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Interview de Superflu
Superflu
   
Dans le monde de « Superflu », l'inutile, le creux n'a pas de prise. Chaque mot est pesé, chaque note est calibrée sur une balance intraitable et minutieuse, qui rend une forme de justice musicale pour savoir si la chanson, au final (parmi les 11 autres) va peser de tout son corps et aura sa place, sans dénaturer le paysage d'ensemble. « La Chance » leur troisième opus est un véritable travail d'orfèvre. Un miracle comme peuvent en faire surgir parfois des artistes comme Murat ou Dominique A. La nature a apparemment horreur du vide, placez cet album pour recouvrir toute les failles : il n'y aura plus de courant d'air mais un souffle orgasmique.
   
En 2004 vous avez donné 3 concerts sans actualité discographique, cela vous a fait plaisir de voir que le public continuait à vous suivre ?
Nicolas Falez : « « Tchin-Tchin » est sorti en octobre 2000, la tournée s'est terminée en juin 2001. Puis ensuite, il y eu un grand blanc. Nous étions dans nos angoisses de recherche de maison de disque et dans l'écriture du nouvel album. Au printemps 2004, c'est donc la rencontre avec Top 5, et à la fois, on s'est aperçu que même sans actualité et grâce au site internet, les gens demandaient de nos nouvelles donc on s'est installé pour 3 jeudis consécutifs dans une petite salle à Paris. Et la salle fut pleine. C'était extrêmement stimulant et dynamisant.»
Pourrais tu me dire quel est le statut de Superflu : un groupe, une âme, un palliatif au travail alimentaire de jour ?
Nicolas Falez : «C'est un équilibre. Un projet auquel on est extrêmement attaché car la première bouture du groupe est née il y a 13 ans. On est lié à « Superflu » et en même temps aucun d'entre nous n'en vit. On trouve notre équilibre de cette manière. La subsistance alimentaire n'est jamais venue du groupe aussi bien dans les périodes où ça marchait que lors des moments où ça n'allait plus. Du coup, cela nous a toujours laissé énormément de liberté artistique et beaucoup de sérénité.»
N'avez vous pas peur d'être « anti-commercial » ?
Nicolas Falez : «Je ne sais pas. Notre liberté est entière. Y a beaucoup de daubes qui sortent et qui marchent mais il y a aussi beaucoup de chanteurs dont le travail est de qualité et qui vendent des disques. Mais je pense que l'on est lucide toutefois. C'est effectivement important qu'un ou deux titres puissent passer en radio. On ne se fait pas violence pour les travailler de cette manière. On a toujours fait des titres de moins de 4 minutes.»
Il y a beaucoup d'invités prestigieux en dehors du groupe qui viennent apporter leur univers aux sonorités de « La Chance » ?
Nicolas Falez : «Ce sont des histoires humaines et musicales. Adam Snyder on l'a rencontré quand il jouait dans Mercury Rev. Il est parti du groupe pour faire une carrière solo. C'est un chanteur exceptionnel. La partie de piano qu'il interprète sur « Nombril » est enregistrée à la maison. Et pour « Une Lumière Neuve » il était de passage sur Paris pendant que nous étions en studio, alors il a gentiment pris de son temps pour jouer sur notre album. Jérôme Bensoussan nous le connaissons depuis longtemps mais depuis, il a bien roulé sa bosse en jouant pour Dominique A après Miossec notamment. On adore ouvrir la porte et faire rentrer des artistes dont on apprécie le travail.»
   
Propos recueillis par Pierre Derensy
     
     
     
     
 Artiste
 Superflu


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