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A day to remember : Nouveau Casino, 10 février 2011
Alors l'emocore, qu'est-ce que c'est ? Tout simplement la rencontre de l'emo et du hardcore. Où quand les mélodies mielleuses à la mode au début des années 2000 avec The Used, Fall Out Boy et compagnie rencontrent les riffs musclés du hardcore, avec en option des gueulantes façon screamo. Il s'agit donc d'un (sous)genre taillé pour les ados, comme le confirme la moyenne d'âge de l'audience présente ce jeudi soir dans un Nouveau Casino surblindé (date sold out depuis des mois). C'est que les A Day To Remember passent par Paris, et il s'agit de l'un des chefs de file du mouvement, avec Bring Me The Horizon ou Parkway Drive.
Bien chauffés par les deux premières parties, qui comportaient le punk mélodique et musclé des Bayside, des centaines de kids avec mèche frontale, écarteurs d'oreille, t-shirt extra-moulant, jean slim ne laissant aucune place à l'imagination et tatouages sur les avant-bras, sont maintenant au taquet pour attendre les stars de la soirée. Pluie de confettis, et voilà que les A Day To Remember commencent de façon très musclée, avec l'enchaînement de « 2nd Sucks » et « The Danger In Starting A Fire ». Pourtant ils le mettent, le feu, et les séquences de sing along se succèdent. La dévotion des fans est impressionnante. Le pit est un gros pogo, avec au passage un gros circle pit (les gens courent en rond, c'est joli), avec de temps en temps quelques danseurs qui s'adonnent à des mosh parts. Etonnant spectacle que de voir ces jeunes gens envoyer des coups de pieds et coups de poings en l'air devant eux, comme si ils étaient en train de casser la gueule à l'homme invisible...
Beaucoup de filles sont également dans le public, et si elles sont très lookées, elles sont en revanche moins concentrées sur la musique. Les yeux rivés sur le Blackberry, des photos avec les copines, et viens on va fumer une clope, je ne connais pas cette chanson... ah mais attends le mec là-bas il est trop mignon viens on se rapproche que je voie ses tatouages ! Ca pose dans le public, et sur scène aussi, avec un groupe carrément en place. Le chanteur sait parfaitement comment motiver ses troupes, en faisant réagir le public, et on a l'impression de se retrouver face à une machine de guerre. Pas de doute, ils sont américains !
Niveau setlist, le dernier album en date, « What Separates Us From You » est évidemment mis en avant, avec notamment le single « All I Want », mais les plus vives réactions se font sur les titres tirés du très bon « Homesick », moins musclé, avec plein d'envolées mélodiques à la New Found Glory (logique, le guitariste de ces derniers étant le producteur d'A Day To Remember, que l'on peut aussi appeler ADTR pour montrer qu'on connaît bien). Les refrains de « My Life For Hire » et « I'm Made Of Wax, Larry, What Are You Made Of ? » font parfaitement le boulot, de même que la chanson plus posée « Have Faith In Me », avec petit riff de lover pour faire allumer portabes et briquets. Dans le même registre, le rappel débute par une chanson acoustique, avant que la furie ne se déclenche avec les « nanananana-na, nananana » scandés par le public et qui font office d'intro à « The Doomfall Of Us All ». Derniers gros mouvements dans le pogo, avec un dernier titre, une nouvelle pluie de confettis, et les gens se dirigent direct vers la sortie. C'est vrai qu'il fait chaud.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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