| Dans la série des nouveaux groupes à la Klaxons, on vous invite à jeter une oreille attentive à Twisted charm…. |
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| C’est la sortie de votre premier album. Comment vous sentez vous, êtes-vous excités ou appréhendez vous les éventuelles critiques ? |
| Twisted Charm : Nous sommes très excités. Nous ne pensions pas que cela puisse arriver de sortir un album avec un label aussi important et aussi éclectique. Nous avons de la chance et nous espérons que ça se passera aussi bien qu'avec les singles. |
| Vous avez sorti vos singles au printemps, en Mars, et maintenant votre album, pensez vous que les choses vont trop vite ou bien que c’est une évolution naturelle ? |
| Twisted Charm : En Angleterre nous jouons depuis deux ans et nous sommes en constante progression. Cela nous a permis de savoir exactement quel ton nous voulions pour l'album. En France cela vous semble rapide parce qu'ici nous sommes un groupe fraîchement arrivé. |
| Étant donné que le public Français ne connaît pas votre parcours, quelle a été l’évolution de Twisted Charm en Angleterre, quand avez-vous débuté, et comment ? |
| Twisted Charm : A la fin de mes études, je voulais faire de la musique et comme on se sentait opprimé à Rusden, une petite ville du centre de l’Angleterre où il n’y avait pas grand-chose à faire, on a décidé de partir pour Londres où il y a d’avantage d’opportunités. C’est là que nous avons rencontré notre saxophoniste et pris avec nous notre ami John qui joue de la basse. À Rusden il n'y a qu'un club et tu ne peux y jouer que du Heavy metal. |
| Lorsque vous étiez au lycée, aviez-vous déjà un groupe écriviez-vous des chansons, jouiez-vous des reprises ? |
| Twisted Charm : On jouait dans nos chambres! Non, pas vraiment, on n'a jamais joué des reprises, pas même lorsque j'ai eu ma première guitare. J'ai toujours aimé faire du bruit et la musique des autres ne m'intéresse que pour l'écouter pas pour la reproduire. Ce que j'aimerais faire c'est reprendre une face "B" de Prince et totalement la réinventer, mais apprendre à jouer sur les morceaux des autres, non. |
| Ce qui est frappant en écoutant l’album de Twisted Charm c’est de découvrir un son complètement nouveau, comme si vous développiez quelque chose ? |
| Twisted Charm : C’est dû aux personnalités qui composent le groupe, chaque membre possède une culture musicale très différente. Le saxophoniste vient du milieu du Jazz, Nathan et moi écoutions du Hip Hop, je joue donc de la batterie dans un style Hip Hop, comme du Drum and Bass survolté. |
| Avec quelle musique avez-vous grandis ? |
| Twisted Charm : Avec Bob Dylan,David Bowie, des classiques et puis Sonic Youth, Blonde Redhead et Stranglers qui est probablement mon groupe préféré. C'est si sec et si mélodieux à la fois. Ils étaient vraiment avant-gardistes et ils ont écrit la meilleure chanson Pop de tous les temps, "Golden Brown". Leur évolution est tout simplement incroyable. |
| Vous dites avoir grandis avec le Hip Hop et vos textes comportent beaucoup de commentaires sociaux et d’ironie, c’est justement une des caractéristiques du HipHop ? |
| Twisted Charm : C’est vrai pour le Hip Hop français, mais en Angleterre le Hip Hop est plus une musique de ghetto, de gangs. Je sais qu'il existe de bonnes choses dans le Hip Hop actuel, j'aime cependant écouter celui de la vieille école comme Tribal Quest. Je n'adhère pas au commercial, à l'underground, du style de Dizzy Rascal en ce moment. |
| Comment développer vous votre style d‘écriture, écrivez vous ensemble ? |
| Twisted Charm : En général, j’écris seul dans ma chambre. Parfois j'ai une idée sur laquelle on travaille lors de répétitions, mais cela prend plus de temps que de donner les morceaux finis aux autres membres du groupe. |
| C’est incroyable la quantité de détails que vous mentionnez dans vos textes, vous partez d’une idée pour arriver à quelque chose de très construit, c’est une explosion de textures. Est ce difficile à obtenir ou est ce votre façon de travailler ? |
| Twisted Charm : J'aime qu'il y est des interactions dans la musique, entre la voix, la basse, le saxo et la guitare. Ils ont chacun leur espace tout en contribuant à la mélodie et le rythme directeur les rassemble. Lance Thomas, notre producteur, a créé une atmosphère en ajoutant à l'album du son en couches. Cela a rehaussé ce que nous avions fait. |
| Vous avez un saxophoniste membre du groupe, c’est assez rare, en général ils participent sur certains morceaux, mais ne sont pas membres permanents du groupe, était ce important d’avoir quelqu’un qui joue d’une manière aussi intéressante ? |
| Twisted Charm : Avoir un saxo n’était pas un choix délibéré, ça c’est fait par hasard. C'est une grande acquisition pour le groupe. Il nous apporte beaucoup. Il a très envi d'aller à l'université, on verra, on devra peut-être changer de style. Plus synthé-heavy nous plairait bien. On ne sait pas trop à quoi va ressembler le prochain album. |
