Interview de The Stranglers |
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The Stranglers
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| The Stranglers aura donc eu la chance de cartonner dans toutes les décennies depuis 1970. On ne donnait pas cher de leurs peaux aux abords du XXIème siècle (et même avant du reste) mais l'album « Northfolk Coast » en 2004 aura eu le mérite de les réveiller d'une cataplexie artistique. Leur dernier opus ravira les fans de toujours qui commencent à prendre de l'âge et du poids selon les courbes statistiques et permettra de faire découvrir aux plus jeunes un groupe atypique, légèrement assagi mais rempli de révolte car la révolte elle, n'a pas d'âge, et eux sont là pour le démontrer. Rencontre avec JJ Burnel, le bassiste français du groupe. |
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| Comment expliques tu que ton groupe parle à beaucoup de générations ? |
| JJ Burnel : «Ca n'a pas toujours été le cas, il y a eu des hauts et des bas, je pense d'ailleurs que ces moments forts et ces moments de creux de la vague reflètent : pas seulement l'état d'esprit du groupe et des membres, mais aussi nos rapports avec les médias, qui n'ont pas toujours été aussi saints. On a refusé collectivement de jouer le jeu parfois, quand le jeu ne nous plaisait pas. Nous n'avons pas pris les décisions commerciales qu'il fallait. Mais c'est assumé : car nous ne voulions pas nous compromettre. Nous avons eu le luxe et la grande chance de ne pas être stéréotypés, c'est à dire de ne pas suivre une voie musicale ou d'exploiter une veine productive. On a eu la chance d'essayer 30 000 trucs et parfois avoir du succès avec et parfois se prendre un bide. Tout ce je peux te dire, c'est que l'on n'a pas cherché la réussite à tout prix. « L'intégrité » j'aimerais bien que ce mot nous décrive.» |
| Vous avez appelé votre dernier album « Suite 16 ». Les suites dans leur définition sont des airs lents ou vifs, solennels ou gais, c'est une bonne explication de ce disque ? |
| JJ Burnel : «(rire) je dois quand même nuancer tes propos. D'un coté, les sujets ne sont pas très gais. Ils sont camouflés sous la musique enjouée. Cet album est plutôt la définition de la guerre moderne. Les américains pensent qu'ils font la guerre moderne mais ils font la guerre des tranchées : une armée visible et ils se demandent pourquoi ils se font battre par une armée invisible. Nos sujets sur ce disque sont durs : un mari meurtrier, l'infidélité, la guerre en Irak, la haine, la vieillesse et le passage du temps qui nous touche et tout ces thèmes sont contrebalancés par une musique gaie.» |
| Le fait de chanter tes chansons, c'est une implication différente ? |
| JJ Burnel : «Je te rassure, il n'y a aucune pression sur mes épaules (rire). J'ai repris confiance et ce que j'ai entendu ne me déplaisait pas. Pendant 16 ans je ne voulais plus entendre ma voix. Cette fois, je me suis dit que ce n'était pas si mal que ça. En plus ce disque a reçu sans équivoque les meilleurs critiques de toute l'histoire du groupe. Ca m'a donné de l'assurance. Si de par le monde, que ce soit aux Etats-Unis, au Japon, en Pologne ou en Russie, les gens te disent que c'est un super album, tu commences à y croire.» |
| Tu parlais des Etats-Unis, alors cette tournée là bas ? |
| JJ Burnel : «(rire) Vendredi nous avons refusé leur 4ème offre ! Eventuellement peut être mais ce n'est pas quelque chose qui me fait bander. La scène, c'est le grand moment de la journée. C'est le pied maximum. Mais faire une tournée aux USA, vu la grandeur du pays, ça me gave. J'ai autre chose à faire avec ma vie. Je ne veux pas être une bête de scène tous les soirs. Là bas, c'est concert tous les soirs pendant des mois et des mois. A une époque, on jouait souvent devant 5 000 personnes, et franchement cela me gavait. Il faut avoir des priorités dans la vie, U2 ou Police ont fait leur choix et ont eu un succès phénoménal, mais ont ils eu un vrai succès artistique ?» |
| Cela ne te donne pas envie de remplir des stades ? |
| JJ Burnel : «Tu deviens une sorte de cabaret si ton seul plaisir c'est de faire de la fréquentation. Je veux trouver des rendez-vous avec le public ! je cherche ça. Bon pour tout te dire, on a fait une contre offre à cette tournée : on leur a dit que nous étions ok pour juste 5 concerts... mais payé pour 50 ! (rire). Pour l'instant ils ont refusé. A chaque fois qu'on refuse, ils nous offrent plus donc éventuellement.» |
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| Propos recueillis par Pierre Derensy
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