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Apocalyptica : Rock En Seine, jeudi 28 août 2008
Il y a des genres musicaux qui provoquent chez la personne de goût des réactions violentes, entre le pétage de plomb de psychopathe privé de calmants et l'œdème de Quincke. Prenons le metal symphonique, par exemple, kitscherie légère comme la choucroute jouée par des clones de Richard Clayderman qui se croient cool parce qu'ils ne portent pas de nœud papillon. Le résultat est en général ni vraiment metal, ni vraiment symphonique, mais plus boursouflé que l'intégrale de Queen passée à la cortisone.
Et puis, il y a des exceptions à la règle. Comme les Finlandais d'Apocalyptica, en lever de rideau de la première vraie journée du festival Rock en Seine. Musiciens classiques fans de Metallica, ils ont débuté il y une quinzaine d'années en reprenant au violoncelle les standards de la bande à Heltfield. Depuis, ils s'y entendent pour faire le show. En fond de scène, leur logo, un violoncelle croisé d'un crâne qu'on retrouve sous forme de silhouettes derrière chaque musicien.
Longues crinières, tatouages et pantalons moule-bonbons noirs, les quatre métalleux s'agitent et tourmentent leurs instruments à grands coups d'archet rageurs. Le résultat est étonnant : oui, c'est bien du hard rock qu'on entend, avec du feedback, des décibels, de la testostérone. Mais il y a aussi un arrière goût de classique flamboyant et oui encore, les membres d'Apocalyptica sont du genre virtuoses et maîtrisent avec la même aisance les deux genres qu'ils ont fusionné.
En prime, ils s'amusent et c'est communicatif. Lorsqu'ils reprennent Enter Sandman, ils citent au passage quelques mesures de "L'hymne A La Joie". Puis ils concluent sur "In The Hall Of The Mountain King" qu'ils présentent comme le premier morceau de black metal scandinave. Ok, ce n'est pas que subtil, loin de là, mais comme mise en jambes pour un début de festival, on n'a pas trouvé plus efficace.
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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