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Interview de TLF
TLF
   
« TLF, c'était aussi un esprit, une famille. Les gens pensaient même qu'il avait R.O.H.2F. dans TLF. Parce que c'est ça, l'esprit de Talents Fâchés : le partage, avancer ensemble. »
   
C’est quoi la différence entre le TLF version 1 et TLF version 2.0 ?
Ikbal : [rires] Version 2.0, c’est bon, ça ! La vraie différence, c’est que c’est mieux qu’avant, déjà ! Preuve à l’appui, c’est qu’on a marqué l’année 2010 avec Criminel, les titres Message du caractère, Mes raisons d’y croire, O’Phone… Cet album-là, Renaissance, c’était vraiment pour montrer aux gens c’est quoi le délire aujourd’hui de TLF. Et que c’est bien loin d’être mort. Parce que beaucoup de gens pensaient que TLF appartenait au passé. Mais je pense que ça s’est jamais mieux porté, TLF. La différence entre le premier et le second TLF, c’est que, déjà, d’une on est quatre. Quatre fois plus forts. Quatre cent fois voire quatre mille fois plus fort. C’est quatre talents.

Edwige : Et c’est surtout beaucoup plus de mélanges de genres musicaux. On est éclectique à 100%. C’est beaucoup plus de prises de risque. On reste pas confinés dans un genre musical ou dans une catégorie particulière. On essaie d’aller un peu partout et de s’approprier différents genres de musiques.
Edwige, tu peux nous expliquer d’ou tu viens et ce que tu apportes à TLF ?
Edwige : D’où je viens ? Moi, avant j’ai eu la chance de faire plusieurs collaborations avec des personnes plus ou moins connues notamment Salif, L’Skadrille ou alors Canardo. Ce que j’apporte au groupe ? Béh, déjà le fait que je sois une fille. On va aller dans la simplicité ? Une fille parmi trois garçons. Du coup, c’est ma petite touche. Je fais pas exprès. Et puis y’a mon style musical. Parce que, forcément, je suis la seule à chanter. Même si les garçons, parfois, s’y prêtent un peu. Avec de l’auto-tune.

Ikbal : [rires] Non, moi je chante ! Même sans auto-tune ! Non, je suis des cours de chant, là, on s’y met.
Edwige : Voilà, c’est mon univers R&B-soul-pop. Mon identité, mon personnage.

Ikbal : C’est la cerise sur le gâteau ! Sur un gâteau tout blanc, tu calcules tout de suite la cerise, toute rouge, c’est fashion !
Badoo, tu as fait les backs de TLF…
Ikbal : Avant, on formait un triangle sur scène avec lui. Depuis 2007-2008. Il est arrivé avec nous.

Badoo : Et depuis l’ancien groupe, je suis toujours resté avec celui qui m’a offert sa part du gâteau, monsieur Ikbal. Y’a pas de souci, on est ensemble. On s’est dit qu’on allait reprendre TLF ensemble, ça marche bien, je suis content de moi parce que j’ai évolué de jour en jour. J’ai appris pas mal de choses, c’est bien.
Ikbal : C’est un artiste qui dégage beaucoup d’énergie, sur scène comme en studio. Tout reste à prouver pour le groupe en lui-même. Là, on a attaqué le prochain album. Déjà. En espérant qu’on le sortira pour décembre. On va attaquer. L’album d’avant est sorti en octobre, on a sorti la réédition le 14 mars et on est déjà sur le prochain. Comme quoi, on ne dort pas. On sait qu’il faut être productif. On a tout à prouver. Et vous aurez l’occasion d’entendre Yacouba, Badoo, Edwige sur des morceaux solos dans l’album. Là, ce sera vraiment un album homogène, collectif.
Après le 1er Renaissance est arrivée une version Deluxe où chacun a pris plus de place…
Edwige : A l’époque du premier Renaissance, même si on ne nous entendait pas sur les morceaux, on assistait beaucoup Ikbal dans la réalisation, dans l’enregistrement des morceaux.

Yacouba : Après, la méthode de travail, on l’a, on a l’habitude maintenant.

Edwige : Après, maintenant, c’est juste qu’on nous entend plus.

