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Ayo : Printemps de bourges 2009
Ayo

Ayo : Printemps de bourges 2009 ( Universal )

Qu’est-ce qu’elle est belle Ayo ! Qu’est-ce qu’elle a une jolie voix ! Qu’est-ce qu’elle joue bien de la guitare ! Mais mon dieu, qu’est-ce qu’elle est assommante en concert !

Après le concert laborieux mais tellement pêchu d’Anaïs, le public est gonflé à bloc. Et ce sont des cris continus qui accueillent la si jolie chanteuse métissée nigériane-tzigane roumaine. La demoiselle arrive sur scène en jouant de la guitare sèche et se poste devant son micro pour débuter un show mélangeant les tubes de ses deux premiers albums.
Malheureusement, la belle ne bougera alors plus de ce mètre carré qui entoure le micro. Sa main droite grattant la guitare et son pied gauche battant la mesure, ce sont les seuls mouvements que la chanteuse nous offrira pendant les 45 premières minutes. Ses musiciens (un pianiste, un batteur, un bassiste, un guitariste) ne sont pas en reste du côté du « je ne bouge pas un cil, ça pourrait me fatiguer et mettre un peu d’ambiance. »

Bien sûr, le timbre d’Ayo est une pure merveille, mélange entre une douceur duveteuse et une puissance phénoménale. Oui, ses vocalises et ses modulations de timbre sont hors normes. Bien sûr elle a un sens du groove extraordinaire qui aurait pu, à lui seul, porter une salle. Mais ce côté si statique tranche avec la joie résonance de son visage et de son sourire et fatigue à la longue. Pire, on en vient à trouver que les morceaux se ressemblent tous. Et encore pire que pire, on s’ennuie ferme ! Surtout que les morceaux ont été apparemment réorchestrés spécialement pour le show et dure chacun entre 7 t 10 minutes. Aaaaaargh ! Ca fait quand même vraiment très très long quand aucune note ne vous donne envie de vous lever de votre chaise pour danser !

Du coup, chaque petit changement parait extraordinaire. Quand elle s’adresse au public et chante dans un français qu’elle qualifie elle-même de « pas bon du tout mais… », qu’elle nous demande de « ne pas penser du tout », de « tout lâcher », on trouve ça touchant et mignonet. Mais si on se détend encore plus, on va s’endormir, c’est sûr ! Ce show manque désespérément de folie… Un peu à la manière d’une Tracy Chapman, Ayo semble avoir donné l’avantage au contenu plutôt qu’au contenant. Et si sur CD, c’est un succès garanti, sur scène, c’est épuisant de tristesse !

Quand elle pose enfin sa guitare et dit que « vous êtes trop loin et ça c’est pas bon », on se prend à prier pour un miracle. Et il arrive presque quand elle se lance dans un titre plus ragga. Mais surtout quand elle reprend le fameux Doo Wop (That Thing) de Lauryn Hill. Enfin, ça bouge un peu ! Mais il faut quand même avouer que cette fine brindille a une démarche de petite vieille. Et quand elle danse, ça dépote moyen… On reprend quelques morceaux monocordes avant le fameux Down On My Knees, qu’elle interprète ensuite dans un français laborieux. Quelques pas de danses et on reprend la guitare pour un Life Is Real qui se termine en une furie de notes presque rock.

Mais il est trop tard. Déjà bien mal au dos et plus bas d’être restée assise sans bouger pendant presque 1h30. Et une folle envie de me petit-suicider face à si peu d’originalité et de fantaisie…

Adeline Lajoinie
Photo : Christian Pénin

Lajoinie Adeline


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 Ayo


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