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« Fais moi mal, Johnny ! » : Johnny Hallyday, Les Vieilles Charrues Jeudi 20 juillet 20006 ( Universal )
Pour leur quinzième anniversaire, les Vieilles Charrues organisent une journée spéciale consacrée à un invité qui l'est tout autant : Monsieur Johnny Hallyday. Carte blanche à Warner (sa nouvelle maison de disque) qui programme avec lui, en ce jeudi de fête, Mauss et les Têtes Raides. Après le rock sans surprise de Mauss et ses commentaires stupides destinés à chauffer (= à insulter ?) le public, après le rock-musette (dont le caractère festif convient mieux à une telle occasion) des Têtes Raides, Johnny va pouvoir arriver et son public se prépare à l'accueillir.
Chiens-Loups, huskies aux yeux bleus, aigles Harley Davidson ou animaux sauvages indéterminés : les tatouages s'exhibent comme autant de signes distinctifs du « Club Johnny », de même que le cuir de rigueur ou le bandana noir. Musique à la « Carmina Burana » pour l'arrivée de l'idole... de ceux qui étaient jeunes quand les yéyés représentaient un véritable phénomène de mode ! Une veste argentée à faire pâlir toutes les rock-stars sur la touche et qui rendrait n'importe quelle personne lambda ridicule au possible : Johnny la porte néanmoins sans complexe et dégage un tel charisme qu'on ne se moque pas. On regarde et on comprend pourquoi il est LE rockeur number one des Français. « L'envie » pour se mettre en voix (une puissance vocale hallucinante dès le premier morceau) : en quelques secondes, son public devient hystérique et ses détracteurs eux-mêmes ne peuvent que respecter la performance. La tournée « Flashback » porte bien son nom car elle retrace toutes les périodes de « Sir Hallyday », des « Portes du pénitencier » (dans une version unplugged très sympathique), à « Marie » (si elle savait, tralalala...). La musique des dernières décennies, le vieux briscard la connaît bien et la sert avec une énergie incroyable à des festivaliers qui, pour beaucoup, n'auraient jamais penser venir un jour aux Vieilles Charrues. Notre « Jojo » national, dont la légende prétend déjà qu'il a lui-même demandé à venir chanter à Carhaix, est visiblement enchanté de jouer pour ce festival et trouve tout « Fabuleux ! », même la salle... alors qu'il joue en plein air. Mise en scène kitchissime oblige, les musiciens dont Johnny sait s'entourer (la crème des crèmes : son guitariste, qui l'a déjà suivi sur plusieurs tournées, est tout bonnement impeccable), sont rendus un peu moins glorieux par des tenues vestimentaires hésitant entre le « ça-n'a-jamais-été-beau » et le « mais-qui-peut-oser-mettre-ça ? ». Et si ses choristes sont elles aussi aussi déguisées en Tina Turner version Mad Max 3, aux coiffures aussi ridicules qu'improbables, elles restent vocalement irréprochables. Pour résumer : la machine est parfaitement huilée et le show très carré. Johnny en concert, c'est tout ce qu'on attend d'une légende telle que lui : une présence scénique impressionnante, un show sympa, des fans au looks « Jacky » un peu cliché et d'autres qu'on n'aurait jamais cru voir porter un t-shirt ou une casquette à l'effigie de celui qui allume le feu (pourvu qu'il y ait une étincelle...), des musiciens nickels au service d'un VRAI spectacle. Mr Hallyday n'est pas du tout un artiste « qui se la joue » (comme il serait en droit de le faire vu son succès et l'engouement, unique en son genre, qu'il suscite auprès d'un public mêlant tous les âges et tous les milieux sociaux) mais un chanteur qui se fait plaisir, uniquement soucieux de donner de la joie à ceux qui le suivent depuis des années. Johnny est rock, Johnny embrase... « Combien de jours de deuil à la mort de Johnny ? » se demande Cali. Même s'il est bien connu qu'un mythe ne meurt jamais, on peut supposer que ce sera quelque chose !
Alexandre Blomme
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