| "Le rock en France maintenant c'est beaucoup "salut les minettes" et tout va bien" |
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| Pour commencer, je voudrais savoir ce que représente pour vous le rock en 2009 ? |
En 2009 je sais pas, c'est frais. Mais c'est Craftmen Club.
Voilà, tout simplement. Après il faut avoir la vision de chacun. Maintenant le rock ça ne veut plus dire grand chose, vu que c'est quelque chose d'assez dur, autant dans la musique que dans l'état d'esprit. Le rock en France maintenant c'est beaucoup "salut les minettes" et tout va bien, donc pour moi personnellement il n'y a pas trop de rock en ce moment. |
| Et représenter un mouvement comme ça, c'est difficile? Vous le voyez comment ? |
| Bah après on aime ce qu'on fait, donc moi je ne trouve pas ça difficile du tout quoi, au contraire. |
| Par quel cheminement est-ce que vous êtes arrivés à ce son que vous avez, un son très rock, très direct? |
Je pense que c'est beaucoup de concerts en fait. Jouer, jouer...On a fait je crois plus de 400 concerts, et c'est vraiment là que tu apprends à bien gérer ton instrument, les sons. Enfin je pense que c'est vraiment le live qui, nous, nous a vraiment aidé quoi.
Ouais ça rôde vachement. Dès le début on a fait des concerts, on en a toujours fait, et plus tu joues plus tu te rôdes et sur le plateau t'as un son de plateau. A la fin ça commence à... Encore que ça ne fait pas si longtemps que ça, ça fait pas loin de 2-3 ans qu'on se dit que ça commence à ressembler à quelque chose, qu'il y a un son quoi. Avant c'était fouillis. Ce sont les concerts qui rôdent tout ça.
Après il y a le travail du producteur aussi qui est important, car il va modeler le son du groupe jusqu'à en faire quelque chose de plus compact, je ne sais pas, de plus puissant quoi. Et voilà... |
| Comment vous vous êtes rencontrés? Comment est né le groupe ? |
Ca fait 9 ans déjà. C'était à Guingamp, chez nous. Moi et Yann on se connaissait de vue comme ça, dans les concerts, et puis on a commencé à jouer ensemble, voilà quoi. Ouais ça a commencé comme ça.
C'est venu sans vraiment vouloir faire un groupe en fait. Il y avait un local associatif de musiciens et donc c'est vrai qu'on se croisait. Souvent lui il finissait une répète avec son groupe et moi j'en commençais une autre. Les autres étaient tout le temps en retard donc on se retrouvait à 2 dans le local, et puis on jouait comme ça à deux et ça s'est fait tout seul. Il y avait Kévin qui ne connaissait pas Marco, qui était notre ancien bassiste qui jouait avec moi dans l'autre groupe, et du coup voilà ça s'est fait comme ça. Sans vraiment vouloir faire un groupe parce que chacun avait son groupe, et puis les groupes se sont terminés de chaque côté et on s'est retrouvés avec celui-là. |
| Et dès le début le son était rock comme ça ? |
Ah c'était plus pop même. Avec des guitares acoustique.
Ouais. On s'est trouvés dans le style après, en jouant ensemble on a trouvé notre truc quoi. Après on vient d'univers musicaux différents donc c'est...
C'est vrai que même le sampler a lassé assez vite parce que dans son autre groupe il y avait déjà un sampler, donc du coup on a fait avec ce qu'on avait là. Moi je commençais à peine la batterie, il avait un sampler, paf on a fait des trucs et ce qui est venu est venu. On s'est pas dits "on va faire du rock" quoi.
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| C'est quoi le "Craftmen Club" ? |
Je ne sais pas si ça veut vraiment dire quelque chose. On cherchait un nom de groupe, il fallait absolument qu'on ait un nom de groupe. On était plein à chercher et puis on est tombés là-dessus. Ca ne veut rien dire dire en fait.
