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Art brut : Nouveau casino, 24 mai 2011
La Custom, soirée mensuelle organisée par les Inrocks au Nouveau Casino, permet de découvrir des groupes. Certains qui débutent à peine, comme les Danois de When Saints Go Machine, d’autres ne sont pas encore connus en France, comme Jonquil. Et en tête d’affiche, on se régale de groupes au succès déjà assuré.
C’est le cas de Art Brut qui vient présenter son quatrième album, Brilliant ! Tragic !, produit par Franck Black, rien que ça ! Pour ceux qui ne connaissent pas, Art Brut, c’est du punk britannique. Pas du punk genre les Clash qui cassent les guitares, ni du punk à la Blink avec trois notes recyclées sur un album, mais un punk aux tonalités dissonantes, aux paroles bourrées d’ironie et à la performance live de dégénérés - autant dans la mise en scène que dans la puissance sonore. Eddie Argos, le chanteur à l’allure foutraque, fait son entrée et agite les bras comme un enfant pour saluer la foule. La différence qui saute au visage sur la première chanson, c’est qu’Eddy s’est depuis peu décidé à chanter (même s’il continue toujours de gueuler plus que d’entonner des mélodies) et le résultat est frappant, lui donnant des airs de James Murphy. Une fois la surprise passée, le public n’hésite pas à scander en chœur le refrain, « My little brother just discovered rock’n’roll ». Oui, la salle est pleine, les chansons sont faciles à reprendre, et l’ambiance est à la bonne humeur. Les présentations faites, Eddie peut se lancer dans son grand show. Un coup il nous montre son majeur pour illustrer sa chanson sur ‘Axl Rose’, un coup il mime l’avion pour ‘Moving to LA’, puis le voilà à jouer à la corde à sauter avec son fil de micro pendant que les musiciens se marrent en se livrant une bataille de guitares sans merci. On nage dans l’absurde le plus total, le tout bourré de fausse note au chant, sur fond de musique élaborée jouissive. Les slams s’élancent, la soirée s’annonce bien. Eddie se prend pour ce qu’il est, une rockstar qui peut tout se permettre ! Il peut se faire prédicateur apocalyptique et nous donner des conseils à propos de la crise financière une minute, puis nous apprendre à prononcer Van Gogh, son peintre préféré. Et d’un coup, au milieu de ‘Modern Art’, il décide que la chanson mérite un nouveau couplet. Il descend alors dans la foule et commence à raconter sa visite au musée Van Gogh à Amsterdam. Il part en improvisation totale, et se retrouve empêtré dans son récit, mais la foule se prête au jeu et rit à chacun de ses clins d'oeil désespérés. Pour s’en sortir, pas d’autre solution que de faire s’accroupir toute la salle pour les faire sauter de plus belle : et la fosse se transforme en pogo ! A groupe généreux, public généreux. Et Art Brut dégage une putain d’énergie. Aussi, le premier rang n’hésite pas à lui souffler les paroles, pour lui montrer qu’ils connaissent la chanson. Eddie saute sur l’occasion et propose à la foule de choisir les prochaines chansons. Le final se fait à grand fracas, le single ‘Lost Weekend’ est repris par la foule, le son est brut et sauvage. On sort de ce concert un peu déboussolé, avec un énorme sourire en travers du visage. Un concert comme on en voit peu, mais la bonne nouvelle, c’est que le punk est loin d’être mort !
Agnès Bayou
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