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Bruce Springsteen : Les vieilles charrues 2009
Quelques jours après les concerts évènements de U2 à Paris, un autre monstre tout droit sorti des années 70/80 est en visite française. Ici, contrairement à nos amis irlandais, point de scène mégalo mais une énergie débordante et communicative. Grosse claque !
Ce soir, Les vieilles charrues affichent complet de chez complet pour son apéritif musical. Normal, Bruce tout puissant est à Carhaix. Et le chanteur possède des fans ultra hardcore par milliers. Cela tombe bien pour le festival car celui qui se targue d’être proche de l’américain moyen a demandé 1 million d’euros pour venir chanter ce soir. A côté de nous, nous avons deux spécialistes du chanteur : «C’est ton premier concert du Boss ? Tu vas voir, il y aura obligatoirement un après dans ta vie. Nous, nous l’avons vu 31 fois en concert. Born in the USA ? Oublie, il ne la chante pas sur cette tournée». Ambiance !
Quelques minutes plus tard, Le Boss donc, arrive tout sourire avec son fameux E Street Band, qui le suit depuis plus de 20 ans. Pas la peine d’être un journaliste d’investigation pour comprendre que le chanteur et sa bande de mercenaires se connaissent sur le bout du médiator et que nous ne sommes pas là pour rigoler. Pas de blabla inutile donc… One Two Three, c’est parti !
On pouvait s’attendre à tout finalement de la part du chanteur qui fêtera ses 60 ans le 23 septembre prochain, du show-discourt « Obama, je t’aime » au concert tendance, « mon public adoré et Moi à la guitare acoustique », voir un mix des deux. Raté ! C’est pied au plancher que démarre le concert. Il en sera d’ailleurs ainsi durant tout le concert consacré uniquement au rock. Cela commence fort, Badlands, No Surrender, My Lucky day. Et oui, le garçon ne fait pas dans la dentelle. Ok, le vent s’est levé et le son est épouvantable, mais finalement ce n’est pas vraiment grave car Bruce Springsteen possède un charisme hors pair qui fonctionne à plein régime. Pas la peine de chercher, on ne trouvera pas un gramme de lassitude chez le garçon qui donne l’impression de faire ce soir son premier concert, le sourire aux lèvres en permanence. Des bonnes surprises, nous en aurons : Born to run, Glory days ou une version incroyable de Because the night, chanson qu’il a écrit pour Patti Smith.
La question que l’on se pose tout de suite est « Ou va t-il trouver cette énergie ? ». C’est vrai qu’il n’arrête pas sa peau. Et vas y que je te chante avec une puissance de voix incroyable, que je vais faire un tour voir les premiers rangs, que je plaisante avec son fidèle pote Steven Van Zand même si ce dernier essaye de squatter systématiquement son micro et vas y que je te joue le solo de la mort. En le regardant bien, ce type a dû faire un pacte avec le fantôme d’Elvis, il ne vieillit pas. Il faudra qu’il donne des conseils à son copain Bono. Bref, ce concert est une tuerie réglée au minimètre et orchestré par une bande de pote, musiciens hors pair à qui on ne la fait plus et qui doit communiquer par des ondes. Mais dites moi, c’est qui ce jeune mal rasé avec un sweat à capuche et qui joue de la guitare sèche ? Oh, c’est juste le fils du Boss. Super, la relève est assurée. Tout roule, alors pourquoi ne pas compliquer le jeu en foutant en l’air la set list?
Et là, c’est très fort. Aux premiers rangs, des fans qui connaissent le coup sont venus avec les noms de leurs chansons préférées marquées au feutre sur des cartons. Bruce part donc faire ses courses et revient avec pas mal de propositions sous les bras. Il a la banane d’un kid qui ouvre ses cadeaux de noël. Il montre le premier titre à ses potes musicos qui enchaînent avec une certaine perfection et dans la seconde sans que cela les perturbe plus que cela. Ce soir, nous aurons droit à The River entres autres titres bonus. Plus fort, une jolie jeune fille a marqué sur son carton qu’elle est la « French Courtney Cox » qui pour info est la danseuse qui apparaissait magiquement dans le clip de la chanson Dancing in the dark des années avant de jouer le rôle de Monica dans Friends. Cela tombe bien, c’est justement le titre que chante Bruce à ce moment. Ni une ni deux et voilà la demoiselle sur la scène devant plusieurs dizaines de milliers de personnes pour rejouer la scène du clip et finalement se retrouver dans les bras de la star.
Il faut se faire une raison, le chanteur n’a pas envie de sortir de scène et prive ses musiciens de pause lors du rappel syndical. S’en suit une version démoniaque et sans fin du Twist and shout des Beatles qui met tout le monde sur les rotules sauf lui évidemment. Mais bon, tout doit avoir une fin. Ce soir, il pleuvait, le son était dégueulasse, mais nous savons désormais deux choses : Il y aura bien un après ce concert pour ceux qui sont venus se faire dépuceler les oreilles et nous savons aussi qui est Le Boss depuis une bonne trentaine d’années, il s’appelle Bruce Springsteen.
La set list : Badlands,
No Surrender,
My Lucky Day,
Outlaw Pete,
Out in the Street,
Working on a Dream,
Seeds,
Johnny 99,
Youngstown,
Darkness on the Edge of Town,
Raise Your Hand (instrumental),
Tenth Avenue Freeze-out,
I'm Goin' Down,
Because the Night,
Waitin' on a Sunny Day,
The Promised Land,
The River,
Radio Nowhere,
Lonesome Day,
The Rising,
Born to Run, Glory Days,
American Land,
Bobby Jean,
Dancing in the Dark,
Twist and Shout.
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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