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Ben Harper, Piers Faccini, Grace : Printemps de Bourges 2009 ( EMI )
Pas facile d’ouvrir le bal. Être la première artiste du premier concert du premier jour du Printemps aurait donné des sueurs froides à plus d’un. Surtout dans la plus grande des salles, à moitié plein, celle du Phénix.
Mais Grace n’est pas de celle à se laisser effrayer. Aérienne, survoltée et d’une féminité (oserait-on dire d’une grâce) rare, la très jolie demoiselle a distillé avec un bonheur partagé sa pop-folk métissée pendant prés d’une heure.
Si la salle se remplit au fur et à mesure, il est clair que ce n’est pas vraiment pour l’artiste suivant, Piers Faccini. A la guitare sèche, il offre à entendre un rock plus ou moins doux qui a malheureusement de très gros accents de déjà-vu. Qu’importe, tout le monde n’est là que pour une seule personne : le beau, le merveilleux, le si talentueux Ben Harper !
Comme prévu, notre Ben national arrive sous des salves d’applaudissements. Mais le show ne prend pas vraiment la tournure escomptée. Entouré de ses nouveaux musiciens, les Relentless 7, il est venu nous présenter les morceaux de son nouvel opus, qui sortira dans les semaines à venir, White Lies For Dark Times. Et il est clair que le chanteur folk a définitivement viré rock pour ce dernier album. Les riffs de guitares accompagnent presque tous les morceaux joués ce soir. Sur le côté de la scène, une collection impressionnante de guitares, justement, permet au chanteur-musicien de changer d’instrument aussi souvent qu’il en a envie. Comme très souvent et malgré la nouvelle énergie de sa musique, Ben Harper joue énormément assis… Mais surtout, il a définitivement l’air d’un grand gamin qui se serait offert un nouveau jouet. Ici, le retour aux sources.
Dés son 3ème morceau, on a l’impression d’entendre un mix de Foxy Lady de Jimi Hendrix pour la rock attitude avec du Stevie Wonder pour le groove du timbre et des accords. Suivent un blues bayou à la Led Zeppelin puis une ballade “ traditionnellement Ben Harper ” à la guitare sèche, de celles qui font pleurer les jeunes filles sur la plage. On enchaîne sur un morceau ultra théâtral qu’on aurait bien vu à la fin du film, quand le héros, obligé de partir, dit au revoir à sa douce sur le quai d’une gare et que cette scène de fin (comme la chanson) n’en finit pas… Re-morcceau rock qui n’apporte pas une cacahuète à l’histoire de cette musique : Love is A Lonely Road chante Ben Harper. Pour nous aussi, la route paraît longue et l’on compte les minutes de ce concert sans aucune surprise… Les morceaux se suivent donc et se ressemblent. Les guitares crissent, le blues est là et tout le groupe se fait visiblement un grand kiffe. Ben revisite tous ses maîtres musicaux à penser et a l’air de se faire plaisir comme jamais. On entend ici du REM, là du psyché-rock mais rien de bien excitant ne vient titiller nos oreilles. Quoi que…Premier rappel, quatre petites notes qu’on a déjà entendu. Oui, Ben Harper reprend le mythique Under Pressure de Bowie et Freddy Mercury. Et sa ré interprétation, même si elle est très proche de l’original, a quelque chose de terriblement entraînant et motivant. Cours moment de grâce, ballades pas vraiment originales et rocks des années 60-70 remplissent les deux rappels auxquels l’artiste répond toujours présent.
Le bilan ? Un grand mouaif ! Le public a super bien réagi, applaudissant à tout rompre mais pour moi et tous ceux qui (veinards !) sont partis avant la fin, je dirais mouaif…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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