|
Cage the elephant: Rock En Seine 2011, Paris
Parmi les révélations annoncées de cette édition de Rock En Seine, ce samedi présentait sans doute les deux plus belles, avec les anglais de Wu Lyf et les américains de Cage The Elephant. Ce sont ces derniers qui envahissent la Scène de la Cascade à 16h15, et on comprend direct que leur leader Matt Schultz (fils à Papa) va assurer le spectacle.
On dirait Iggy Pop en jeune et avec un t-shirt. Il agite sa touffe de cheveux dans tous les sens, et monopolise forcément l'attention des cameramen et du public. Un bon leader, c'est primordial pour un groupe de rock. Et il joue le jeu, venant se jucher sur les barrières de sécurité dès la première chanson, dansant dans l'espace réservé aux photographes, qui peuvent du coup s'en donner à coeur joie, ou inaugurant une toute nouvelle technique : passer son micro sous son t-shirt pour chanter dedans. Et bien évidemment, il y a l'incontournable slam sur le public. Se faire porter par une foule en transe, c'est toujours l'occasion de se faire toucher par plein de mains, ce qu'ont dû constater avec effroi certaines jeunes filles s'adonnant à l'exercice pour la première fois pendant le festival. Pour un paquet d'ados de sexe masculin et toujours immaculé, une fille qui slamme est également un grand moment de bonheur : c'est la première fois qu'ils peuvent toucher une fille. Le groupe reste forcément en retrait, mais envoie la purée bien comme il faut, avec une set-list piochant dans la courte discographie du groupe (2 albums seulement). « In One Ear », « Back Against the Wall » ou « Ain't No Rest For The Wicked » viennent attester de l'efficacité mélodique du premier effort éponyme des américains. Et on constate également la montée en puissance de leurs compositions sur le nouvel opus, Thank You Happy Birthday, avec les tubes que sont les « 2024 », « Aberdeen », ou « Indy Kidz ». C'est entêtant, rythmé, avec un paquet de refrains efficaces dès la première écoute et qui portent des morceaux simples mais jamais simplistes. Pas étonnant que l'album en question ait été sacré disque du mois par Rock & Folk en août 2011. Et ouais, c'est déjà hype Cage The Elephant Le public ne s'y trompe pas, venu en masse sur la Scène de la Cascade pour l'y voir. Sûr de sa puissance, le combo se permet même de dérouler son morceau de plus de 7 minutes, « Flow », avant de conclure son très bon set par une doublette « Shake Me Down » / « Sabertooth Tiger » du genre imparable. Grosse révélation pour les autres, confirmation d'un potentiel pour certains. Le groupe du Kentucky vient en tout cas de prouver que chez eux, on savait faire autre chose que frire du poulet. Photo : Nicolas Brunet
Sébastien Delecroix
|