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Babyshambles : Les Vieilles charrues, jeudi 17 juillet 2008 ( Universal )
Premier soir des vieilles charrues 2008, le festival commence sur les chapeaux de roues avec le phénomène franco-français BB Brunes, le rouleau compresseur qui sent la naphtaline Motörhead et le trop chic pour chiquer sa merguez frite, Ben Harper. Pour clôturer cette soirée, les Babyshambles sont attendus. Mais seront-ils là ?
Sorte d’arlésienne du rock, voir les Babyshambles sur scène est devenu un must branché tellement leurs annulations sont devenues quasi-systématiques. En six mois, le groupe, a accumulé les excuses les plus imaginatives pour expliquer leurs absences. Petit tour sur le carnet de correspondance rempli par la maman de Pete Doherty :
« Monsieur, Pete et ses petits copains ne seront pas là aux Printemps de Bourges car suite au non-respect de sa conditionnelle, mon fils a été mit en prison où ses anciens vendeurs de marie-jeanne veulent lui voler ses billes. ». Ou encore : « Pete était absent hier au Grand Rex car son tchou-tchou est resté coincé sous la manche ». Ou peut être la pire : « Pete a perdu son chat Ponpon auquel il tenait tellement, la pauvre bête est morte d’une overdose de cocaïne ». Et la plus récente : «Pete et ses amis ne pourront pas venir dans les plus grands festivals européens (sauf en France) parce que son méchant tour manager considère que le groupe n’est pas assez bon et pas assez préparé pour ces grands rendez-vous ».
Du coup, le concert de Ben Harper terminé, tout le monde se demande s’ils seront là. Aucun message n’indique le contraire, le changement de plateau se fait normalement, la balance aussi mais nous avons déjà 20 minutes de retard dans la vue. Finalement le groupe arrive sur scène avec la nonchalance d’une bande d’ados attardée pintée à la bière bretonne et… balance dans le micro: « Good morning Britain ! ». Ok, le ton est donné.
Le public restant, en majorité le même que BB Brunes, est euphorique et très excité devant l’icône des jeunes à franges et converses propres. Ca slip dans le slim, ça slim dans le slam et ça slam à donf. En gros, Pete et ses babychantmé font ce qu’on attend d’eux, c'est-à-dire n’importe quoi.
Musicalement, tout est brut, à l’arrache. La batterie pilonne, la basse cartonne, Pete grogne et les guitares jouent toujours la même chose. La première guitare fait un arpège harmonieux dans les aigus tandis que la deuxième joue une contre mélodie dissonante. Cela donne cette couleur musicale si particulière et décharnée. Hormis le fait que ça ressemble souvent à de la re-pompe des Kinks ou des Clash, Doherty, considéré comme le poète du XXI° siècle ne va pas très loin. Pourtant, il a des fulgurances, des moments innovants et excitants, mais qui sont malheureusement rattrapés et noyés par un foutoir musical incommensurable, trop à vif et pas assez travaillée.
Bref, derrière sa gueule de junkie sympathique et endimanché dans un costume d’Hamish, Pete Doherty a un côté touchant, celui du trublion de la classe qui fait que des conneries mais dont on sait qu’il peut faire bien plus. Pas grave, les fans garçons et filles sortent hallucinés de ce concert, et cela se voit : il va falloir un chausse-pied, un crique ou une tonne de talque pour baisser le slim sous la tente, ce soir. Mais finalement le but est atteint : dire à ses amis « j’y étais, je l’ai vu en vrai ».
L’arlésienne du rock était présente. Un diamant de coke brut qui a besoin de se polir un peu pour qu’on puisse vraiment crier au génie.
Alexandre Blomme
Alexandre Blomme
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