| Vous travailler avec lance Thomas, le producteur de Ladytron, l'avez vous choisi ou est ce votre label qui vous l'a présenté ? |
| Twisted Charm : C’est lui qui nous a choisi. C'est encore mieux Il est venu à l’un de nos concerts et il a aimé notre musique, ce qui est très important pour nous, il nous a proposé de faire un album. Il était vraiment enthousiaste à l’idée de produire notre album et nous voulions quelqu'un qui partage vraiment nos goûts. En studio c'est une terreur, il nous bouscule, surtout Luke, notre saxo, qui est a un look efféminé, on a tous eu des bleus. On restait en studio jusqu'à quatre ou cinq heures du matin et il nous faisait répéter encore et encore. On a terminé l'album poussé par la peur. Lance est une personne introvertie qui vit à la campagne au milieu de nulle part et qui doit avoir besoin de se défouler sur de vulnérables musiciens, comme nous ! Après deux semaines à ses côtés, on s'est forgé le caractère. |
| Vous a t il laissé fait courir en forêt avec vingt kilos sur le dos ? |
| Twisted Charm : Dans un endroit isolé en montagne, il y avait dix minutes de marche de la grille à la maison, nous sommes sorti de la voiture pour lui ouvrir la lourde grille et il a continué sans nous. On a gravi le chemin dans le noir complet. C'est vraiment cruel. |
| Comment s’est passé votre arrivée à Londres, avez-vous rencontrez des difficultés ou était-ce comme vous l’espériez ? |
| Twisted Charm : Lorsqu'on avait quinze ou seize ans, on est venu à Londres voir un concert. On a vu à quoi ressemblait un club et c'était très attirant. Pour ce qui est du quotidien, tout est plein, ça se bouscule et nous, on vient d'une petite ville où tout est tranquille. |
| Avez-vous connu les débuts classiques de tous les jeunes groupes qui arrivent à Londres, comme partager un minuscule appartement sans chauffage et ce genre de choses ? |
| Twisted Charm : Oui, et c'est toujours le cas, mais plus jamais d’appart ensemble (rires). Londres est réellement une ville chère où il faut lutter pour survivre, mais comme dans toutes les grandes villes. On s'amuse bien. |
| Twisted Charm : C’était très sympathique, on pensait qu'on allait tout de suite signer pour un album, beaucoup d’amis sont venus nous écouter comme si on était très célèbres, on s’est bien amusé. On s'est senti à l'aise sur scène. |
| Et comment avez-vous signez votre premier disque? |
| Twisted Charm : Le producteur nous a vu lors d'un concert et deux jours plus tard il nous proposait de faire une demo qui est devenu un single. Il voulait en faire un album mais nous trouvions les morceaux encore bruts, nous voulions les aboutir, les rendre plus accessibles. |
| Il semble qu’il y est un grand renouveau musical actuellement en Grande-Bretagne, est-ce quelque chose qui vous stimule de participer à ce renouveau? |
| Twisted Charm : Je ne crois pas que l'on fasse partie de cela. Je crois qu’il y a une vague de groupes qui arrivent avec des sons innovants, les Klaxons ont ouvert la voie, et le public les soutient. Ce qui arrive est une bonne chose pour la musique, c’est très sain. Les gens veulent entendre de nouvelles choses. |
| Twisted Charm : C'est en rapport avec la tournée en France, nous leur avons présenté Stef, leur batteur. C'était bien la tournée qu'on a fait ensemble, ils sont d'une compagnie agréable. |
| Avez-vous eu un moment dans votre courte carrière où vous vous êtes dit "Ca y est, on y est arrivé !"? |
| Twisted Charm : Dès que l'on a signé pour l'album. Il y a de superbes musiques composeés dans des chambres et que l'on n'entendra jamais. C'est autant une question de chance que de talent, nous avons eu cette opportunité et nous en sommes très reconnaissants. |
| Vous êtes un jeune groupe avec un label indépendant, débutant une tournée, ça fait beaucoup. Vous demandez vous parfois ce que vous faites là et pourquoi vous faites ça ? |
| Twisted Charm : Pour un groupe c'est très difficile financièrement s'il ne rencontre pas un succès immédiat. Nous avons tous un travail à plein temps et, on risque de se faire virer à chaque fois qu'on s'absente, or on doit rester à Londres et par conséquent on doit continuer à payer nos loyers. |
| Quel a été votre meilleur, ou pire moment durant la tournée ? |
| Twisted Charm : Le pire moment a été de constater que les Klaxons avaient de la nourriture bien meilleure que la nôtre, le meilleur a été lorsque l'on s'est jeté sur leurs restes ! En Europe, nous sommes bien traités, en revanche en Angleterre ce qui compte c'est le spectacle ! Nous nous excusons auprès de tous les groupes Européens qui viennent en Angleterre pour le mauvais traitement qu'ils subiront. |
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| Propos recueillis par Isabelle Chelley
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