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Birdy Nam Nam : Printemps de Bourges 2008 ( UWe )
Oubliez tout ce que vous croyiez savoir sur les Birdy Nam Nam. Les quatre DJ, ex-champions du monde de DMC en équipe, ont décidé de ne jamais cesser de nous étonner.
A première vue, la configuration de leur concert reste la même. Les quatre compères, Pone, Little Mike, Crazy B et DJ Need, sont alignés derrière une immense table qui soutient leurs platines et autres laptops. Seule différence avec les shows précédents, ils sont entourés d’immenses grilles rectangulaires aux barreaux verticaux. Un décor un peu carcéral à première vue. On attend donc leur show très musical, porté par un gentil public, où chaque DJ va jouer, avec ses platines, d’un instrument sur fond d’électro hip-hop, parfois planante, parfois plus énergique.
Raté ! Faux sur toute la ligne !
Pour commencer le son est, dés le départ, tout sauf hip-hop. Les BNN ont changé leur fusil d’épaule et sont passés du côté obscur. Celui de la grosse électro-dub qui frappe bien fort. Si le premier morceau, ultra énergique, y va doucement, celui qui suit envoie toute la sauce. Les basses sont tellement puissantes et saturées que le public reçoit des salves d’air frais en rythme avec la musique. Imaginez du gros son, multipliez le par 10 000. Vous êtes encore très loin du compte.
Autre erreur. Avoir cru que les BNN avaient minimisé leur mise en scène. Les grandes grilles qui les entourent se révèlent être, en fait, d’immense panneaux lumineux sur lesquels défilent un quadrillage rouge, des rectangles verts en mouvement ou de petits serpentins bleus. Puis les illuminations suivent le rythme effréné des beats, se transforment en feux flamboyants ou en stroboscopes multicolores. On se croirait à un concert des Daft Punk. C’est dire le niveau élevé de cette mise en image.
Côté public, on n’est pas du tout face à une gentille assistance. Les plus de 2 500 personnes présentes sont comme une immense marée humaine en mouvement perpétuel. Vu des gradins, c’est impressionnant. Et quand on descend dans la fosse, l’énergie qui se dégage est tout simplement magique. Les BNN eux-mêmes en restent bouche bée et ne cessent de répéter : « vous êtes de loin le public le plus fâché qu’on ait rencontré sur notre tournée. »
Côté scène, la technique reste extraordinaire. En changeant de registre avec autant de virtuosité, les BNN ont démontré, une fois de plus, que le deejaying était un art à part entière. Leur nouveau set fait preuve d’une puissance hors norme, d’une force positive qui met n’importe quel autre DJ à l’amende. Leurs nouvelles créations sont juste… énormes !
Chacun a son propre style. Pone, tout en force, harangue la foule ou reste penché, ultra-concentré, sur ses platines. DJ Need, plus décontracté, danse tout en scratchant sans en avoir l’air. Little Mike fait glisser ses grands bras avec élégance sur les platines et prend parfois le micro. Quant à Crazy B, le daron du quatuor, il jongle entre ses deux platines et ses machines, l’air de rien. Mais au final, les quatre DJ terminent toujours par cette chorégraphie de bras parfaitement à l’unisson qui donne à leur show un petit goût de perfection.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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