Waxx-Music
   
Rechercher par artiste ou mot clé
 
Waxx mobile
 
Accueil > Artistes > Interview > Syd-Matters
 
Interview de Syd Matters
Syd Matters
   
"j'essaye de ne pas trop réfléchir sur ce que je fais parce qu'il ne faut pas se prendre la tête"
   
Quelle influence a encore Pink Floyd sur ton nouvel album?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Moi, cela fait un moment que je n’écoute plus trop Pink Floyd. Non pas parce que je n’aime pas, mais parce que je l’ai tellement écouté que cela fait partie de moi. Il y a des albums comme cela que l’on n’écoute plus, car on les connaît par coeur. Je peux l’écouter dans ma tête sans avoir à mettre le disque. Pour l’influence, j’écoutais beaucoup Pink Floyd quand j’apprenais à être musicien et à composer. À mon avis, cela sera toujours là, tant que je ferais de la musique.
La musique de Syd Matters est très cinématographique. Vous avez composé la musique du film «La question humaine». Y a-t-il d’autres projets?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Oui, il y a encore des projets autour de cela, mais j’ai du mal à travailler sur ce genre de chose. Pour «La question humaine», c’était déjà un BO très particuliere, car nous avons improvisé sur les images. Il n’y avait pas l’écriture d’un score, de se limiter à deux minutes quinze par exemple pour un morceau, illustrer telle scène. Il n’y avait pas du tout ce travail-là donc je ne sais pas si je sais faire, honnêtement. De plus, c’était vraiment une rencontre même si on dit souvent cela. Avec Nicolas Klotz, cela a été une vraie rencontre importante pour moi, il m’a appris plein de choses. Je l’ai vu travailler et c’est cela qui a fait que j’ai voulu bosser avec lui. Plus que faire une musique de film en fait. Je pense que si je ne m’étais pas entendu avec lui, si je n’avais pas trouvé intéressante sa façon de travailler, je n’aurais pas pu travailler. En fait, je serais plus capable de faire un film, pas terrible avec quelqu’un que j’aime beaucoup plutôt qu’un truc super avec quelqu’un avec qui je ne peux pas passer une demi-heure. Je suis dans l’attente de rencontrer des gens supers.
Ton nouvel album s’appelle Brotherocean. C’est le nom le plus court de ta discographie. N’est pas une façon inconsciente de vouloir dire que tu veux aller à l’essentiel?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Ben oui, je crois. J’ai l’impression que j’essaie dépurer au maximum mon travail pour arriver à l’essence de ce que je fais. Il y a des gens qui essayent de partir dans plein de directions pour se trouver, moi j’ai toujours eu l’impression depuis mes premiers disques de faire le focus sur ce qu’il y a d’intéressant. L’essence du truc. Je ne dis pas du tout que j’y arrive, mais c’est ce que j’essaye de faire. Du coup, le titre est plus court parce que j’ai envie d’un message le plus court, plus précis.
En même temps, j’ai trouvé que paradoxalement, il y avait quelque chose de beaucoup moins dépouillé...
Jonatha Morali (Syd Matters) : En fait, la volonté c’était de ne pas me poser la question surtout. Des fois, c’est un peu trop touffu, un peu trop tiré par les cheveux ou un peu trop simple, mais c’est vachement plus révélateur de ce que je suis et de ce que nous sommes en tant que groupe. Si l’on essai de se forcer à trouver des carcans, une forme particulière, à trop réfléchir à ce que l’on fait, cela peut être mieux musicalement pour les gens sauf que c’est moins proche de nous. Nous avons plein d’idées dans le groupe, nous avons envie de faire plein de trucs. Moi, j’ai eu du mal à structurer mes morceaux de toute façon. Du coup, je me suis dit tans pis, les chansons auront la tête et l’instrumentation de ce que nous voulons instinctivement leur donner.