Bah Craftmen ça veut dire artisan en anglais. Et en fait par rapport au sampler, le côté bidouillage, ça faisait un petit peu "club des artisans". Après c'est vraiment parce que sonnait un peu. Et c'était toujours mieux que Blit ou Manix. |
| Vous avez rencontré John Spencer, ce qui semble avoir été un tournant. Comment s'est passée cette rencontre et qu'est-ce qu'elle a apporté au groupe ? |
| Bah en fait on n'a pas vraiment rencontré John Spencer. |
| Oui c'était son guitariste... |
Oui, de Heavy Trash. En fait on avait fait un concert avec John Spencer à Rennes, et c'est toute la même clique à New York, Matt Verta-Ray, tout ça. Matt Verta-Ray nous avait contacté...Non, on l'avait contacté. on lui avait envoyé un mail pour avoir des renseignements sur comment être distribué un peu aux Etats-Unis tout ça, parce qu'on cherchait un producteur. Lui il a nous a répondu en disant qu'il voulait bien enregistrer notre disque. Donc on a tout de suite dit "ok", et puis on a fait le premier album avec Matt Verta-Ray. Ca s'est fait en France, il est venu en France, et on l'a enregistré là. Après lui il nous a apporté ce côté sauvage en fait, le côté vachement intuitif. Jouer, puis enregistrer direct. L'album a été fait en 10 jours avec le mix. C'est complètement l'inverse de "Thirty Six Minutes", qui est beaucoup plus travaillé.
Et fait sur la longueur aussi. |
| L'album a été enregistré en live, c'est ça ? |
| Ouais ouais. Il a été enregistré, guitare, basse et batterie en même temps, dans la même pièce. |
| Quelle est la logique de ça, enregistrer en direct ? |
C'est de garder le côté live un peu du truc. Le fait de jouer ensemble, nous ça nous paraissait plus facile parce qu'on ne joue que comme ça. Ca donne un côté plus...
On fait tout le temps comme ça. Même pour créer des morceaux, on joue on joue. Steve arrive avec des plans et après on joue et ça se fait comme ça. C'est une habitude qu'on a . |
| Quand vous pensez à Craftmen Club, qu'est-ce que vous voyez comme images là-dedans, qui se rattachent ? Si vous deviez visuellement définir la musique du groupe ? |
| Pour cet album peut-être un western assez sombre. Si je vois une image là comme ça...Je trouve que les morceaux rock ne donnent pas forcément d'image, mais ceux qui sont plus orientés avec du banjo tout ça, ouais plutôt l'univers d'un western malsain et, c'est glauque quoi. |
| Peut-être même un peu violent non? |
| Ouais tout à fait. |
| J'ai l'impression que l'un des buts de l'album, enfin du groupe, ce sont les concerts. C'était un but en soi, au départ, de faire des concerts ? |
| Bah ouais ouais. Enfin pour nous ouais. On aurait du mal à concevoir de faire juste un disque pour faire un disque en fait. Je trouve qu'il y a une part de la musique qui doit être en live et une part qui doit être enregistrée en studio. C'est quelque chose que l'on ne pourrait pas reproduire, le live, sur un disque. Forcément il y a des choses qui se passent qui sur un disque n'existent pas. Et les deux sont importants. |
| Comment se prépare un concert des Craftmen Club ? |
On boit quelques mousses.
Un petit whisky avant!
En fait ça devient...Au début on avait vraiment le stress et tout, après c'est comme n'importe quel boulot, n'importe quel truc. Au bout d'un moment tu as tes repères. Tu sais plus ou moins comment ça va se passer, tu t'habitues;
Tu t'habitues mais tu as toujours du stress quand même.
Oui. Il y a toujours du stress, mais moins que les premières fois quoi.
Voilà. |
| Dernière question: votre actu, c'est quoi ? L'album qui sort ? |
| Ouais, le 2 février. |
| Et après c'est les concerts ? |
Ouais il y a une petite tournée en France. Je ne sais pas trop, trop, les dates.
Bah ouais il y a pas mal de dates, et après de toute façon on va essayer d'en avoir toujours plus et de faire un autre album. On va essayer de sortir assez vite un autre album.
On va voir ce que donne la sortie. |
| Des festivals aussi peut-être cet été ? |
| Peut-être aussi. |
| Il y a des choses de calées ? |
Non, il y a quelques petites idées, des petits trucs comme ça...
Tout dépendra de comment va être sorti l'album. Du public et des médias après. Ca sera beaucoup plus facile pour le tourneur de trouver des dates, que les gars qui vont voir qu'on va ramener du public ou qu'il y a un buzz autour de nous, ça les intéressera de nous faire jouer. Autrement sur les gros festivals, on ne les intéressera pas trop. |
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| Propos recueillis par Frédéric Fahy
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