| Se renouveler après 20 ans d'exercices pour des enfants de la balle sans jamais faire le saut de l'ange dans le vide, c'est ce qu'arrive à faire très bien les Têtes Raides pote qu'ils investiront les salles de France et de ides. Avec «Fragile» il est à nouveau question de l'univers de ce groupe, il est la suite des précédents et l'avenir tout à la fois. Rameutant une bande de copains sur le disque, c'est à coup sur Navarre. |
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| Votre disque précédent s'appelait «Qu'est ce qu'on se fait chier» mais finalement pas au point d'arrêter de faire de la musique ? |
| On s'est bien marré avec ce titre qui doit être pris comme une simple rigolade. Nous ça fait 20 ans que l'on se fait chier (rire). Quand tu vois les choses dans leur déroulement, c'est à dire cet album, le live qui s'en est suivi et «Fragile » maintenant : tout va quelque part. Même si parfois nous ne savons pas d'où viennent les choses nous savons par contre où elles vont. |
| Avant que le disque «Fragile» ne démarre musicalement parlant, il y a cette phrase qui est annoncée en piste 1 : "Je préfère les gens qui ne me comprennent pas". Est ce que le but des T.R c'est de faire apprécier leur musique à ceux qui en sont encore réfractaires ? |
| Il n'y a pas vraiment de symbolique à la présence de cette phrase, juste de laisser libre court à l'interprétation de l'auditeur. La fonction de cette phrase c'est d'être prise à un degré différent à chaque fois que tu la passes. C'est ce qui caractérise le groupe : jongler avec les moments et les états, par contre l'album est forcément coloré et en fonction de tes couleurs à toi tu t'investis plus dans certains titres selon les desideratas de ta vie. La couleur c'est ton histoire. Les gens prennent ce qui est à prendre et en font ce qu'ils veulent. |
| Pour la co-réalisation de l'album vous avez demandé l'aide de Denis Barthes (batteur de Noir Désir)? |
| Sauf sur « Qu'est ce qu'on se fait chier » on a toujours eu quelqu'un qui co-réalise l'album avec nous. On voulait retrouver cette distance d'avoir un co-réalisateur afin de garder le cap, nous permettant de laisser travailler les gens sur des trucs que nous ne faisons pas. Denis, nous l'avions croisé pendant l'enregistrement d'un titre sur une compil, nous venions de commencer à penser à ce nouveau disque et lorsque nous lui avons avoué que nous aimerions bien l'avoir avec nous il nous a simplement dit qu'il aimerait lui aussi bosser avec nous. C'était une sorte de volonté partagée. C'est pour nous extrêmement gratifiant au vu de l'énergie qu'il nous a procuré. |
| Parlez moi du KO Social dont vous êtes en partie les investigateurs ? |
| On a voulu faire une pause pour l'album. Ce mouvement on l'a mis en stand-by mais on ne l'a pas arrêté. On souhaite donner une dimension populaire à la chose. On va sortir un disque qui raconte le KO. On a plein d'artistes qui vont venir dessus. On va essayer de viser cette date du 21 avril 2006. Le 21 avril a été et on a tous peur que cela soit de nouveau. On va donc se bouger, se côtoyer pour essayer de parler et de faire bouger les choses. |
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| Propos recueillis par Pierre Derensy
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