Ikbal : Mais elle, c’est une grande bosseuse. T’es derrière le micro et elle, elle gère, à te dire que c’est mieux comme çi ou comme ça. Pareil, Yacouba, Badoo, depuis le début, l’enregistrement de l’album, n a vraiment trouvé chacun notre place. C’est juste qu’il y avait déjà des titres, sur le premier, qui étaient déjà enregistrés et puis je me devais, moi, je prendre cette responsabilité de porter le blason. Sur l’ancien TLF, j’étais là. Il fallait que je montre qu’on allait sauver le navire, qu’on était là. Pour le moment, je suis le capitaine à bord, pour cet album-là. Je vous présente ma nouvelle équipe, mais vous allez voir. Prochain album, c’est la confirmation, « the » album officiel.

Edwige : De toute façon, on a tous trouvé notre place. Sinon, on ne pourrait pas bosser ensemble. Y’aurait pas d’alchimie, pas d’entente…
Ikbal : L’alchimie, elle est arrivée direct. Tu vois, comment Edwige et moi, on s’est rencontrés : on était en studio. Mon collègue Gail, mon associé, qui a produit les Talents Fâchés, me parlait d’elle tout le temps. Il se déplaçait, allait la voir sur scène, dans les petites salles, il me la faisait écouter au téléphone, c’était un film ! Et un jour, on était sur l’album, je lui dis : vas-y, ramène-la moi ! On était au début de l’enregistrement, sur Talents Fâchés 4, je l’ai appelé, elle est venue tranquilou, on a fait un premier morceau et l’alchimie est entrée direct.

Edwige : Oui, on avait l’impression de se connaître, y’avait pas de gène. C’est vrai que moi, quand je suis arrivée, je me suis dit : c’est Ikbal, c’est quand même pas n’importe qui, il a quand même une carrière ! Au début, je l’avoue, j’étais quand même un peu impressionnée. Mais y’avait pas de gène ! Je prenais ses critiques, c’était vachement constructif. Et la méthode de travail a vraiment été incorporée immédiatement. Et je pense que c’est pour ça qu’on arrive à bosser ensemble, avec Badoo et Yacouba pareil. Parce qu’on est dans la même directive.
Sur le morceau Assumer, Ikbal, tu dis « c’est pas toujours facile d’être le frère de Rohff »…
Ikbal : Oui, c’est la première fois que j’en parle. C’est vrai. Je dis que j’essuie les critiques, les jugements des gens, ce qu’ils pensent de moi. C’est vrai qu’à un moment donné, c’est un peu pareil qu’avec Charlotte Gainsbourg avec son père sauf que elle, c’est le daron. Mais à un moment donné, elle a du carrément aller outre-Atlantique pour faire sa carrière et revenir. C’est vrai que c’est quelque chose auquel tu ne peux pas échapper, à un moment donné, quand t’as quelqu’un de connu dans ta famille. Je ne suis pas aigri. Ce n’est pas de la révolte ou de la rébellion. C’est vraiment pour dire que parfois c’est dur. Et après, je dis que je travaille plus en studio pendant que d’autres rappeurs déambulent en boîte et se la racontent. Nous, on taffe en studio, on s’acharne parce qu’il faut travailler dix fois plus.

Badoo : Aux yeux des gens, t’as beaucoup plus à prouver en étant le frère ou le fils à quelqu’un.

Ikbal : Parce que souvent, on peut te comparer. Le rap, c’est devenu mon métier. Je suis tombé dedans petit et c’est pas forcément un choix que j’ai fait. C’est un kiffe, c’est une passion, c’est pour ça qu’on ne lâche pas l’affaire. Donc, forcément, aujourd’hui, l’étau se resserre, avec la crise et tout ça, faut être dix fois plus productif. Et surtout pour moi. Quand t’as un frère qui est numéro un, t’es obligé d’être là. Mais on n’essaie de pas de concurrencer, de se comparer. C’est juste pour prouver aux gens qu’on est là.
   
Propos recueillis par Lajoinie Adeline
     
     
     
     
 Artiste
 TLF


 Interview(s) Date publication
 Interview de "TLF" 09/05/2011



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