Cet album a été précédé d’un Ep. Es-tu un producteur de musique effréné? Passes-tu ta vie en studio?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Ben non car cela coûte hyper cher de rentrer en studio. En général, c’est assez court les périodes en studio. Par contre, je passe beaucoup de temps à enregistrer à la maison. J’ai un enregistreur et du coup, je passe beaucoup de temps à faire des maquettes de toutes les idées que j’ai. Je n’écris pas lamusique, si j’ai une idée, pour m’en rappeler le lendemain il faut que je l’enregistre. Je ne sais pas si je suis un producteur effréné de musique, mais en tout cas je sais que les disques sont les trucs les plus aboutis ou les derniers trucs d’une période ininterrompue d’enregistrement. Sur les dix ou quinze titres d’un album, c’est un peu la synthèse de cinquante trucs que j’ai enregistrés. Honnêtement, si tu n’as pas de critères de qualité, enregistrer cinquante morceaux, c’est assez facile. Il y a beaucoup de merde mais cela me permet de trouver les trucs intéressants.
Tu dis que tu n’écris pas la musique. Syd Matters, c’est maintenant un groupe qui a largement dépassé ton projet solo des débuts. Comment se passe la création d’un morceau de Syd Matters et qu’elle est la diférence avec la composition d’une chanson de l’album précédent?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Je ne sais pas, il y des constantes et des choses que l’on essai d’améliorer, des choses dans la façon de travailler. Il y a des périodes ou je travaille vraiment tout seul à l’écriture des morceaux, à la composition du squelette du titre. Ça, je le fais tout seul. J’adore être seul, de ne pas avoir d’avis ou d’oreilles extérieurs. J‘ai toujours fait comme cela. Et là ou c’est différent, c’est que de plus en plus tôt dans ce processus, je fais écouter aux quatre camarades et du coup, on arrange ensemble. Il y a eu un gros travail rythmique. Je ne suis pas du tout batteur, mais c’est quelque chose que je voulais améliorer parce que dans ma façon d’écrire la musique, c’était toujours une lacune. Et du coup là, j’ai voulu que l’on travaille très vite la rythmique tous ensemble les que les morceaux n’étaient pas figés. Après, on essaye toujours de trouver la meilleure méthode pour travailler tous ensemble. Mais, c’est hyper compliqué.
J’ai appris que tu avais retrouvé la mémoire des rêves. Ont-ils pris plus de place dans ton écriture?
Jonatha Morali (Syd Matters) : C’est génial un rêve, cela ressemble à la réalité. Il y a un côté beaucoup plus poétique et puis cela t’écris une histoire en directe, qui a un lien avec toi, mais en même temps que tu découvres. C’est un peu cul cul de dire cela, mais c’est vrai qu’il s’est passé des choses dans ma vie qui font que tout d’un coup, je me suis réveillé et je me suis aperçu que je me rappelais de mes rêves systématiquement alors que peut être pendant plus de dix ans, je rêvais bien sûr, mais je m’en rappelais pas. J’ai pris conscience que je n’avais pas eu cela pendant des années. Cela t’append beaucoup de choses sur toi même. Il y a plusieurs chansons qui sont des rêves retranscrits.
Et le titre «Reste» en fait parti? Cela raconte quoi?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Cela raconte une sorte de crash d’avion avec toute ma famille. On s’écrase dans une forêt sur une espèce de rivière. C’est très emblématique, car nous sommes très anxieux dans la famille. On se serre les coudes, car c’est très très dur et en même temps on a peur de tout. Là, j’ai évidemment peur de l’avion, je me vois entrain de me crasher en avion et en même temps, il faut toujours se rassurer, je voyais toute ma famille dévaler la rivière et arriver sain et sauf : «regarde, tout va bien et lui non plus il n’a rien. Super.» C’est un peu con à dire comme cela, mais ça me faisait marrer, je trouvais qu’il y avait plein de trucs inconscients qui ressemblent pas mal à des trucs familiaux.
Je me demandais aussi dans quelles mesures il y a des choses enfantines dans tes morceaux?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Oui, peut-être. Mais j’essaye vraiment de ne pas trop réfléchir sur ce que je fais en général parce qu’il ne faut pas trop se prendre la tête. Moi, je fais de la musique, j’essaye de m’amuser, de ressentir des trucs et cela peut apprendre plus de choses sur moi que si j’avais la volonté de parler de quelque chose de plus particulier en moi. Alors évidemment, il y a des choses de l’enfance, mais il y a cela chez tout le monde. Je crois que tout le monde mange d'une certaine manière, car il a appris comme cela. J’essaye de ne pas intellectualiser ce que je fais parce qu’on peut vite donner de l’importance à des trucs qui peut se donner de l’importance.
