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Alice Cooper : Hellfest, samedi 19 juin 2010
Flashback : vendredi soir, la première journée du Hellfest vient de s’achever. Les esprits restent échauffés, et vont donc se rafraîchir au Metal Corner, histoire de boire un coup, et même plusieurs, avant d’essayer de trouver le sommeil. Pas mal de gens sont bien, bien bourrés, dont des mecs à crêtes attablés, qui se demandent quand retourner sur le site pour voir Immortal.
« -Bah les gars Immortal c’est pas ce soir, c’est demain.
- Ah ouais ils jouent à quelle heure ?
- A 22h.
- Ah ouais ça va commencer alors là…
- Bah non, il est 2h. ils jouent à 22h.
- Ah ouais ils jouent dans 10h… Je vais faire une sieste pour tenir quand même ».
Une bien sage décision…
Tout ça pour dire qu’Immortal était très attendu. La Main Stage 02 fait face à une grosse affluence d’ailleurs quand les peinturlurés débarquent. Tiens ils ne sont que deux pour faire tout ce boucan ? Ah non trois. On aperçoit le batteur quand le nuage de fumée (non-stop du début à la fin du set) se dissipe un peu. La voix sort d’Outre-Tombe, les riffs sont acérés, les fans kiffent. Pour les autres, Agnostic Front se fait longtemps attendre sous la Terrorizer Tent. Leur batteur a été hospitalisé dans l’après-midi, et c’est celui de Born From Pain qui prend le relais pour un set hardcore fou furieux de 20 minutes. Un best of quoi. Et une jolie bataille pas très rangée avant de plonger dans l’univers d’Alice Cooper.
Alice Cooper, c’est au moins autant du théâtre que de la musique. Tout est scénarisé. Une multitude de costumes sont utilisés, et le grand décor exploité pour raconter une histoire. Le gaillard pioche dans ses premiers albums pour faire le lien entre les chansons, et surtout, il se fait mourir. Alors pas littéralement bien sûr, mais ses morts de succèdent. On remarque donc un décès causé par une immense seringue (poison ? drogue ?), une descente aux enfers et même une décapitation en bonne et due forme. De là à dire qu’Alice Cooper n’a plus toute sa tête… Une guillotine sur scène, et en voilà qui se mettent à rêver que Christine Boutin fasse partie su show. On se croirait à un spectacle de Guignol, sauf que là les spectateurs ne sont pas des enfants mais des poilus imbibés. L’imagerie passe d’ailleurs un peu trop au-dessus de la musique, et mis à part quelques bons moments comme « Vengeance Is Mine », seul l’aspect visuel permet au show de ne pas s’essouffler durant les 75 minutes qu’il dure. Bien que le bonhomme ait un statut de légende (c’est quand même avec lui que trippent les geeks de Wayne’s World), beaucoup semblent rester sur leur faim. Ceux qui ne considèrent le concert que comme un spectacle sont satisfaits, se battant presque pour ramasser les colliers jetés au public pendant au’Alice déclare « plutôt mourir que d’être riche ». Mouais, on serait quand même bien curieux de connaître le cachet de la rock star pour donner un concert.
Le show se termine comme il s’est commencé, avec « School’s Out ». Histoire de rappeler après toutes ces morts que le cycle de la vie n’est qu’un éternel recommencement ?
En tout cas parmi les spectateurs d’Alice Cooper, il y avait un certain Jello Biaffra. Celui-ci arrivera un peu à la bourre sur scène, puisque regardant le concert, et ne manquera pas d’égratigner Alice, conservateur. Le chanteur de Dead Kennedys n’a rien perdu de sa verve, et entre chaque chanson où il saute comme un damné, il se lance dans des discours politisés. Le capitalisme en prend pour son grade, et le tablier tâché de (faux sang) du chanteur colle bien avec la nouvelle boucherie en train de se mettre en place sur la Main Stage 02 : le concert de Carcass. La deuxième journée en enfer s’achève.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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