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Bad Religion : Bataclan, 16 mai 2010...
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Bad Religion : Bataclan, 16 mai 2010

30 ans de mariage, on appelle ça des noces de perles. Ca tombe bien, Bad Religion les enfile. Depuis 1980, le groupe californien est le fer de lance d’une branche plus fun du punk rock. Si les paroles restent dans un créneau politisé, la musique, remplie de chœurs du genre « oooooh » ou « aaaaaah » a su désacraliser le côté bourrin et pas en place qui semblait inhérent au genre.

Alors pour fêter leurs trois décennies d’existence, les américains sont venus prêcher la bonne parole lors d’une longue tournée européenne. Et 6 ans après leur dernière visite ici, les voilà qui posent leurs valises à Paris, dans un Bataclan rempli ras-la-gueule. En guise de première partie, ce sont les bien-nommés The Prostitutes qui se retrouvent là, comme un cheveu dans la soupe, un poil de cul entre les dents, un étron dans un évier. Bien évidemment, la jeune formation parisienne ne doit sa place qu’à son talent, et pas au fait que leur manageuse soit la fille de Philippe Manœuvre, et que ce dernier les ait signés sur son nouveau label. Et c’est sûrement par manque de culture musicale que beaucoup boycottent le concert au bout d’une chanson pour remplir le bar d’à côté, ou que ceux qui prennent sur eux pour rester assister au carnage conspuent le groupe après chaque chanson. Ils font du « punk 77 » paraît-il. A cette époque, ils étaient à peine dans les couilles de leurs pères, mais bon, jouer ça, ça doit faire plaisir à leurs parents, qui du coup ne rechignent pas à leur payer leurs guitares hors de prix. Apparemment ils avaient déjà pris cher en ouvrant pour le groupe de métal Airbourne… Mauvais plan incruste donc, et un grand dommage, au prix de la place (35 euros), de ne pas avoir offert cette place de choix à l’un des nombreux groupes français qui aurait davantage satisfait le public.

François Bégaudeau écrivait récemment que la calvitie était ce qui le séparait de la jeunesse, le rock ce qui l’en maintenait proche. Une phrase qui trouve tout son sens quand apparaissent les parrains du punk mélodique. Grande bannière avec le fameux logo (la croix barrée) au fond, bides en avant et cheveux portés disparus. Même les idoles vieillissent (coucou Johnny), mais les Bad Religion ont toujours la pêche. Bizarrement ils commencent par « Do What You Want », déflagration de même pas deux minutes, avant de jouer l’intro « Overture ». Un morceau, puis une intro… Voilà un ordre pas commun, mais la formule est en place puisque la set list est la même sur toute la tournée. C’est logiquement « Sinister Rouge » qui déboule ensuite, et c’est parti pour l’avalanche de tubes. Plus d’1h15 à vitesse grand V, avec des chansons tirées de toute la discographie du groupe. « Recipe For Hate », « How Much Is Enough ? », « A Walk »… c’est que 30 ans de carrière, ça permet d’accumuler les munitions. On note l’enchaînement quasi-parfait « Atomic Garden / Epiphany / Suffer », et tant pis si au son, la voix n’est pas toujours parfaite. La fosse reste pleine à craquer du début à la fin, le pogo est costaud sur les plus gros tubes du groupe (ça retombe un peu sur les vieilles chansons), et il y a autant de monde au balcon que dans le décolleté de la très désirable Scarlett Johansson. La moyenne d’âge doit presque dépasser les 30 ans (justement), et les gens sont venus de toute la France. Alors le stand ne désemplit pas du concert (un t-shirt souvenir pour frimer au boulot), et le bar n’est pas en reste. Ce soir c’est grand soir, et si l’observateur objectif peut regretter une certaine redondance dans le show (chœurs systématiques, lignes de chant quasi-identiques et riffs copier/coller), le fan est quant à lui ravi de pouvoir se trémousser les hanches ou lever son poing sur « No Direction », « Germs Of Perfection », « I Want To Conquer The World » ou l’hymne « Generator ».
C’est un véritable best of qui est interprété, et le chanteur Greg Gaffin a à peine le temps d’engueuler un vigile un peu trop virulent, de blaguer sur leur album live gratuit (« Par contre il faudra payer pour le prochain… bon vous pouvez aussi le télécharger ») et de promettre un retour dès l’année prochaine (il l’avait déjà dit il y a … 6 ans), et c’est déjà l’heure de balancer « Infected » puis la toujours d’actualité (et pour les 30 prochaines années sans doute) « American Jesus », que tout le monde reprend en chœur.

Le rappel (surprise !) va à lui seul faire la parfaite synthèse du groupe. Chanson supra-dynamique avec « Punk Rock Song », mid tempo tubesque avec « 21st Century Digital Boy », puis refrain hypra-fédérateur et grandes envolées mélodiques sur « Sorrow ». Conclusion parfaite d’une soirée qui aurait pu être gâchée par quelques parasites et un prix presque indécent, mais il s’agissait incontestablement d’un grand événement. Leur carrière est dans doute derrière les papys du punk californien. Mais il y en a un paquet qui donneraient cher pour voir d’aussi jolies choses qu’eux quand ils regardent par-dessus leurs épaules… respect.

Sébastien Delecroix

Sébastien Delecroix


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 Artiste
 Bad religion


 Chronique(s) Date publication
 Bad religion : The Dissent Of Man 01/11/2010


 Aftershow(s) Date publication
 Bad Religion : Bataclan, 16 mai 2010 16/06/2010



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