En même temps, il y a des influences comme Faulkner. Comment t’imprègnes tu ce cette littérature?
Jonatha Morali (Syd Matters) : C’est une réaction. Il y a des impulsions qui donnent envie de faire de la musique ou des états qui donnent envie de créer un truc. Je me suis aperçu jusque-là que c’était certains livres qui m’ont donné envie de réagir sur ce que j’avais lu ou ressenti et qui ont été le moteur à certaines chansons. Ce n’était pas une volonté, pas non plus quelque chose de précis, c’est juste que je me suis aperçu plus que des rencontres, des films, d’autres musiques, pour ce disque là c’était plus les bouquins qui m’avaient influencé.
Pourquoi ce livre de Faulkner en particulier?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Je ne sais pas. Il y a chez Faulkner une voix hyper personnelle. C’est un des rares auteurs que j’essaie de lire en anglais parce que j’ai l’impression que c’est un auteur difficile à lire en règle général, mais en français il y a un filtre qui n’est pas acceptable, je crois. Il faut faire l’effort de lire dans ses mots et dans sa langue. Il y a beaucoup de mots, de phrases qui m’ont marqué, des évocations de plages, d’étés, d’images de chaleurs, d’incendies que j’ai essayé de retranscrire dans certaines chansons.
Y a-t-il aussi des images de voyages qui vont aussi t’inspirer?
Jonatha Morali (Syd Matters) : Encore une fois, les images qui ont pu être inspirantes... l’océan, beaucoup. C’est par certaines circonstances, que je me suis retrouvé au bord de la mer assez souvent sur la Côte d'Azur sur mon yacht (rire). Non, pas du tout. Mais il se trouve que je n’ai jamais été aussi en contact avec la mer, du coup c’est une chose qui influence. Et puis dans les bouquins aussi, il y a la dimension visuelle qui m’a donné envie. Il y a des chansons typiquement ou j’avais des images. J’avais du coup envie de les retransmettre en musique. Il y a une chanson dans le dernier album qui s’appelle «Hallacsillag» ou j’ai essayé de retrouver les sensations et les images que j’ai eues en lisant une nouvelle de Garcia Marquez.
Au niveau du travail artistique avec le groupe qui était présent au départ surtout pour le live, pensez-vous du coup plus à la scène?
Jonatha Morali (Syd Matters) : heu, non cela vient après. Nous n’avons pas envie de penser à la scène, c’est toujours un challenge quand tu fais un disque avec une certaine production avec certains effets. On se dit comment on va faire pour les jouer sur scène, retranscrire l’essentiel de la chanson. Mais cela fait partie du fun, je crois. Je crois que l’on aime tous avoir ce genre de challenges, prendre certaines chansons. Ce sont celles auxquelles on s’attache en premier quand on travaille pour la scène. Ce sont les morceaux les plus difficiles et on se dit comment on va faire. Il va falloir jouer dix trucs en même temps et c’est aussi génial. Du coup, tu arrives à capter l’essentiel du titre et forcément à l’adapter pour cinq mecs sur scène. Je pense d’autant moins à la scène en studio et inversement. Il faut avoir des situations un peu bloquée, impossible, des challenges qui sont, je trouve, intéressants.
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
 Concerts billetterie
SYD MATTERS ET INVITES
Le 2012-03-06 20:00:00
CITE DE LA MUSIQUE - PARIS 19 De 27,50€ à 27,50€
SYD MATTERS
Le 2012-03-16 20:30:00
L'OUVRE-BOITE - BEAUVAIS De 17,80€ à 17,80€
FESTIVAL LES Z'ECLECTIQUES
Le 2012-02-09 20:00:00
CHAPELLE ST LOUIS - CHOLET De 13,80€ à 13,80€
SYD MATTERS + WILLO
Le 2012-02-10 20:30:00
TRIANON TRANSATLANTIQUE - SOTTEVILLE LES ROUEN De 17,70€ à 17,70€
SYD MATTERS + SARAH W PAPSUN ...
Le 2012-03-09 20:30:00
LE LIBERTE - RENNES De 19,80€ à 19,80€
SYD MATTERS + THOUSAND
Le 2012-03-17 20:00:00
LE GRAND MIX - TOURCOING De 18,80€ à 18,80€


 Artiste
 Syd Matters


 Interview(s) Date publication
 Interview de "Syd Matters" 06/08/2010


 Chronique(s) Date publication
 Syd Matters : Brotherocean 04/10/2010


 News Date publication
 Syd Matters, des rééditions d'albums et des concerts 24/05/2008



Mon espace |           Pas encore inscrit ?

LOGIN :
PASSWORD :
*Vous avez oublié vos identifiants : cliquez-ici