pendant notre dernière tournée, nous nous sommes mis à jouer plus rapidement et quand nous sommes entrés en studio nous avons continué sur la même lancée. Nous voulions jouer avant tout et recherchions des sonorités plus spontanées. Cet album est basé sur la performance et l’écriture. Il est un peu léger et ensoleillé peut être parce qu’il a été enregistré dans le sud de la France ! Notre musique déroute parfois les gens car les premiers albums ne laissaient pas présager que nous emprunterions un jour ce chemin artistique. Mais le public avait remarqué notre côté expérimental, le souci apporté à l’écriture et l’aspect créatif.
Vous allez bientôt partir en tournée. Allez-vous vous produire avec vos masques de Power Rangers ?
Oui je pense ! Quand nous avons joué déguisés au fin fond de l’Amérique du Sud les gens jetaient divers objets sur scène : des clés, des stylos… Mais malgré l’apparence, notre prochaine tournée sera centrée sur le pouvoir des chansons et l’énergie qu’elles dégagent. Depuis 1996, nous portons des costumes d’animaux en concert. Une fois, la section rythmique était déguisée en feu avec de gigantesques flammes surgissant des vêtements.
Vous avez la réputation d’être des bêtes de scène et de toujours surprendre l’audience. Quelle est la chose la plus embarrassante que vous ayez faite sur scène ?
Le simple fait d’être sur scène est embarrassant. C’est pour cette raison que nous projetons des vidéos pendant nos concerts c’est une manière d’attirer l’attention ailleurs et de dire « Ne me regardez pas ! » Quand le public dévisage ces mecs au look gallois qui jouent de la guitare, c’est embarrassant et très plaisant à la fois.
Au début de votre carrière vous chantiez en gallois et êtes passés à l’anglais. Cela vous pose-t-il problème d’exposer vos émotions dans votre seconde langue ?
Toutes les langues sont différentes et ont des expressions qui leur sont propres souvent difficiles à traduire. Ecrire en anglais est facile car nous avons été bercés par toute cette culture anglo-américaine depuis toujours et nous nous sentons tout à fait à l’aise dans cet environnement. Mais comme le gallois est notre langue maternelle, les idées viennent parfois dans ce langage d’abord. Nous n’avons enregistré aucune chanson en gallois depuis 2000 et tous nos derniers albums sont en anglais. Nous n’essayons pas de nous forcer à écrire dans telle ou telle langue. Nous écrivons comme cela nous vient de manière naturelle et évidente. Nous n’utilisons pas le langage comme un outil politique. Mais je suis sûr que nous sortirons d’autres albums en gallois un jour.
Le groupe s’est formé en 1983-84. Comment avez vous réussi à rester tous les cinq ensemble pendant tout ce temps ? Quel est votre secret ?
Tout repose sur nous cinq. Nous n’avons jamais été le genre de groupe à se fixer des échéances sur la fréquence de nos albums. Nous avons peu de pression c’est peu être pour cela que le groupe tient. Mais c’est vrai que ça fait longtemps déjà, ça passe vite ! Nous apprenons en permanence, à chaque album que nous faisons. Nous essayons de perfectionner notre œuvre et intégrons de nouvelles influences à notre musique afin de l’enrichir. Nous voulons faire des chefs-d’œuvre.
Avec quel artiste aimeriez-vous travailler ?
Une collaboration avec un artiste est très différente de notre manière de fonctionner. Peut être avec Joe Meek., j’aimerais beaucoup faire un album avec lui. Ou jouer en live avec Jeff Lynne. Ce doit être incroyable. Pas forcément pour des raisons artistiques mais surtout pour l’aventure humaine.
Quel sont vos projets en plus de votre tournée ?
Nous avons commencé à enregistrer un disque en novembre dernier qui sera peut être le prochain album de Super Furry Animals mais rien n’est encore décidé. Nous travaillons avec un chef d’orchestre, Charles Eastwell, sur un album instrumental. Sans paroles, sans règles juste nous avec un orchestre. C’est un projet très ambitieux sur lequel nous allons travailler pendant quelques années. Nous aimerions enregistrer l’album en live avec le chef d’orchestre. Il est d’excellent conseil et nous réalisons qu’il est humainement possible de jouer dans un orchestre. Au-delà du concept, nous voulons que tout cela ait un sens.
   
Propos recueillis par Isabelle Chelley
     
     
     
     
 Artiste
 Super furry animals


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Super furry animals" 09/10/2007


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